Quel avenir pour l’économie stéphanoise ?

En partenariat avec le média #Droitcitoyen et suite à mon émission de radio « Rendez-vous avec André Mounier« 

voici l’article de Olga Méjean.

« La métropole de Saint-Etienne est un leader européen sur le textile technique, le secteur de la mécanique générale est aussi bien développé.Les mécaniciens de l’automobile, de l’équipement, de l’aéronautique ne sont plus ceux que l’on a connus il y a 30-40 ans, parce que des entreprises ont innové. Et les innovations sont des facteurs clés du numérique ».

André Mounier, l’ex-président de la Chambre de commerce et d’industrie de la Loire qui a dirigé l’établissement pendant 12 ans de 2004 à 2015, était l’invité de Gilles Charles au studio de #Doitcitoyen à Saint-Étienne.  

Presque trois semaines après le déconfinement, des questions économiques restent pertinentes comme jamais auparavant.

« Le COVID-19 va certainement changer le comportement des consommateurs. Et Internet, l’e-commerce ont une place importante dans la nouvelle vie. Même le commerce de proximité a retrouvé des nouveaux clients par Internet »

— estime André Mounier.

Le secteur du bâtiment se relance doucement après le 11 mai. Le nouveau centre commercial stéphanois Steel, avec ses dizaines de boutiques et des restaurants, aurait dû ouvrir ses portes le 13 mai, mais les travaux, retardés par la crise sanitaire, sont loin d’être terminés. La date de l’inauguration a été repoussée, ainsi, près d’un millier de futurs employés doivent patienter peut-être jusqu’en septembre. L’ex-président de la CCI de Saint-Etienne s’inquiète davantage pour le commerce de centre-ville que pour ce centre commercial. D’après lui, le commerce en centre-ville est un point faible de Saint-Etienne par rapport à d’autres villes comme Toulouse, Bordeaux ou Nantes:

« Le commerce de centre-ville, c’était toujours un problème à Saint-Etienne.Je disais tout le temps qu’il fallait trouver un équilibre entre les commerces de centre-ville et les commerces de périphérie. Aujourd’hui nous sommes à une saturation à la périphérie ».

Au début du XXe siècle l’économie de la ville tournait autour des mines de charbon, de la fabrication d’armes, de la rubanerie etc. Après la désindustrialisation des années 80, Saint-Etienne a réussi sa reconversion industrielle. Grâce à la volonté de la mairie, des entrepreneurs et des habitants, l’économie stéphanoise s’est tournée vers le tissu industriel et la mécanique, des secteurs dynamiques encore aujourd’hui.

« La métropole de Saint-Etienne est un leader européen sur le textile technique, le secteur de la mécanique générale est aussi bien développé.Les mécaniciens de l’automobile, de l’équipement, de l’aéronautique ne sont plus ceux que l’on a connus il y a 30-40 ans, parce que des entreprises ont innové. Et les innovations sont des facteurs clés du numérique », — dit-il.

Il ne faut pas oublier le design, de par son dynamisme liant art et urbanisme, la ville de Saint-Etienne est devenue ville UNESCO de design en 2010..

En 2016 la Chambre de commerce et d’industrie de Saint-Etienne Montbrison a été fusionnée avec celle de Lyon métropole. André Mounier s’opposait à cette décision. Il reproche au nouveau président de la CCI de Lyon métropole Saint-Etienne Roanne, Emmanuel Imberton, d’avoir phagocyté la fusion de trois chambres consulaires, ce qui a donné plus d’avantages aux Lyonnais.

« Sur le fond l’idée était bonne, mais à condition que cette fusion sera entre les égaux. Ça veut dire que chacun garde ses autonomies et ses compétences. Alors qu’après la fusion Saint-Etienne est devenu un suiveur de Lyon », — insiste Mounier.

Suite à plusieurs réformes menées à la nouvelle CCI fusionnée en 2016, le budget de Lyon métropole Saint-Etienne Roanne a été diminué. Aujourd’hui il représente 60€ millions, dont 45% de ressources fiscales. En ce qui concerne le budget de Saint-Etienne, d’après André Mounier, il est passé de 11M€ à 5-6M€, soit une diminution d’environ 50%.

Pour assurer une croissance économique et accueillir des entreprises dans la région, le réseau de transport joue un rôle essentiel. Avec l’arrivée du TGV à Saint-Etienne au début des années 2010, l’existence de l’aéroport Saint-Etienne-Loire situé dans la commune d’Andrézieux-Bouthéon à 15 km au nord de Sainté est devenue plus difficile à justifier, surtout sur des lignes intérieures,car un voyage ferroviaire est 4 à 5 fois moins cher que le même trajet en avion. Lors de sa présidence, l’importance de maintenirle trafic aérien était une évidence pour André Mounier:

« Si des entreprises veulent venir dans la région, elles vous demandent s’il y a un aéroport. Ça fait partie de l’infrastructure. Lors de ma présidence j’ai mis en place des lignes sur Porto (Portugal), Fès (Maroc), Izmir (Turquie) etc pour maintenir cet aéroport, parce que c’était ça ou la disparition ».

L’aéroport de Saint-Etienne est concurrencé par celui de Lyon Saint-Exupéry. Chaque année il représente un déficit d’à peu près un million d’euros. En octobre 2017 des compagnies aériennes low-cost telles que Ryanair et Pegasus ont arrêté leurs vols commerciaux. Désormais l’aéroport ligérien n’accueille plus que des vols privés.

Contrairement au trafic aérien, la voie routière entre la métropole Saint-Etienne qui regroupe 45 communes et celle de Lyon est très chargée. Aux heures de pointe, la circulation est souvent ralentie d’une heure par rapport au trafic normal. Pendant des années les stéphanois ont attendu la construction de l’A 45 qui avait pour but de soulager l’A 47, mais le projet a été abandonné en 2018. Le coût estimé de la construction étant trop élevé. Cette somme de 1,2milliardsd’euros, payés par l’état, le concessionnaire Vinci et les collectivités locales, était une charge trop conséquente.

La région Rhône-Alpe avait toujours refusé d’inclure l’A 45 dans son budget. Pour André Mounier c’est une décision politique: « J’ai salué le courage de Dominique Perben, il était lyonnais et le ministre des transports à l’époque. Il s’est présenté à la municipale et il était pour l’A 45 à condition qu’elle n’irait pas à Lyon. D’ailleurs l’A 45 n’irait pas à Lyon. Mais Michel Mersier qui était le président du conseil départemental du Rhône avait fait construire des maisons où il ne fallait pas les construire ».  Ce qui a empêché la construction de l’A 45, d’après l’ex-président de la CCI stéphanoise. Dressés contre le projet étaient aussi les écologistes et des agriculteurs, car l’A 45 conduisait à la destruction de 500 hectares de terres agricoles.

Cependant, d’autres projets polémiques continuent à avancer. Comme le grand contournement ouest de Strasbourg dont l’ouverture est prévue l’année prochaine. En 2018 les opposants de ce projet avait été sèchement évacués du site de construction par la police.

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