Quand Raymond Poulidor dévoilait son secret à Pierre Mazet…

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois par manque de culture nous ignorons l’existence, depuis quelques semaines il existe une version en livre.

Pierre avait rencontré Raymond Poulidor il y a quelques années, voici un petit texte pour lui rendre un hommage stéphanois.

Aujourd’hui, le souvenir qui me revient possède un fumet de pain grillé. C’était à l’hôtel près de Chateaucreux, Nous étions deux lève-tôt dans la salle du petit-déjeuner et un homme s’affairait autour du grille-pain en se retenant manifestement de proférer quelques jurons Et voilà, comment je me retrouvai face au prince du vélo : Raymond Poulidor. Je fus sûrement plus surpris que lui, l’entrée en matière fut des plus simples.

–          Bonjour M’sieur, vous savez comment marche cette machine ?

Je le rassurai, c’était moins compliqué qu’un dérailleur. Je secouai un peu l’appareil.  A quatre mains, nous parvînmes à faire roussir quelques tranches de baguette, puis on s’installa face à face, comme de vieux copains Je peux vous l’assurer, cet homme ne joue jamais la comédie.

II respire la simplicité et la gentillesse Comme on arrivait vers la grand tente, sur le point de nous séparer, il me mit la main sur l’épaule

– Vous me plaisez bien, jeune homme, surtout que vous ne m’avez pas embêté avec le Puy-de-Dôme.

Devant mon regard Interrogateur il ajouta :

Vous ne pouvez pas savoir : Sur une Fête du Livre, il y a parfois cinquante, cent personnes qui me demandent pourquoi je n’ai pas enfoncé Jacques Anquetil dans le Puy-de-Dôme en 1964.

Alors, je réponds un peu n’importe quoi, que j’avais les jambes en coton ou que le grand Jacques m’impressionnait. Mais à vous, je vais confier la vraie raison :

 Il se pencha vers mon oreille et commença à murmurer. Là, à Saint-Étienne, circule le tram, qui sonne, comme le Cable Car de San Francisco. II arriva à ce moment et les mots du brave Raymond se perdirent dans le « gling-gling ».

Je me retrouvai ainsi dépositaire d’un secret que j’ignorais. Il me gratifia d’une solide poignée de main

– Surtout gardez cela pour vous

Il pouvait dormir tranquille, car chacun sait qu’il n’y a rien de plus difficile que de partager quelque chose qu’on ignore.

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