Rendez-vous avec Régis Juanico – Avril 2022

L’émission Rendez-vous avec…est née sur la radio Loire FM, hébergé un temps ensuite sur la web radio « Droit Citoyen », elle vie aujourd’hui une troisième vie sur les réseaux comme Youtube et Facebook.

Entretien du 14 avril 2022 avec le député Régis Juanico pour www.gillescharles.fr. Un grand merci à l’équipe de France 3 Loire qui est venu faire un reportage…et aux Halles Mazerat pour l’accueil.

Régis Juanico  Entretien « Rendez-vous avec » Gilles Charles » spécial 15 ans de mandat de député 

GC : « Merci d’avoir accepté ce rendez-vous, je voulais aussi vous dire merci parce que tout au long de ces années, vous avez toujours répondu favorablement à mes demandes d’entretien et comme vous représentez la République, ça me touche, je voulais vous le dire ! »
RJ : « C’est normal, c’est normal, parce que rendre des comptes de mon mandat de Député, cela a été un fil rouge. J’ai essayé de le faire tous les ans, j’ai essayé de le faire très régulièrement en particulier avec mes concitoyens, avec les bilans de mandat, avec ma newsletter toutes les semaines et c’est important aussi de passer par l’ensemble des médias locaux. Et donc voilà, je l’ai fait avec beaucoup de plaisir pendant 15 ans !
GC : « Justement, vous parlez de votre newsletter, entre les débuts de votre mandat de Député où il n’y avait pas de newsletter et après, on va dire avec les réseaux internet : est-ce qu’il y a eu une vraie différence, dans les retours des gens que vous « administrez » car vous, vous êtes de la Première circonscription de la Loire ? »
RJ : « Oui, chaque semaine moi j’essaye de rendre compte de mon activité, non seulement à l’Assemblée Nationale, dans l’Hémicycle, en Commission avec mes Rapports parlementaires ; onc de mon activité de mon mandat d’élu national, mais je rends compte aussi de ce que je fais sur le terrain.
Dans les communes, dans les quartiers, dans les territoires de la Première circonscription de la Loire qui est sur le nord de Saint-Etienne. Et j’ai remarqué effectivement, qu’au fil des années- j’ai un site internet bien évidemment qui est consulté, j’ai bien évidemment les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter- que la lettre était un bon point de repère.
Parce qu’elle était régulière chaque semaine, on sait voilà que c’est le mercredi, jeudi, que l’envoi a lieu et on m’en reparle très régulièrement et aussi pendant le week-end, quand je suis sur le terrain, dans les manifestations des communes ou des quartiers et effectivement, les gens soit lisent un article, soit deux, soit parfois ne lisent pas les articles et regardent l’agenda.
Et puis, l’agenda, ça permet de savoir où je suis pendant le week-end et donc ça permet aussi à mes électeurs, aux habitants de la circonscription en dehors de mes permanences parlementaires qui ont lieu généralement le vendredi matin ou le lundi matin où je reçois 11 rue de la Résistance, eh bien de pouvoir les rencontrer. Ils savent que je serai présent physiquement, donc ils peuvent venir m’aborder, ils peuvent venir m’engueuler, ils peuvent venir me poser toutes les questions qu’ils veulent ! »
GC : « La Première circonscription, c’est plusieurs communes : est-ce que ça se passer différemment suivant les communes et suivant, j’ai envie de vous dire, même si ce n’est plus à la mode les étiquettes politiques, est-ce qu’on est plus ou moins bien reçu selon sa couleur politique quand on est Député ? »
RJ : « Non ! Moi je n’ai jamais eu de difficultés par aux communes de ma circonscription. Je mets de côté la question de la Ville de Saint-Etienne où l’on n’est associé à rien par le Maire actuel ! Les autres élus, je parle, ce n’est pas que pour moi, c’est donc aussi valable pour l’autre Député Jean-Michel Mis, pour le Président du Conseil départemental Georges Ziegler, mais aussi pour beaucoup d’autres élus qui se plaignent beaucoup de leurs relations avec le Maire de Saint-Etienne.
Mais sur les Maires des communes, ce sont des grosses communes quand même des communes urbaines, entre 6000 et 10.000 habitants. Que ce soit à Roche la Molière, que ce soit à Villars, que ce soit à Saint-Priest en Jarez ou Saint-Jean-Bonnefonds : les relations sont quasi quotidiennes, on se voit toutes les semaines. Il y a bien évidemment les commémorations, il y a les inaugurations, il y a les assemblées générales de la vie associative, donc c’est plusieurs occasions de pouvoir se parler chaque semaine, de pouvoir traiter les dossiers de communes, demandes de subventions, mais aussi des questions qui nous sont posées en tant que législateurs mais aussi élus nationaux qui faisons la Loi et donc avec des répercussions dans la vie quotidienne de nos concitoyens.
