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C’était l’animation avant le tunnel du rond-point, un coureur sur un vélo « Mercier » qui clignotait et pédalait…Et puis un peu comme tout ce que l’on aimaient des années 70 a quittés la ville.

Aujourd’hui l’actualité, cette marque de vélo stéphanoise si célèbre notamment avec un ambassadeur comme Raymond Poulidor, va de nouveau être produite en France, cette fois dans les Ardennes.

Et pourtant on apprend aujourd’hui sur le site ITW le média :

Alors que l’Etat réaffirmait son soutien à l’implantation des Cycles Mercier à Revin, le 15 mars dernier lors de la visite de la ministre de la Cohésion des territoires, c’est aujourd’hui avec incompréhension et un sentiment d’abandon que les Ardennes apprennent par le Préfet du département, le renoncement financier du gouvernement.

Les Ardennes méritent mieux, bien mieux ! Après trois annonces gouvernementales d’implantations, nous faisons face à trois échecs. Les Ardennais et les collectivités impliquées peuvent s’interroger quant à cette décision et sont fondés à exiger de l’Etat une explication complète.

Le projet d’implantation des Cycles Mercier à Revin, évalué à plus de 15 millions d’euros, promettait de réindustrialiser ce territoire en générant jusqu’à 250 emplois directs. Ce revirement de l’Etat entraîne une grande frustration et beaucoup de déception pour l’entreprise, pour nous, les collectivités locales, et pour tout un territoire qui attend avec impatience que cette belle usine voie le jour. Quand on suscite un tel espoir, il faut être à la hauteur… Jean Rottner, Président de la Région Grand Est

Le propriétaire de la marque, Mercier « ouvrira une unité de fabrication et de production à Revin », près de Charleville-Mézières, au dernier trimestre 2021, a annoncé le fonds luxembourgeois Starship Investments dans un communiqué.

L’usine produira des vélos mécaniques et électriques sous la marque de Raymond Poulidor et de Joop Zoetemelk, ainsi que des cycles sous marque de distributeur, il est prévu de créer 270 nouveaux postes d’ici 5 ans.

Pour l’histoire, les Cycles Mercier ont été fondés en 1919 à Saint-Étienne par Emile Mercier (1899-1973), qui commence par fabriquer des pièces avant de monter des bicyclettes à partir de 1930 et une équipe professionnelle de cyclistes dès 1933, qui a enchaîné les courses jusqu’en 1984. L’entreprise avait été rachetée par les Cycles France-Loire puis par un groupe néerlandais en 1991, avant d’être transférée à Starship Investments.

En 1919, il s’associe aux frères Paret et à Ribaud, et se lance dans la fabrication d’axes et cuvettes de pédalier.  En 1924, rachetant les parts de ses associés, il se reconvertit dans la fabrication de cadres, puis dans le montage de cycles vers 1930. La marque se dote d’une équipe cycliste professionnelle en 1933. Elle connaîtra son apogée dans les années 60, grâce à Raymond Poulidor.

Mercier, qui était resté en compétition jusqu’en 1984 (avec Joop Zoetemelk), dépose le bilan en 1985. Les salariés reprennent alors l’entreprise Mercier – France Loire. C’est le renouveau qui s’appuie sur la grande distribution, délaissant les réseaux classiques des petits revendeurs. En , Mercier France Loire (qui avait également racheté St Étienne Cycles), est racheté à son tour par le fabricant néerlandais Atag2 qui deviendra plus tard Accell.

Le , la Société Nouvelle des Cycles Mercier est radiée. Le 11 décembre 2000 la marque est transférée de Accell vers un compte Luxembourgeois intitulé « Starship Investments SA ».