Gaël Perdriau annonce sa mise en retrait totale de la présidence de la Métropole après avoir clamé une nouvelle fois son innocence

Par Gregory Fiori

Englué dans les affaires, le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau a annoncé sa mise en retrait « totale » de ses fonctions de président de la métropole de Saint-Étienne ce jeudi 8 décembre, lors du conseil métropolitain. Il a délégué ses pouvoirs à son vice-président Hervé Reynaud et quitté la séance juste après sa déclaration. Avant le conseil métropolitain, il avait toutefois reçu des journalistes clamant une nouvelle fois son innocence et évoquant un « acharnement » derrière lequel il voit la main de Laurent Wauquiez.

« J’entends le besoin de certains d’entre vous de me voir prendre du recul… C’est la raison pour laquelle je prends la décision en votre présence de me mettre en retrait total de la Métropole », a déclaré Gaël Perdriau qui s’était déjà mis en retrait le 22 septembre dernier. À l’époque, il avait décidé de « confier la représentation extérieure de la Métropole à ses vice-présidents, de confier au premier vice-président les discussions qui sont en cours sur le contrat de plan État-Région », mais aujourd’hui Gaël Perdriau parle d’une mise en retrait totale.

Le maire de Saint-Étienne et président de la Métropole était englué dans l’affaire de la sextape révélée par Médiapart. Il avait tenté d’empêcher en vain de nouvelles révélations en portant plainte contre nos confrères qui ont finalement pu sortir leur enquête dans laquelle ils accusent Gaël Perdriau de calomnie à l’égard du président de la Région, Laurent Wauquiez.

Plusieurs élu.e.s demandaient sa démission 

Dans un texte commun, quatre maires communistes dont deux vice-présidents rappellaient que Gaël Perdriau vient de subir une première condamnation juridique qui consiste à verser 9000 euros en frais de justice à Médiapart.

Les maires de Lorette et de la Talaudière demandaient sa démission. Ramnona Gonzales-Grail, la maire de la Talaudière parlait d’une « une attaque abjecte contre le président de région et la perte de toute légitimité ». « S’il lui reste un soupçon de dignité, il doit se retirer ».

Gérard Tardy, maire de Lorette, demandait la démission de Gaël Perdriau et le licenciement pour faute grave de son directeur de cabinet.

Lors de cette séance, le président de la Métropole qui s’était déjà mis en retrait de ses fonctions de président de la métropole a annoncé qu’il déléguait l’ensemble de ses fonctions à Hervé Reynaud, le vice-président de Saint-Etienne Métropole qui avait lui aussi demandé le départ de Gaël Perdriau.

La montée en puissance d’Hervé Reynaud

Celui-ci est en train de prendre de l’épaisseur dans la Loire, puisqu’il est également vice-président du département, maire LR de Saint-Chamond, président du Gier, l’association des maires de la Loire et ambitionne de devenir sénateur. Il a également échangé à de nombreuses reprises ses dernières semaines avec David Lisnard, le président des maires de France.

Gaël Perdriau continue de clamer son innocence et déplore l’acharnement politique de Laurent Wauquiez

Avant le conseil métropolitain, Gaël Perdriau a reçu plusieurs journalistes se disant « extrêmement blessés ». Il a une nouvelle fois clamé son innocence et déploré l’acharnement politique de Laurent Wauquiez.

Concernant l’affaire de la sextape, il a maintenu qu’il n’était « ni le commanditaire, ni l’organisateur, ni un utilisateur de cette vidéo ». « Je n’ai jamais eu ni vu ce document. »

Il a toutefois reconnu avoir évoqué cette vidéo avec son ex-premier adjoint Gilles Artigues l’existence comme en atteste les enregistrements diffusés par Médiapart le 12 septembre, mais selon lui, c’était pour le blessé. Lors de cette conversation qui a eu lieu en novembre 2017, Gaël Perdriau reprochait en effet à son premier adjoint d’avoir « échangé longuement » avec le président de la Région AURA, Laurent Wauquiez.

« Alors, quand mon premier adjoint, en qui j’ai fait une totale confiance, manigance dans mon dos avec Laurent Wauquiez, évidemment je vois rouge », a-t-il confié à l’AFP, avant de préciser que « ses explications sur ces rencontres secrètes » étaient « particulièrement évasives ».

Le maire de Saint-Étienne qui était en mauvais terme avec Laurent Wauquiez évoque « une période d’extrême tension entre la région et la ville de Saint-Étienne », tensions nées selon lui de sa prise de position en faveur de Bruno Lemaire lors des primaires des LR en 2016.

Selon Gaël Perdriau, « La publication des articles de Mediapart s’inscrit dans une logique politique beaucoup plus ancienne impliquant Gilles Artigues et des personnes extrêmement proches de Laurent Wauquiez ».

Auteur(s)

Gregory Fiori Rédacteur en chef VERIDIK