Et donc, cette relation entre les Maires des communes et le Député qui a le mandat national, mais qui est aussi ancré dans le Territoire, ancré dans une circonscription. Pour moi, j’y tiens beaucoup, je l’ai indiqué dans mon livre en 2018. Le Député fait la Loi, il contrôle le Gouvernement, il évalue les politiques publiques mais il est aussi élu d’un territoire. Il défend les dossiers du territoire et il est en contact permanent, parce que si on veut bien légiférer, il faut être en contact permanent avec nos concitoyens. »
GC : « Justement, jusqu’à quand on doit vous appeler Monsieur le Député ? »
RJ : « Oh eh bien jusqu’au 21 juin, puisque c’est le terme légal au bout de ces 15 ans et de ces 3 mandats de Député de la Première circonscription de la Loire. Et ensuite on m’appellera Député honoraire, puisque c’est comme ça, quand on a fait 3 mandats de Député, on devient Député honoraire. »
GC : « Quel est le bilan pour vous de ces 5 années de Macron, puisqu’on est en plein entre les deux tours de cette élection présidentielle ? On reparlera de votre engagement, après, auprès de Yannick Jadot. Comment vous avez vécu en tant que Député et même en tant que citoyen, ces 5 années sur lesquelles on entend « tout et son contraire », j’ai envie de dire ? »
RJ : « Ah ! Je l’ai vécu assez mal, parce que bien évidemment, il y avait le mandat précédent aussi de François Hollande, qui a été difficile pour les Députés de gauche … »
GC : « … On vous avait mis dans les « frondeurs » »
RJ : « J’ai été frondeur. Très clairement, très tôt. Je ne le regrette pas, parce que pour moi le terme de « frondeur » n’est pas le terme approprié. Je pense que nous étions des lanceurs d’alerte, des vigies et ce que nous disions chaque semaine, dans nos réunions de groupe auprès de nos collègues Députés du Groupe socialiste, mais aussi les membres du Gouvernement, qui étaient présents à l’époque du Quinquennat Hollande : c’était tout simplement ce que nos électeurs nous disaient en termes de frustrations et aussi de déceptions sur le terrain le week-end.
Donc moi, j’étais un thermomètre quelque part. Et je ne le regrette pas parce quand on a vu qu’il y avait un décalage très important avec la Loi Macron, avec la Loi El Khomri, puis la question de la déchéance de la nationalité, sur ce quoi nous avions été élus en 2012 collectivement avec François Hollande, Président de la République, comme Députés.
Et ce que nous donnions à voir, notamment ces deux dernières années du Quinquennat Hollande, pour la gauche, moi personnellement, je ne me suis jamais senti tiraillé ou en difficulté. J’avais plutôt l’impression d’être un Député qui essayait d’être en conformité avec les engagements qu’il avait pris auprès de ses électeurs. »
GC : « Et du coup, ces cinq ans de Macron, qu’est-ce que ça a changé pour vous et le bilan que vous en tirez ? »
RJ : « Aujourd’hui, on voit qu’il y a eu un certain nombre de réformes qui ont fait beaucoup de mal sur le plan social, notamment la réforme de l’Assurance chômage, qui a fait beaucoup de mal pour notamment ceux qui ont moins dans ce pays. Il y a eu la tentative des retraites : 64 à l’époque, l’âge pivot, souvenez-vous c’était il y a deux ans, on s’est battus pied à pied. C’est aussi, un peu l’utilité, l’intérêt d’avoir une opposition forte au Sénat et à l’Assemblée Nationale.
Nous avons siégé deux mois sans interruption, c’était la première fois que je me mobilisais autant et aussi longtemps, jours, nuits, week-ends compris et on a fait échoué effectivement le projet de réforme des retraites. Moi je n’appelle pas ça la « réforme » des retraites, mais qui était un projet extrêmement injuste sur le plan social et qui allait à ce que des gens qui avaient travaillé longtemps dans leur vie, partent en mauvaise santé ou partent dans des conditions très compliquées en terme de santé à la retraite.
Et donc, voilà ça a été un combat important sur le plan social. Après, je dirais que sur le plan des institutions, Emmanuel Macron était venu avec beaucoup de projets, il n’a pas fait grande chose ! Il voulait baisser de 30% le nombre de parlementaires, on lui a expliqué que c’était une mauvaise idée. Il voulait mettre la proportionnelle, il ne l’a pas fait. »
GC : « Pourquoi ça ne s’est pas fait cette histoire de proportionnelle ? Cela serait plus juste, à mon sens, non ? »
RJ : « Je pense que c’est toutes les institutions qu’il faut changer. Pour moi, la V° République, elle concentre beaucoup de pouvoirs dans les mains du Président de la République et de l’exécutif par rapport au législatif. Donc on n’est pas effectivement, dans un régime qui donne la priorité au Parlement et qui donne des droits au Parlement.
Moi j’ai toujours été un grand défenseur des droits du Parlement, je pense qu’il faut rééquilibrer et donc ça passe par une nouvelle Constitution, ce qu’on appelle la VI° République. Là-dessus, on est assez d’accord d’ailleurs avec Jean-Luc Mélenchon, depuis longtemps. On l’a porté avec Benoît Hamon, dans la présidentielle précédente en 2017. Mais ça, ça nécessite un grand chambardement, ça peut passer par un référendum à condition de passer avant par un Projet de Loi constitutionnel et que le Parlement se prononce, mais il faudra un jour ou l’autre rééquilibrer. Parce qu’aujourd’hui trop de pouvoirs sont concentrés dans les mains du Président de la République. Et quelque part, le Parlement est soumis. »
GC : « On est en 2022, on peut dire que vous êtes un homme de gauche, est-ce qu’Emmanuel Macron est un homme de droite ? »
RJ : « Pour moi, très clairement. C’est-à-dire que c’est un social-libéral mais de droite, dont le côté libéral est très exacerbé. D’ailleurs, il s’est entouré dans les fonctions régaliennes les plus importantes, dans ses Gouvernements successifs, d’hommes authentiquement de droite.
