Jean-Luc Mélenchon s’est rechargé la « batterie à mort » à Saint-Etienne

À Saint-Étienne, Jean-Luc Mélenchon s’est rechargé la « batterie à mort » sur le piquet de grève des salariés de GRDF avant de tenir un meeting « contre la vie chère et pour nos retraites ». Le leader de la France Insoumise a sonné la mobilisation contre la réforme des retraites tout en faisant quelques allusions aux tensions qui étaient apparues cette semaine au sein de son parti qu’il a qualifié d’« outil précieux ». 

Jean-Luc Mélenchon était de passage à Saint-Étienne vendredi. Il est tout d’abord venu soutenir les grévistes de GRDF qui réclament une augmentation et sont en grève depuis 5 mois.

La seule députée de la Nupes dans la Loire, Andrée Taurinya a accompagné le leader de la France Insoumise sur le piquet de grève avant de se rendre à l’inauguration de son local de permanence où nous l’avons rencontré avant de filer au grand show de Jean-Luc Mélenchon qui avait lieu au Palais des congrès de Saint-Étienne dans la soirée.

Le chef de file de la France Insoumise avait en effet prévu de tenir un meeting « contre la vie chère et pour nos retraites ».

Le calme avant la tempête 

« La retraite on est tous concernés, moi je vais peut-être m’en sortir pas trop mal parce que je prends ma retraite maintenant, mais je pense à toutes les générations », nous a confié une dame avant le début du show.

Dans la salle les stéphanois.e.s attendaient avec impatience la prestation de Jean-Luc Mélenchon. À commencer par l’ancienne candidate Nupes/EELV aux législatives Laëtitia Copin. « J’attend beaucoup d’élan, Jean-Luc Mélenchon est un grand orateur et il porte notre espoir, l’espoir de la dignité, de tous les combats qui sont en train de se perdre avec les 49.3, on en est au dixième et on a besoin de se sentir à nouveau enthousiaste de se dire qu’on a un pouvoir d’agir et donc je viens partager avec la France Insoumise », nous a-t-elle confié.

Andrée Taurinya s’est chargé de chauffer la salle en dénonçant « l’extrême droite présente sur les plateaux télé, présente dans la rue ». « Elle agresse nos militants et nos élus. »

Des allusions à la crise traversée par la France Insoumise dans la semaine 

Son mentor a ensuite pris la parole quelques heures seulement après la publication de l’interview d’Alexis Corbières qui critiquait la réorganisation de la France Insoumise dans les colonnes du Monde. Dans la semaine, le bateau Insoumis à pas mal tanguer alors qu’Alexis Corbières, mais aussi Clémentine Autain ou François Ruffin ne figurent pas dans la nouvelle direction de LFI.

Jean-Luc Mélenchon a répondu depuis Saint-Étienne en affirmant : « J’ai dit que je me mettais en retrait et pas en retraite, j’essayais d’imaginer en quoi pouvait bien consister le rôle et je ne trouvais pas… J’ai trouvé, je suis le paratonnerre de toutes les haines de nos adversaires, et parfois de toutes les ambitions de nos amis ».

Il a également qualifié la France Insoumise « d’outil précieux ». On l’aura compris, Jean-Luc Mélenchon veille au grain.

Il a distribué les bons points aux eurodéputé.e.s Leila Chaibi qui « a fait voter la présomption de salariat pour les travailleurs des plateformes », Younous Omarjee, qui a « fait reconnaitre l’esclavage comme un crime contre l’Humanité » et Manon Aubry qui « a permis de révéler le scandale de corruption par le Qatar au sein de l’Union européenne ».

Jean-Luc Mélenchon a même félicité « Alexis Corbière qui portait le projet de loi de l’augmentation du SMIC à 1600 euros ». 

Il a surtout salué Andrée Taurinya, la députée locale qui l’accueillait dans le Forez, parlant d’une « militante confirmée, tenace patiente ». « Tu sais comme moi ce que c’est de construire une force de l’arracher au néant ». 

Sa visite sur le piquet de grève des salariés de GRDF 

Pour le reste le leader de la France Insoumise est revenu sur sa visite sur le piquet de grève des salariés de GRDF, qui « lui a rechargé la batterie à mort » « Cela fait 5 semaines qu’ils luttent, dans le froid, sans paye, mais où ils défendent le plus important : leur dignité d’hommes et de femmes qui exigent de vivre dignement de leur travail. »

Jean-Luc Mélenchon a également évoqué la situation du syndicaliste CGT qui a été poursuivi par sa direction (qui a été déboutée) après avoir été balancé par un cadre de l’entreprise. « Où est marqué dans ce contrat de travail M. L’indicateur que vous devez dénoncer vos collègues? »

La montée de l’extrême droite et du racisme 

Jean-Luc Mélenchon a également évoqué la montée de l’extrême droite et du racisme en France. « Tout le monde a vu ce qui s’est passé à Lyon, tout le monde à vue ce qui s’est passé à Bordeaux (…) c’était deux députés qui étaient dans la salle (…) Ils ont assailli la salle avec des barres et avec des couteaux et pendant une demi-heure personne n’est venu nous aider », a-t-il déclaré.

C’est pour cela que « les Insoumis et les antifas de Marseille, ceux de Lyon, de Saint-Étienne, ceux  de Blois, ont constitué un groupe au total d’une quarantaine de personnes pour que ce soir, il n’y ait pas de problème ».

À Saint-Étienne, nous avons d’ailleurs rencontré Raphaël Arnault, le porte-parole de la jeune garde, les antifas lyonnais.

L’Inflation qui rend la vie chère 

Jean-Luc Mélenchon c’est également lancé dans un cours d’économie dédié à l’inflation ne citant pas « Marx ou Engels », mais « Michel-Edouard Leclerc » qui a affirmé que « l’inflation est le fait des spéculateurs ». 

Le leader de la France Insoumise a maintenu qu’il fallait « bloquer les prix » et « augmenter le SMIC ». 

Un appel à la mobilisation contre la réforme des retraites 

Concernant les retraites, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « c’est la septième réforme à laquelle je ferais face ».

Le leader de la France Insoumise a également appelé tout le monde à manifester « dans la rue le 21 janvier, derrière nos jeunes pour défendre notre droit à la retraite ».

À la fin du meeting, Jean-Luc Mélenchon a salué Anas Kournif, l’étudiant qui dans un geste désespéré s’était immolé par le feu devant un bâtiment du Crous à Lyon pour dénoncer la précarité étudiante.

Auteur(s)

Rédacteur en chef VERIDIK