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Alors qu’une procédure de rattachement de l’Institut de Cancérologie de la Loire Lucien Neuwirth (ICLN) au CHU de Saint-Etienne (CHUSE) doit intervenir au 1er janvier prochain, dès le mois d’avril dernier, j’avais alerté le Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé sur les inquiétudes de certains acteurs de la communauté médicale ligérienne quant à la rapidité de ce processus, en pleine période de crise épidémique.
Sans être opposé « par principe » à un tel rapprochement, j’estimais, à l’instar de plusieurs professionnels de santé, qu’un délai aussi court n’était pas à même de permettre la rédaction d’un projet médical partagé et ambitieux, ni de lever certaines craintes légitimes exprimées par les personnels quant au maintien des emplois à terme. Surtout, il me semblait nécessaire de stabiliser l’offre de soins en cancérologie en Loire Sud avant d’enclencher tout processus de fusion. A tous ces égards, un délai supplémentaire pour laisser place à la concertation m’apparaissait opportun.
La réponse de l’ARS fut une véritable fin de non-recevoir. « Circulez, il n’y a rien à voir, ni rien à dire », a aussi été la position partagée par de nombreux élus locaux, en particulier au sein de la majorité départementale.
Pourtant, depuis quelques semaines, de nombreuses voix se sont élevées pour émettre un certain nombre de critiques quant à ce projet de fusion, laissant craindre une éventuelle baisse de la qualité des soins, un affaiblissement de la cancérologie dans la Loire et un manque évident de concertation. De nombreuses démissions d’oncologues ont par ailleurs été récemment annoncées.
La course contre la montre engagée pour le processus de fusion me semble donc une fois encore en parfaite inadéquation avec l’importance des enjeux.
C’est pourquoi, avec mon collègue sénateur de la Loire Jean-Claude Tissot, je viens d’alerter le Premier Ministre Jean Castex ainsi que le Ministre de la Santé Olivier Véran, afin de leur demander de proroger le délai initialement annoncé pour la fusion, dans le but de permettre un dialogue social approfondi et d’établir un projet médical réellement abouti, qui garantisse à la fois une prise en charge optimale des patients ligériens et la pérennité des effectifs en cancérologie.
Régis Juanico, Député de la Loire