Edouard Philippe, d’abord comme Premier-Ministre, Jean Castex même s’il a une fibre sociale, Gérald Darmanin, Bruno Le Maire, ce sont les postes les plus importants du Gouvernement et c’est eux qui ont donné le tempo, beaucoup plus que les quelques hommes de gauche qui se sont égarés ! »
GC : « Vous êtes chez Générations et vous avez choisi de rejoindre Yannick Jadot pour cette présidentielle, pourquoi ce choix ? »
RJ : « C’est un choix de fidélité, d’abord. Parce que Yannick Jadot, lui-même s’était rallié à Benoît Hamon au moment de l’élection présidentielle en 2017 et ça je ne l’oublie pas. Benoît Hamon ne l’oublie pas. Voilà, ce n’était pas un choix évident pour les écologistes à l’époque. Ils l’ont fait et donc je crois que c’était important de rendre la pareille.
Et d’avoir aussi ce rôle alors certes c’était un rôle circonstancier [en 2022], je n’étais pas au cœur de la machine comme lors de la présidentielle de 2017 avec Benoît Hamon, j’étais financier et conseiller personnel du candidat, là [en 2022] j’étais conseiller Sport, c’est moi qui ait élaboré le Programme Sport de Yannick Jadot. Tout le monde a reconnu que c’était un très bon programme, mais bien évidemment, après les circonstances politiques font que ce pourquoi je bats maintenant : c’est-à-dire la question de l’écologie, de l’environnement, du Climat soit une priorité en terme d’action publique.
On l’a vu pendant cette campagne, que cela avait été des enjeux qui avaient été effacés et qu’il y a eu un mouvement et qu’on a vu. Parce que la campagne de Jean-Luc Mélenchon et de tous ceux qui le soutenaient, avait été une excellente campagne. Déjà, celle de 2017 avait été très bonne, on l’a payé très cher avec Benoît Hamon ! Et cette fois-ci, ils ont pu vraiment créer une forte dynamique.
Ce que l’on peut regretter maintenant, collectivement, c’est qu’on n’ait pas été capable pendant 5 ans, de réduire le nombre de candidatures à la présidentielle. Avec les communistes, les écologistes, les socialistes et les insoumis, d’avoir un bloc en commun, parce que nous serions au second tour. »
GC : « Mais si on veut être honnête, on a beaucoup tiré sur Benoît Hamon, sur ses 6% et si on regarde le score aujourd’hui de Yannick Jadot et d’Anne Hidalgo, ça fait 6% aussi ! »
RJ : « Oui, alors je ne vais pas dire que c’est une satisfaction parce que le score était déjà faible à l’époque, mais on voit que de plus en plus l’élection présidentielle qui a lieu tous les 5 ans et qui est l’élection majeure où les gens se mobilisent.
On l’a vu, les taux de participation étaient très forts partout, dans les quartiers populaires comme en milieu rural. Cette élection se fait beaucoup dans les derniers jours, se fait beaucoup aussi sur le fondement des dynamiques politiques à l’œuvre et c’est vrai que quand vous avez la possibilité de qualifier, même si vous avez des désaccords : n’est-ce pas, ça peut être vrai sur les questions internationales, Poutine par exemple, la Russie ou des positionnements sur l’Europe, avec votre candidat vous qualifiez d’abord le candidat de gauche plutôt que le choix de conviction, le vote de choisir pour lequel vous avez le plus d’affinités politiques.
Moi, c’est clair que j’ai voté pour Yannick Jadot, je ne le regrette pas, parce que c’est aussi un vote de conviction, mais j’ai toujours entretenu de très bonnes relations avec Jean-Luc Mélenchon et tous les Députés de la France Insoumise. On a mené de nombreux combats en commun à l’Assemblée. Et je crois qu’aujourd’hui, la question va être de comment on se met d’accord pour les législatives pour envoyer un maximum de Députés de gauche à l’Assemblée. »
GC : « On va y revenir. Est-ce que vous pouvez nous expliquer, finalement on peut le dire, c’est un mauvais score, on Yannick Jadot. Comment vous l’expliquez, les gens sont sensibles à l’écologie et ne votent pas écologie. On l’a vu aussi à Saint-Etienne ? »
RJ : « Oui. Alors, il y a une difficulté pour les candidats écologistes, on le voit historiquement dans l’élection présidentielle, c’est une élection qui ne semble pas- puisqu’on dit souvent « c’est un homme ou une femme qui rencontre le Peuple » – correspondre au type d’élection qui marche et qui fonctionne pour les écologistes, contrairement aux européennes ou aux régionales, voire aux municipales dans les très grandes villes, où l’on a vu qu’il y avait eu des succès lors des dernières élections, aux municipales. Mais cela n’a pas été vrai partout… »
GC : « … On peut citer Lyon et Grenoble dans les grandes villes… »
RJ : « … Par exemple ! Dans la Région bien évidemment… et donc il y a cette question de l’élection présidentielle, finalement de ce que c’est qu’une élection présidentielle. Et puis, le fait aujourd’hui en effet que le Climat, on l’a vu n’était pas dans les priorités premières des motivations de vote. Pouvoir d’achat d’abord, d’autres thématiques, mais l’environnement venait plus loin… la crise en Ukraine aussi !
