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Par Sylvain BEGON

Personne n’en parle et pourtant le Grand Oral du Bac, l’oral du brevet et l’oral de français sont des épreuves qui auront lieu au mois de Juin. Trois épreuves orales dans un Bac et un brevet marqués du sceau du contrôle continu, de quoi laisser présager de l’importance de l’oral dans notre société, et désormais dans le système scolaire lui-même. Les épreuves cette année du Baccalauréat sont avant tout des épreuves orales.

Et cela coïncide parfaitement avec l’urgence de rétablir les liens sociaux que le COVID-19 et les mesures de restrictions sanitaires ont brisés. Cela coïncide aussi avec les impératifs sans cesse plus pressants, de promouvoir une éducation qui permet de former des hommes et des femmes capables de vivre en société, sans violence, avec civisme et respect des lois, principes et valeurs de la République. Autant dire qu’il s’agit là des fondements de ce que l’on appelle le Pacte Républicain.

Or, l’oralité est un moyen particulièrement efficace de parvenir à cette construction du citoyen, et ce notamment à l’école. Apprendre à débattre plutôt qu’à se battre, apprendre à respecter la parole de l’autre, à échanger avec lui, l’écouter, faire de sa différence une force qui nous rassemble plutôt qu’un prétexte à l’exclusion, être capable d’argumenter plutôt que d’insulter ou d’énoncer de simples opinions sans preuve, être capable aussi de réfléchir non pour soi-même mais pour tous les autres, exister en tant que sujet et s’universaliser dans l’intérêt général, toujours recherché.

Voilà ce qu’est à mon sens une éducation à la prise de parole en public qu’il conviendrait de faire exister et de développer sur nos territoires.

Voilà comment en quelques mots, l’oralité nous amène sur le chemin de la citoyenneté.
Et pourtant, personne n’en parle, personne ne propose rien alors que les deux actualités médiatiques et scolaires sont ardentes !

Vous trouverez ici une première piste que j’expérimente dans les faits et l’éducation, en tant que coordinateur du « pôle de l’oralité » dans un lycée de St Chamond, mais aussi en tant que doctorant au laboratoire Max Weber, dans les idées et la science, dans le cadre de ma thèse : « l’éducation à la prise de parole en public, une éducation à la citoyenneté ».

Les élus de la République et tous les citoyens, encore plus dans cette période électorale doivent pouvoir s’interroger, en conscience, sur ces enjeux éducatifs et citoyens, qui sont d’ailleurs au cœur des compétences départementales et régionales. Il serait temps de développer la prise de parole en public dans l’enseignement, de travailler à sa pédagogie en lien avec les notions d’éthique, de valeurs républicaines, de raison, d’émancipation, de tolérance… Le débat est maintenant sur la table.

Et si l’éducation à la prise de parole en public permettait de ressouder la République ?