Retraites : Déclaration commune des organisations politiques de gauche de la Loire

Déclaration commune

Nous soutenons les mobilisations pour des retraites solidaires

Les organisations de la Loire Gauche Démocratique et Sociale, Gauche Républicaine et Sociale, Génération·s, Ensemble!, Europe‑Ecologie‑Les‑Verts, France Insoumise, Parti Communiste Français et Parti Socialiste apportent leur soutien à la mobilisation pour des retraites solidaires, contre le projet du Président de la République et du Gouvernement.
Le projet du gouvernement n’est pas encore entièrement défini dans ses moindres détails, mais les grands principes qui sont annoncés comme intouchables (instauration de la retraite à points, limitation des pensions à un montant fixe du Produit Intérieur Brut, allongement de la durée de travail) justifient amplement une opposition résolue.

Ces principes constituent une remise en cause radicale de ceux qui ont fondé notre système de protection sociale, basé sur la solidarité. Cette nouvelle attaque, qui fait suite à beaucoup d’autres, vise à détruire de nouveaux éléments de solidarité, afin d’ouvrir davantage encore d’« opportunités » aux multinationales de la finance. Car ce projet aboutirait globalement à faire baisser les pensions de 20 à 25 % pour une carrière professionnelle identique, menant droit au développement des retraites complémentaires par capitalisation.
Ce projet comporte une attaque frontale contre les cotisations sociales et la gestion des retraites par les salarié·e·s et leurs représentant·e·s. Nous combattons la main mise de l’État sur les budgets de la protection sociale, qui retire aux salarié·e·s encore un peu plus de pouvoir sur leur existence.

Le système actuel est partiellement redistributif, il corrige en partie les inégalités de salaires, ce qui lui donne une dimension solidaire. L’instauration d’un système de « retraites à points » entièrement contributif augmenterait encore les inégalités de pension, en faisant dépendre plus étroitement le montant des pensions des salaires perçus au cours de toute la vie, y compris les plus bas.
Toutes celles et tous ceux qui auront connu des carrières hachées et la précarité en pâtiraient. Les femmes, dont les carrières professionnelles sont plus fréquemment interrompues, en seraient les premières victimes.
Les jeunes sont particulièrement ciblés, alors qu’une des pistes du gouvernement pour essayer d’éteindre la contestation serait de n’appliquer le système par points qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail… Et avec la suppression du calcul sur la base des 25 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, un·e étudiant·e qui redouble une année sera pénalisé·e dans le calcul de sa pension, pour un redoublement vieux de 40 ans !

Qu’il passe par l’élévation de l’age légal, de l’age « pivot » ou par l’augmentation de la durée de cotisation, l’allongement de la durée de travail pour pouvoir bénéficier d’une retraite pleine serait nuisible pour l’emploi, il irait à l’encontre de la santé des travailleurs et des travailleuses et il entraînerait une baisse des pensions pour toutes celles et tous ceux qui ne pourront pas remplir les conditions attendues.
La limitation du total des pensions à un montant fixe du Produit Intérieur Brut conduirait inévitablement à une baisse des pensions puisque le nombre de retraité·e·s augmentera, à moins de compter sur une croissance économique importante qui semble a priori difficile à concilier avec les exigences de l’urgence écologique.
L’instauration de retraites à points vise à équilibrer automatiquement le système par la baisse des pensions en mettant fin à tout niveau garanti des pensions : personne ne pourra savoir combien il touchera une fois à la retraite, puisque le montant du point sera redéfini sans arrêt.

Le système actuel est loin d’être parfait et nos organisations portent des propositions diverses pour l’améliorer. Mais nous réaffirmons notre attachement à des retraites solidaires.
Rien n’impose le passage à des retraites à points, rien n’impose un allongement du temps de travail au cours d’une vie, rien n’impose la baisse programmée des pensions.
Caricature empruntée a MARC LARGE

C’est pourquoi nous soutenons la grève initiée par un ensemble d’organisations syndicales dès le 5 décembre et nous participerons à la mobilisation qui s’engage.

Saint-Étienne, le 23 novembre 2019
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