Donc, quelque part ceux qui s’apprêtaient à voter Roussel, Jadot ou Hidalgo, parce que c’est les candidats qui correspondaient le plus à leurs positions politiques, se sont dits au dernier moment, il faut donner une chance à la gauche d’être au second tour. Alors, ce n’est pas passé loin mais voilà encore une fois, je pense que ce qu’on a loupé : c’est avant, c’est le rassemblement et le fait d’avoir moins de candidats à gauche et chez les écologistes dès le premier tour. Ça, c’est un échec collectif ! »
GC : « C’est un peu ce qu’on se dit tous les 5 ans ! »
RJ : « Pourtant… Oui ! Et ce n’est pas normal qu’on se le dise tous les 5 ans, puisqu’on a eu 5 ans pour se préparer depuis 2017, pour ne pas reproduire ce qui s’était passé entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. »
GC : « Est-ce que Marine Le Pen, ça vous fait peur ? »
RJ : « Ah oui. Moi ça continue à me faire peur et bien évidemment, pour la démocratie, pour les libertés publiques fondamentales de tous nos concitoyens, pour l’équilibre des institutions, pour le climat de guerre civile que ça ferait peser dans le pays, pour le droit des étrangers parce que vous savez, une démocratie, ça ne se mesure aussi pas simplement pour ce que vous faites pour les nationaux, mais pour ce que vous faites aussi pour les migrants, les étrangers, c’est comme ça qu’on mesure le degré de démocratie.
Pour les oppositions, pour les médias, il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui il y a un rapport de Marine Le Pen aux médias qui est quand même très particulier, qui ressemble beaucoup à des relations d’autocrates et des régimes très durs de l’Est de l’Europe ! Aujourd’hui avec la liberté d’information, la liberté d’expression donc tout ça bien évidemment, reste des inquiétudes.
Et il faut aussi que cette campagne de second tour, se passe sur le programme de Madame Le Pen : la retraite, elle cache aussi des choses, parce qu’elle parle de la retraite à 60 ans, elle oublie de dire que c’est pour une petite partie de la population ! … »
GC : « … C’est un chantier très compliqué les retraites. Il faudrait qu’on en fasse un vrai sujet d’interview. Comment vous expliquez aussi, que bien finalement, quand on parle avec les gens autour de nous, on voit qu’il y a beaucoup de gens qui votaient communiste, qui votaient à gauche et qui votent Le Pen aujourd’hui ? Donc, c’est vous qui avez un peu, fait mal votre travail ? »
RJ : « Oui, je pense que c’est Emmanuel Macron d’abord le principal responsable, bien-sûr que la gauche a sa responsabilité. C’est de ne pas être présente au second tour. Bon, mais on fait autour de 30/35%, donc cela reste quand même un faible étiage voilà et maintenant on a 3 grandes familles politiques représentées dans la vie politique française : l’extrême-droite autour de Le Pen, Macron et le centre-droite libéral et puis aujourd’hui la gauche autour du score important de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon…
Mais bien-sûr qu’on a notre responsabilité, il ne faut pas s’en défausser, mais c’est aussi parce qu’Emmanuel Macron, parfois en donnant le sentiment face aux revendications des Gilets Jaunes, face au pouvoir d’achat, aux revendications de la vie quotidienne de nos concitoyens, qu’il a été distant, condescendant, arrogant même à certains moments. C’est bien que l’on ne répare pas en 10 jours, ce qui a été l’image que vous avez laissée pendant 5 ans.
Ainsi, c’est vrai que c’est très difficile, il faut qu’il se batte, il a raison d’aller sur le terrain, il a raison de se coltiner des échanges, même quand c’est dur pour lui de s’en prendre plein la face. Il faut qu’il fasse ce travail-là , puisque l’image qu’il a encore et qui va sans doute conduire à des votes blancs ou à l’abstention, voire à certains votes on va dire contraires à ce qu’on peut défendre en matière politique, quand on va voter notamment Marine Le Pen ; quand on est plutôt de la famille de gauche, il y en a qui vont le faire ; voilà on sait que c’est aussi sa responsabilité. »
GC : « Si j’ai bien compris, le 24 avril, vous allez voter Macron ? »
RJ : « Oui. »
GC : « Avec aucune hésitation. »
RJ : « Non, parce que face à l’extrême-droite, moi je n’ai jamais hésité, c’est aux sources de mes engagements au tout début des années 90. A l’époque, c’était déjà Le Pen mais le père, c’était Bruno Gollnisch. C’était mes années d’étudiant et pour moi le fondement antiraciste et anti-extrême-droite est extrêmement important. Donc, sur des échéances majeures comme les élections présidentielles, je ne badine pas, je ne m’interroge pas. Je fais bien la différence entre la droite républicaine si on dit que Macron est de droite et l’extrême-droite qui peut mener effectivement, notre démocratie aux abymes. »
GC : « Pour revenir à votre cas personnel, 15 ans de mandat de député, est-ce que vous avez l’impression, le jour où vous êtes rentré et le jour où vous êtes sorti, que vous avez pu faire changer les choses à votre niveau ? »
RJ : « Alors, on a fait changer les choses. Je pense que je l’ai dit, lors de ma dernière Question au gouvernement, le mandat de député aujourd’hui, le travail parlementaire est beaucoup trop concentré sur le vote des Lois. On vote trop de Lois, elles sont trop bavardes. Il y en a 100 par an, 500 par législature, c’est beaucoup trop ! On passe 80% de notre temps finalement à légiférer… »
GC : « … Alors qu’il faudrait simplifier, non ? »
RJ : « Il faudrait simplifier et il faudrait voter beaucoup moins de Lois. Il faudrait d’ailleurs mieux les préparer. Mais par contre, il y a tout un travail passionnant et sur lequel, moi je demande à la future Assemblée Nationale de se concentrer, qui ne représente aujourd’hui que 10 à 20% du travail parlementaire : c’est le travail de contrôle du Gouvernement, quand on fait des Commissions d’enquête.
