Les députés de la Loire Nathalie Sarles et Régis Juanico rendent leur rapport d’évaluation

Accès à l’enseignement supérieur : pour une orientation choisie plutôt que subie

Les Députés de la Loire Nathalie Sarles et Régis Juanico, tous deux membres du Comité d’évaluation et de Contrôle (CEC) des politiques publiques ont présenté aujourd’hui, à l’Assemblée
nationale, leur rapport sur l’évaluation de l’accès à l’Enseignement supérieur.
Ces travaux faisaient suite à l’enquête et le rapport de la Cour des Comptes portant sur « un premier bilan du dispositif d’accès à l’enseignement supérieur dans le cadre de la loi Orientation et Réussite des Étudiants du 8 mars 2018 ».

Nathalie Sarles et Régis Juanico, co-rapporteurs de cette évaluation, ont auditionnés une quarantaine d’acteurs, observateurs et usagers des mondes scolaires et universitaires dont les ligériens Alain Trouillet, vice-président formation de l’Université Jean Monnet, Nabih Nejjar, directeur de l’IUT Roanne, les équipes d’orientation et proviseurs des lycées Albert Thomas de Roanne et Simone Weil de Saint-Priest-en-Jarez ainsi que Jacques Fayolle directeur de Telecom Saint-Etienne.

Les contributions de tous les interlocuteurs et les exemples de bonnes pratiques sur le terrain, notamment des acteurs ligériens, ont été très précieux. Ils ont permis de nourrir les réflexions sur les trois volets de l’accès à l’enseignement supérieur :
• le processus d’orientation qui, malgré ses évolutions récentes, demeure le maillon faible du dispositif,
• le fonctionnement de la plateforme d’affectation Parcoursup
• l’accompagnement des étudiants à leur arrivée dans l’enseignement supérieur.
L’orientation souffre d’interventions non coordonnées des acteurs et d’établissements inégalement répartis sur le territoire. Les échanges avec les acteurs locaux ont montré le rôle primordial des professeurs principaux qui remplissent de très nombreuses missions d’orientation des élèves vers les formations du supérieur. Il est nécessaire que des moyens plus importants soient alloués à leur tâches, intégrant une formation initiale et continue et des heures dédiées.

Si la mise à disposition de tous les jeunes d’une information identique et détaillée via « Parcoursup » constitue un vrai progrès, la plateforme peine à susciter la pleine adhésion notamment en raison d’une transparence incomplète des critères d’examen des vœux.
L’instauration de commissions d’examen des vœux (CEV) chargées de classer les candidatures dans toutes les formations, sélectives comme non sélectives ont permis de mettre fin au tirage au sort, élément très décrié de l’ancienne plateforme APB.

Ces commissions permettent comme l’a souligné le représentant de l’Université Jean Monnet une intervention humaine pour évaluer les dossiers et ce sont désormais les acquis et les compétences des candidats, évalués par les CEV à partir de leurs dossiers qui viennent les départager.

Le traitement humain, individualisé de chaque dossier dans les commissions est aujourd’hui une garantie fondamentale d’une meilleure affectation dans l’enseignement supérieur, sachant que
les attendus nationaux sont connus des candidats qui pourront disposer à l’avenir d’un rapport à posteriori des critères retenus par les commissions d’examen.
L’accès à l’enseignement supérieur cristallise les inquiétudes de nombreux lycéens et de leurs parents, et particulièrement cette année où la rentrée va voir arriver un nombre de néobacheliers en augmentation du fait du taux exceptionnel de réussite au bac, soit un volume potentiel de 48 000 étudiants supplémentaires.

Parmi les réponses possibles face à cet afflux de nouveaux étudiants, un effort de créations de places supplémentaires en université et dans les sections de techniciens supérieurs nous paraît
indispensable. La phase complémentaire qui s’est ouverte depuis le 17 juillet et qui durera jusqu’en septembre pour les candidats qui n’ont toujours pas de réponse devra apporter des propositions aux bacheliers aujourd’hui sans affectation et sera déterminante pour ces futurs étudiants.
Il demeure malgré tout de graves inégalités d’accès à l’enseignement supérieur tant du fait de l’origine sociale, géographique et de l’autocensure comme le montre bien notre rapport. La réussite de tous dépend d’une orientation choisie et d’un accompagnement personnalisé, c’est pourquoi l’orientation doit devenir une matière à part inscrite dans l’emploi du temps des élèves

Nathalie SARLES et Régis JUANICO
Députés de la Loire

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