ASSE : un immense sentiment de gâchis pour Régis Juanico

Ancien député de la 1ère circonscription de la Loire pendant quinze ans, Régis Juanico demeure conseiller départemental. Ce jour il a donné son opinion pour le magazine BUT ! voici quelques extraits.

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« Il y a aujourd’hui à Saint-Etienne un immense sentiment de gâchis par rapport au club. Et j’ai même envie de dire qu’il n’y a pas que notre ville qui souffre des résultats dramatiques du club , mais bel et bien tout le peuple Vert.
Je pense à toutes ces associations de supporters, à tous ces amoureux du club dans la France entière qui regrettent ce qui se passe à l’heure actuelle.
Pour nous, les Stéphanois, l’ASSE a une dimension nationale, bien entendu, et sans doute internationale. C’est tout de même exceptionnel ce que cette Association, ce que ce club, génère depuis plus de 50 ans. Tout cet amour que lui portent les gens, dans tout le pays et de génération en génération.
Alors, oui, et il faut être clair, il y a aujourd’hui de la tristesse. Mais également de la colère. En ce qui me concerne, celle qui moi me rend dingue, c’est de constater que des supporters si fidèles, des amoureux éperdus de ce club, commencent à ne plus venir au stade.
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Il n’y a aucun mouvement de révolte, que ce soit chez les joueurs, bien entendu, mais également au sein de la structure technique ou de la direction. Qui entend-on ? Personne. Qui essaie de faire bouger les lignes ? Personne.
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Je considère qu’au sein de l’ASSE, aujourd’hui, c’est l’encéphalogramme plat. Il n’y a aucun mouvement de révolte, que ce soit chez les joueurs, bien entendu, mais également au sein de la structure technique ou de la direction.
C’est pathétique. On accepte que l’ASSE soit bonne dernière de Ligue 2 et on ne fait rien ? Mais comment peut-on accepter de telles choses ? Les joueurs ne mouillent pas le maillot, je n’entends jamais l’entraîneur piquer une grosse colère et que dire des deux présidents actionnaires…Eux, c’est silence radio.
J’estime que Messieurs Caïazzo et Romeyer ont fait leurs temps. A l’instar de Patrick Revelli, qui s’est exprimé dans vos colonnes, il vous faut passer la main, messieurs. Il y a trois ans, je me souviens encore d’une visite de Bernard Caïazzo à l’Assemblée Nationale qui nous parlait du Top 5 de la Ligue comme objectif. Et de salaires modérés.
Résultat ? Nous sommes derniers de Ligue 2. On ne peut pas laisser l’ASSE mourir, il faut faire quelque chose. Pensez Messieurs à ce club, à son histoire, pensez à notre territoire et à tous ces amoureux des Verts. N’en faites pas une question d’argent et retirez-vous.
Bien sûr, il ne faut pas vendre le club à n’importe qui. Il faut prendre des précautions. Mais va-t-on continuer longtemps à croire au Père Noël, comme c’est le cas en ce moment ? Va-t-on longtemps nous faire croire que le mercato va tout changer et que ça va s’améliorer avec un ou deux joueurs ? C’est une blague.
Je constate jour après jour la colère des gens à l’encontre des deux présidents. C’est même une évidence. On ne peut pas laisser l’ASSE dans cet état. Hors de question que la léthargie qui s’est installée dans ce club perdure. On attend le National pour s’en rendre compte ?
En ce qui me concerne, lorsque j’échange avec des supporters, j’insiste bien sur le fait que la violence ne résout et ne résoudra jamais rien. Je la condamne et surtout je le redoute.
C’est pourquoi j’appelle de tous mes vœux à ce que les choses bougent dans les prochaines semaines. On ne peut pas laisser l’ASSE dans cet état. Hors de question que la léthargie qui s’est installée dans ce club perdure. On attend le National pour s’en rendre compte ? Je voudrais que notre ASSE retrouve son âme, ses valeurs.
Et aujourd’hui, à tous les étages du club, on en est malheureusement très loin. Une fois encore, ce n’est pas acceptable de laisser faire ça quand on connaît tous les amoureux de notre club. Trop de choses ont été faites depuis des lustres pour que ce qu’il se passe aujourd’hui soit toléré. Il faut que ça change et avant qu’il ne soit trop tard. »
Propos recueillis par Laurent Hess et Benjamin Danet et republiés avec l’accord de Régis Juanico