Elles ont été précieuses, souvenez-vous l’affaire Benalla, la dernière Commission d’enquête sur les cabinets de conseil privé, voilà, qui révèlent des problèmes politiques que l’on peut traiter de façon trans-partisane.
Et puis voilà le travail d’évaluation des politiques publiques, nous avons une responsabilité, nous votons des Lois, il faut voir comment elles s’appliquent 2, 3, 5 ans plus tard pour nos concitoyens. Qu’est-ce qui marche, qu’est-ce qui ne marche pas ? Qu’est-ce qu’il faut corriger ? Qu’est-ce qu’il faut améliorer ? C’est ça le travail parlementaire d’abord !
Et ça permet pour un Député de faire le lien entre ce qu’il fait et ce qu’il vote à l’Assemblée Nationale dans l’Hémicycle et quand la Loi s’applique dans sa circonscription et là, vous avez la remontée de nos concitoyens, c’est un lien direct. Et je crois que là, il faut les consulter beaucoup plus fréquemment. »
GC : « Et vous avez constaté que vous aviez un vrai pouvoir ? Ou que vous êtes là pour valider les choses ? »
RJ : « Non, moi j’ai fait à peu près 33 rapports parlementaires, une dizaine sur le Sport là-dedans bien-sûr, qui étaient souvent des rapports trans-partisans, parce que 80% du travail à l’Assemblée entre majorité et oppositions.
C’est un travail utile et sur ces rapports, 2/3 des préconisations sont suivies des faits, donc ce qui veut que ce qu’on écrit aujourd’hui ne sert pas à caler les placards ! Ça sert à aussi voilà, à donner les bonnes idées et d’améliorations sur un certain nombre de sujets. Après, moi j’ai des Lois, sur lesquelles j’ai été particulièrement fier de voter des avancées sociales : c’est vrai pour la reconnaissance de la pénibilité au travail, parce que je me souviens qu’ici, nous sommes dans un territoire qui a été … »
GC : « qui a donné du labeur… »
RJ : « … Voilà ! Qui a été le berceau du mouvement ouvrier, des conquêtes sociales : Aristide Briand, mon lointain prédécesseur était dans les émeutes des mineurs à Terrenoire en 1902 et bien évidemment, c’est pour eux qu’on se bat aussi dans l’Hémicycle ! Il y a eu aussi la reconnaissance de la pénibilité au travail, pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, une inégalité majeure ! Et puis on a sauvé quand même le Régime de Sécurité Sociale des mineurs de fond qui était menacé : le remboursement à 100% des soins en particulier. Donc, ce type d’avancées-là, ce type de Lois sociales, j’ai été particulièrement fier de les porter à l’Assemblée ! »
GC : « Avec le recul aujourd’hui, est-ce que vous dites « J’aurais peut-être pu faire autrement ou différemment ? » 
RJ : « Si j’ai des regrets ? »
GC : « Oui »
RJ : « Oui, j’ai deux regrets principaux, le premier est la question sur laquelle je me suis spécialisé et sur laquelle j’ai travaillé pendant 15 ans, c’est le Sport. On est passé d’un Budget des Sports qui présentait en 2007, 0,22% du Budget de la Nation à un Budget des Sports, qui représente aujourd’hui 0,33% du Budget de la Nation.
Donc vous voyez, on n’a pas beaucoup progressé. J’aurais souhaité effectivement qu’on ait beaucoup plus de moyens financiers et humains pour le sport dans notre pays, en faire une grande cause nationale. Et puis, le deuxième regret, c’est sur une Proposition de Loi que j’ai co-écrite avec mon collègue Christian Hutin, Député du Nord, qui s’est beaucoup battu comme moi sur les questions de Santé au travail, les victimes de l’amiante, voilà, les accidentés du travail pendant ces 15 ans.
Nous avons déposé une Proposition de Loi pour crée un fonds d’indemnisation des victimes les plus graves de la Covid 19 et cette Proposition de Loi a été examinée en Séance publique en février 2021 et je crois que c’était une bonne occasion de reconnaitre en particulier les séquelles les plus graves pour ce qu’on appelle aujourd’hui les malades du Covid long. Ils sont plusieurs centaines de milliers aujourd’hui … »
GC : « … On en entend beaucoup parler… »
RJ : « … Voilà. Et on en entend beaucoup, mais le problème, c’est que très peu a été fait depuis un an et cette Proposition de Loi, j’aurais aimé qu’elle soit au moins symboliquement adoptée, qu’il y ait cette reconnaissance, notamment du remboursement des soins, l’affection de longue durée, de la prise en charge des malades du Covid long, qui aujourd’hui souffrent de ces séquelles. »
GC : « Quel est votre avenir professionnel et politique, dans les semaines, dans les années qui viennent ? Vous êtes toujours au Département, Conseiller d’opposition… ? »
RJ : « Sur le plan politique, je reste un élu du Département … »
GC : « … Est-ce qu’il y a d’autres envies ou d’autres objectifs ? J’ai même quelqu’un qui m’a glissé dans l’oreille que vous pourriez être candidat à la Mairie dans quelques années ! Quelles sont vos réflexions là-dessus ? »
RJ : « Non, il faut être très clair, j’ai passé 15 ans au Parlement, je n’ai aucune frustration de ce côté-là. J’ai beaucoup aimé, passionnément, mon mandat de Député. C’est un mandat très prenant, exigeant, donc physiquement aussi, qui use. Quand vous êtes constamment dans la semaine à travailler à l’Assemblée Nationale et je ne m’en plains pas et sur le terrain vous faites bien votre boulot de terrain. Donc, moi j’ai aimé ce mandat-là, je n’aspire pas à en avoir d’autres.
