Passage et présence de Simone Weil à Saint-Etienne

Jean-Marc GHITTI est né en 1960 à Saint-Étienne dans une famille d’origine italienne. Après des études secondaires et un DEUG de lettres à Saint-Étienne, il étudie la philosophie à la Sorbonne, à Paris. Il est titulaire d’un doctorat de philosophie de l’Université de Nice, avec une thèse soutenue en 1996 sous la direction de Dominique Janicaud. Agrégé de philosophie, il enseigne en lycée au Puy-en-Velay. Il est l’auteur d’une œuvre composite, comprenant des essais philosophiques mais aussi des romans et recueils poétiques.

Il sera le jeudi 27 janvier à 19h à la médiathèque de Tarentaize, pour présenter à Saint-Etienne,  son dernier livre : PASSAGE ET PRESENCE DE SIMONE WEIL, Paris, éditions Kimé, 2021. 

Dans ce livre, en bonne place, figure un chapitre sur Saint-Etienne : une lecture de la ville à partir des séjours multiples que Simone Weil y a fait entre 1931 et 1934. Saint-Etienne, sa vie syndicale, sa bourse du travail, son sens de la camaraderie : autant d’éléments importants dans la construction de la pensée d’une des philosophes les plus importantes du vingtième siècle.

Il présentera donc la pensée de Simone Weil mais évoquera aussi une page de l’histoire stéphanoise (je suis moi-même natif de Saint-Etienne) et sur l’importance de la mémoire de Simone Weil à Saint-Etienne, et sur l’intérêt de la valoriser pour l’identité de la ville.

Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd’hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son œuvre, si bien qu’à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c’est d’abord une philosophie de l’esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent.

Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l’actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu’à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d’Espagne, l’exode de Juifs français) et les rencontres qu’elle fait. C’est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d’une tranche d’Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l’ouvrage refuse d’enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d’actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu’elle a traversés, jusqu’à faire un état des lieux de la France d’aujourd’hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.

 

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