Qui se souvient des bulles de Badoit à Saint-Galmier ?

C’est Grégory Cometti qui fait l’historique de l’eau de Badoit sur son facebook, je lui ai demandé son autorisation pour reprendre sur le site. Et je suis très content qu’il est accepté, vous pouvez vous aussi nous envoyer vos histoires à (gillescharlesinfos@gmail.com)

Ce sont les romains qui ont été les premiers à découvrir cette eau minérale naturellement gazeuse. Des thermes du 2ème siècle ont été découvertes en 1884 à l’occasion de recherches de nouveaux filons d’eau.

Mais c’est au 16ème siècle que le premier puit Fonfort (‘’fontaine forte’’, forte parce que gazeuse) fût creusé. L’eau sera captée à plusieurs sources sur St Galmier (Courbières, Centrale, Rém, Romaine et Noël) par plusieurs propriétaires qui avaient des fermages. On les appelait les fermiers des sources. Ils avaient donc obtenu le fermage par la ville qui était en fait un bail établi par la ville propriétaire des sous-sol.

En 1778, le Docteur Richard Martin de Laprade, membre de l’Académie des Sciences et conseiller ordinaire de Louis XVI vante les vertus apéritives, digestives et exhilarantes dans un traité officiel.

En 1827, la ville de St Galmier concède l’exploitation de la source. Plusieurs propriétaires vendent désormais cette eau gazeuse dans des quantités artisanales.

En 1837, Auguste Saturnin Badoit obtient à l’âge de 36 ans le fermage du puit Fonfort. Il avait remarqué le fort engouement pour cette eau dans les années 1830. En 1845, d’autres sources seront rachetées. En 1876, les sources Centrales seront rachetées également. En 1886, les sources Courbières et Nouvelle seront rachetées. En 1894, ce sera au tour des sources Rémy et Noël de vendre leur fermage à Badoit. En 1905, les sources Romaines.

Revenons à l’année 1837 où Monsieur Badoit décide alors d’industrialiser l’exploitation et la vente de l’eau d’abord dans les pharmacies, épiceries et hôtels. Il vend 1,5 millions de bouteilles sur l’année 1858.
En 2015, 350 millions de bouteilles ont été vendues. L’eau est aujourd’hui puisée dans le granite à 100 mètres de profondeur.

En 1848, il est le premier à vendre de l’eau en bouteille de manière industrielle. La ville résilie le bail de la source Fonfort et M. Badoit exploite désormais sa propre source. La Badoit ! Les bouteilles étaient alors en grès cachetées à la cire (l’étiquette papier arrivera en 1874). Pour info, Vittel a commencé la commercialisation de son eau en 1857.

En 1858, Auguste Saturnin Badoit décède. Sa femme et sa fille lui succèderont. A l’époque 1,5 millions de bouteilles était vendues annuellement (un record à l’époque). En 1859, la société est vendue à un concurrent local, la société André mais le gendre de Monsieur Badoit, Benoit Cherbouquet garde la direction des sources.

En 1883, Badoit fait construire une verrerie à Veauche (à 5 kms) pour fabriquer les bouteilles en verre qui seront le nouveau récipient de la Badoit.

En 1896, une convention est signée avec la ville afin d’autoriser tous les habitants de St Galmier à puiser gratuitement l’eau de Badoit à raison de 12 bouteilles par jour et par foyer. Un kiosque de puisage est alors construit. Le nouveau kiosque actuel a été reconstruit à l’identique du premier kiosque historique (voir photos).

En 1897, l’eau Badoit est reconnue d’intérêt publique par l’Académie de Médecine.

En 1905, Badoit remporte le grand prix de l’exposition universelle de Marseille.
En 1910, Badoit remporte ce même prix lors de l’exposition universelle de Bruxelles.

En 1913, le bouchon de liège est remplacé par le bouchon capsule métallique. Au 19e siècle, les bouteilles étaient bouchées à la main.

En 1954, Badoit stoppe ses ventes en pharmacie pour gagner les grandes surfaces et vendra 37 millions de bouteilles en 1958. En 1967, 57 millions de bouteilles.

En 1972, Badoit connait une chute de ses ventes avec 37 millions de bouteilles soit le même niveau qu’en 1954.

En 1973, la bouteille en PVC arrive (hé oui…).

Mais la société Badoit décida d’investir dans une campagne publicitaire télévisée et cela fera décoller les ventes dans les années 70 avec notamment plusieurs spots ‘’des frères Jacques’’ de 1975 à 1980.

En 1982, Charles Trenet autorise l’utilisation de sa chanson ‘’Y’a de la joie’’ pour un spot publicitaire. La notoriété s’accroit et les ventes aussi.

Puis, vous connaissez la suite. La Badoit aromatisée menthe et citron en 1988. Le bouchon à vis verra le jour la même année. Plus tard la Badoit rouge…

Auguste Saturnin Badoit était donc un visionnaire. Il a aussi su, très tôt, mesurer l’importance de la publicité (il y a 180 ans) en s’appuyant sur la connaissance des médecins. Il fut le premier à embouteiller et exporter de l’eau et ‘’l’inventeur’’ d’une eau à réputation internationale : BADOIT

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