Je suis élu départemental aussi, depuis 2004 donc là aussi depuis un peu plus de 15 ans. Je vais terminer ce mandat en 2028, tranquillement, c’est un mandat de proximité que j’aime beaucoup, parce que c’est l’occasion de passer dans la vie associative, la vie sportive, d’être au contact de nos concitoyens dans un certain nombre de nos communes et quartiers du nord-est de Saint-Etienne. Et donc, je vais terminer ces mandats-là mais je n’en briguerai pas d’autres… »
GC : « … La vie politique, ça sera terminée ? »
RJ : « …La vie politique nationale est terminée. Localement, eh bien je reste quelqu’un d’engagé et puis il y a d’autres moyens de s’engager dans la vie publique, il y a le côté associatif, je suis dans de nombreux conseils d’administration dans le milieu du Sport et puis il y a le côté aussi, engagement pour l’Economie Sociale et Solidaire, les ONG et voilà il n’y a pas que les partis politiques ! Pour moi, les partis politiques traditionnels, notamment à gauche, ont fait leur temps et il est nécessaire de s’appuyer sur d’autres forces. »
GC : « Et professionnellement, c’est quoi votre avenir, alors ? Vous allez monter un cabinet dans le Sport ? »
RJ : Oui ! Eh bien je reste fonctionnaire territorial, mais je vais me remettre en disponibilité, d’abord pour avoir d’autres activités professionnelles. J’ai en projet, d’écrire un livre d’ici la fin de l’année, qui sera le prolongement de mon rapport sur la sédentarité « Bombe à retardement sanitaire », que j’ai produit il y a 6 mois. Je vais écrire ce livre qui sera publié au début de l’année 2023 et puis je vais me consacrer tranquillement à la fin de l’année à des activités de consultant, que ce soit pour des Collectivités, que ce soit pour des fédérations, des Grands Evénements Sportifs Internationaux sur les questions de politique publique sportive. »
GC : « Dernière question personnelle, moi je vous ai souvent rencontré, je rencontre des politiques, comment vous avez fait pour gérer cette vie politique et personnelle ? Parce que cela doit être très compliqué aussi de gérer à la maison ? »
RJ : « C’est très compliqué, parce que d’abord pour le conjoint, eh bien sur le plan professionnel, si, c’est le cas pour mon épouse, a continué à travailler à des niveaux de responsabilités importantes dans les services de l’Education Nationale dans la Loire. Eh bien, vous devez gérer bien évidemment l’absence de votre conjoint qui est Député, ça c’est clair.
Cela veut dire aussi, parce que mes enfants sont grands maintenant, ils ont 15 et 18 ans, que toute une partie de leur enfance, j’étais absent aussi à des moments importants de leur vie de famille. C’est vrai que, ce sont des sacrifices très importants, donc c’est normal aussi qu’à ce stade de ma vie, je leur rende aussi et que je les remercie d’une certaine façon en m’impliquant beaucoup plus dans ma vie personnelle, dans ma vie familiale, c’est ce que je vais faire. »
GC : « Dernier sujet politique, qui arrive dans les prochaines semaines au mois de juin, ce sont les législatives. Vous ne serez plus Député, il y a quelqu’un forcément qui va vous remplacer. Comment ça se passe là aussi ? On parle beaucoup de Pierrick Courbon qui ne s’est pas encore déclaré, même si ce n’est plus un secret… »
RJ : « … Oui »
GC : « Comment ça se passe ? On le pousse, on lui donne des conseils, comment ça se passe ? »
RJ : « D’abord, j’avais dit que je ne me représenterai pas après 3 mandats… »
GC : « …Cela, vous l’aviez dit et effectivement vous avez tenu votre engagement… »
RJ : « Alors, oui, c’est très bien de tenir ses engagements, c’est bien aussi de croire en certaines règles. Moi, je crois beaucoup au non-cumul des mandats à 3 consécutifs, ça devait être une Loi votée … »
GC : « 15 ans ce n’est déjà pas mal ! … »
RJ : « … C’était un engagement d’Emmanuel Macron, pas fait, donc bon… moi, je l’applique. Je crois que c’est bon pour la respiration démocratique, c’est bon pour le renouvellement aussi des élus et c’est ce que je souhaite, car je compte terminer mes mandats à 50 ans au niveau national. C’est un profil [Pierrick Courbon], à peu près le même que moi, il y a 15 ans, il a 35 ans, qui puisse prendre la suite, prendre le témoin. Et Pierrick Courbon, il a été 10 ans à mes côtés en tant que collaborateur, mais surtout il a été élu. Il est élu départemental … »
GC : « … Il est assistant parlementaire… »
RJ : « … Il l’est, donc il connait très bien les dossiers de la circonscription, il connaît très bien tous les gens de la première circonscription, tous les habitants de la première circonscription de la Loire. Et puis, c’est quelqu’un qui a fait ses preuves sur le terrain électoral, qui est élu au Département comme moi.
Donc, deux cantons sur les trois [de la première circonscription de la Loire], que nous avons remportés l’an dernier et qui est tout à fait dans le bon profil pour pouvoir se présenter. Il est connu, il est reconnu et voilà, j’espère. Et je ferai tout en cas, je vais m’impliquer dans cette campagne pour qu’il puisse prendre ma suite et lui passer le témoin ! »
GC : « L’étiquette politique, elle a un sens, là encore ? »
RJ : « Disons qu’elle a moins de sens, voilà ! Aujourd’hui, nous sommes des hommes de gauche avec Pierrick Courbon, on a toujours travaillé au rassemblement, on a toujours promu l’unité y compris dans Saint-Etienne Demain [pour les municipales] et nous avons d’excellentes relations avec toutes les forces de gauche dans ce territoire : communistes, socialistes, écologistes, insoumis. C’est vrai aussi au niveau national, Jean-Luc Mélenchon m’avait porté son soutien au second tour, au moment des législatives. Cela a été aussi décisif, j’ai d’excellentes relations avec les Députés de la France Insoumise, avec qui j’ai beaucoup travaillé ces dernières années : Eric Coquerel, Hugo Bernalicis et beaucoup d’autres comme Alexis Corbière. Et donc, voilà, on va essayer que cet état d’esprit-là ,d’union autour du Programme Commun qui sera déterminé autour du programme de la France Insoumise, puisse aussi vivre dans notre circonscription. »
GC : « Vous êtes Stéphanois, maintenant depuis quelques années. Comment vous vivez aujourd’hui cette transformation, on est aujourd’hui aux Halles Mazerat, on voit que la ville elle change, donc que se dit finalement, cette ville, elle bouge et on en a pensé beaucoup de critiques. Alors, je sais qu’il y a les côtés politiques, citoyens… Comment vous vivez en tant que Stéphanois, ce côté politique et ce côté citoyen ? »
RJ « Ah, eh bien, en tant qu’habitant de l’hyper-centre, puisque j’habite à 400 mètres des Halles Mazerat, entre la Place Jean Jaurès et ici, bien évidemment pour mon quotidien, c’est un plus appréciable. Voilà, ça bouge beaucoup plus entre ces deux quartiers-là !
Bon, après, il y a d’autres problèmes aussi à Saint-Etienne, dans d’autres quartiers. Et bien évidemment, il ne faut pas voir simplement ce qui marche, il faut voir aussi un certain nombre de problèmes pour les habitants dans la quartiers, c’est ça. Mais bon, globalement on a une ville qui bouge bien au niveau culturel, voilà c’est un peu moins vrai au niveau sportif quand même et qui bien évidemment a des atouts énormes, considérables. On parle de design actif par exemple… »
GC : « … J’allais vous dire, vous êtes sensible, vous à la campagne sur le design ? »
RJ : « Oui ! Et notamment au design actif, parce que ça j’y crois beaucoup, je crois vraiment que c’est un des programmes parmi les plus robustes, qui existent aujourd’hui au niveau des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Si on veut laisser un héritage dans toutes les communes, dans tous les territoires les Collectivités : l’aménagement du mobilier urbain pour favoriser l’activité physique, ça ne coûte pas très cher et ça vient de Saint-Etienne ! Donc on sera démonstrateur avec la Cité du Design et Thierry Mandon ! »
GC : « Pour conclure, on va dire un mot de sport, à Saint-Etienne, on ne peut pas échapper à une question simple comment vous voyez, je ne dirai pas l’avenir, mais la situation de l’ASSE, c’est-à-dire que le bateau coule ou le bateau sombre ? »
RJ : « Oui… et puis on sait que l’ASSE dans notre territoire, c’est la tête d’affiche… »
GC : « … C’est la religion stéphanoise ! »
RJ : « … Et ça l’est aussi dans tout le pays ! Moi quand j’arrive à l’Assemblée Nationale… »
GC : « … On vous parle des Verts… »
RJ : « …Mardi matin, on me parle immédiatement des résultats de football et de l’ASSE et beaucoup de mes collègues qui sont inquiets, parce que ce sont des supporteurs fervents et sincères… »
GC : « … Est-ce qu’on vous chambre ? »
RJ : « Ça peut arriver, mais là beaucoup moins en ce moment, parce qu’il faut se sauver en Ligue 1 et donc on va croiser les doigts jusqu’au bout. Ça va être dur jusqu’au bout. »
GC : « Vous y croyez ? »
RJ : « Oui bien-sûr, j’y crois ! Il faut toujours croire dans un groupe. Pascal Dupraz. J’espère que ça va pouvoir se faire et puis eh bien, si on doit descendre en Ligue 2, il faudra reconstruire un groupe, il faudra reconstruire des objectifs et des ambitions. »
GC : « Mais par rapport à cette petite tragicomédie, est-ce qu’il faut vendre le club, est-ce qu’il faut réinjecter de l’argent, qu’est-ce qu’il faut faire en fait ? »
RJ : « Eh bien les deux présidents sont vendeurs, mais ils le sont depuis 3 ans, maintenant quasiment, donc c’est vrai qu’aujourd’hui les acheteurs potentiels regardent à deux fois, avant de pouvoir acheter un club mythique certes, mais qui n’est présentement pas encore assuré de rester en Ligue 1. »
GC : « Si on doit acheter quelque chose, c’est pour que ça nous rapporte. Ce n’est pas seulement en termes d’image… »
RJ : « … Oui donc, les choses vont se décanter à la fin mai, après les barrages éventuels si on est barragiste et… il faut espérer qu’on soit encore en Ligue 1 et j’espère aussi des repreneurs qui soient à la fois avec des apports financiers, mais surtout fidèles aux valeurs qu’incarne l’ASSE partout dans le monde. »
GC : « Donc, si j’ai bien compris, optimiste, pour les Verts, pour les législatives. »
RJ : « Oui ! Il y a le basket à Saint-Chamond, qui représente notre agglomération ! »
GC : « … Avec un très beau lieu… »
RJ : « … oui la Halle des Sports »
GC : «… l’aréna »
RJ : « … Tout à fait ! Qui sera inaugurée en septembre. »
GC : « Finalement, ça bouge notre territoire ! Comme on dit, on est des beausseignes ! »
RJ : « Oui alors, je ne serai moins positif, en ce qui concerne la construction d’une patinoire, à 23 millions d’euros, parce que je considère là, qu’il n’y avait pas un besoin essentiel, alors que beaucoup de clubs demandent à ce que les équipements de proximité soient rénovés. Ils sont vieillissants et vétustes, beaucoup à Saint-Etienne. 23 millions d’euros, pour une patinoire, ça ne me paraît être un investissement très opportun et on a besoin d’avoir sur le territoire stéphanois par ailleurs, un vélodrome et là on n’a toujours pas de nouvelles, pour l’entraînement des athlètes l’hiver. On aurait pu songer mettre la priorité, eu égard à notre Histoire sur le cycle, sur un vélodrome couvert plutôt que sur la patinoire. »
GC : « C’est là où on fait un clin d’œil à la légende de Roger Rivière ! »
RJ : « Oui tout à fait, bien-sûr ! »
GC : « Donc j’ai dit optimiste pour les Verts, optimiste aussi pour la première circonscription ? »
RJ : « Moi, je me bats jusqu’au bout, vous savez j’ai été élu à 23 vois près en 2017, mais même en 2007, ça a été une grosse remontada, ça l’a été plus en 2017 et que quand vous gagnez à 23 voix, vous êtes toujours optimiste et donc je soutiendrai Pierrick Courbon ! »
GC : « Pour conclure, donc le 24, Macron est élu Président de la République, à votre avis ? »
RJ : « Oui, ça sera beaucoup plus serré que la dernière fois… »
GC : « De toute façon, à 51%, il est élu… »
RJ : « … à 51. Et même s’il est à 50,01%. Mais vous savez qu’une victoire trop étriquée, eh bien évidemment derrière, c’est beaucoup plus difficile de gouverner. Donc, il faut qu’Emmanuel Macron tienne compte dans les 30 % d’électeurs de gauche, amenés à se prononcer, que la retraite à moins de 65 ans, elle est primordiale, la question de la non-conditionnalité des aides sociales également et puis ce qu’il a dit sur les enseignants, ce qu’il a dit sur des projets sur l’Education, qui peuvent être extrêmement dangereux. Il faut que tout cela soit revu et puisse être présenté un programme qui puisse être compatible avec un vote de gauche. »
GC : « Vous qui êtes un faiseur de Loi, vous y avez travaillé dessus pendant 15 ans, moi j’ai une question technique : Emmanuel Macron est quelqu’un de très jeune, il a droit à faire deux mandats de suite, est-ce qu’il peut en 2032 se représenter ? Après un mandat intermédiaire de quelqu’un d’autre, comme avait fait Poutine en Russie. »
RJ : « Alors oui sur le papier et en théorie, oui, il peut. »
GC : « Il peut se représenter en 2032 ? »
RJ : « Exactement ! »
GC : « Dernière question subsidiaire, si Emmanuel Macron est réélu Président, qui sera son Premier-Ministre ? »
RJ : « Ecoutez, je dirais que logiquement, il devrait puiser dans les hommes de droite comme Bruno Le Maire… »
GC : « … On parlait de Madame Lagarde. »
RJ : « …Pourquoi pas. Un profil de ce genre-là, mais il est possible qu’il souhaite un mandat beaucoup plus orienté sur le social et à ce moment-là, ce serait plutôt plus de l’autre côté qu’il faudrait regarder, mais je ne vois pas qui pourrait avoir aujourd’hui le profil ou la carrure d’Edouard Philippe ou de Jean Castex. »
GC : « Et est-ce que Yannick Jadot pourrait être Ministre de l’Ecologie ? »
RJ : « Je ne sais pas si l’ouverture ira jusque-là et bon je ne pense qu’actuellement des hommes de gauche ou écologistes soient prêts à rejoindre un Gouvernement d’Emmanuel Macron. »
GC : « Et pour finir, vous avez des nouvelles de Benoît Hamon, il va bien ? »
RJ : « Oui, ça va ! Il va très bien, il s’éclate ! Il est à la direction d’un ONG qui s’appelle Singa et qui vient en aide aux migrants, aux réfugiés et qui leur permet de développer leurs projets, leurs compétences et d’apprendre la langue sur le territoire et dans beaucoup d’autres territoires en Europe. Il y a une antenne stéphanoise, tout près d’ici Rue de la Ville, qui marche aussi très fort. Et je suis particulièrement fier, qu’il ait réussi cette reconversion-là en tout cas dans le domaine associatif ! »
GC : « En tout cas, encore une fois, Régis Juanico, merci pour tous ces rendez-vous qu’on a eus ces 10 dernières années. Moi je vous donne rendez-vous pour votre prochain livre ! »
RJ : « Oui tout à fait ! »
GC : « Merci beaucoup »

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