L’association Ocivélo organise ce samedi 12 mars une balade urbaine à vélo

Balade femmes & filles & Compagnie ce samedi 12 mars à 15h, départ place de l’Hôtel de Ville.

Pédaler en tenue de ville, voire bien habillée, c’est affirmer que le vélo est un bel outil moderne, d’autonomie et de mobilité efficace pour toutes et tous.

Les enjeux de cette « Balade femmes et filles et Cie à Vélo » du 12 mars 2022 :
OCIVELO avec son groupe de travail « Femmes et vélo » a souhaité mettre en avant, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, l’impérative nécessité de réduire les inégalités de genre qui touchent la mobilité, par exemple la moindre occupation de l’espace public par les femmes
Ce qui n’est pas le cas actuellement, notamment avec la pratique du vélo, encore réalisée par 2/ 3 d’hommes sportifs

La non parité des femmes en vélo : un miroir des inégalités de la société
– L’impact de l’éducation (d’après les travaux de David Sayagh).

Dans nos sociétés, l’éducation est encore différenciée tant dans les familles qu’à l’école, avec valorisation des activités extérieures pour les garçons et socialisation sexuée pour les filles, avec moins d’efforts physiques, moins de risques physiques, moins de sorties à l’extérieur. Le vélo est considéré encore, comme un sport masculin, dangereux, et pratiqué à l’extérieur.

Or les femmes pratiquent leurs exercices physiques plutôt dans l’espace intérieur (gymnastique, danse, yoga… Il a été noté que des petites filles apprenaient à faire du vélo, plus tardivement que les garçons et sur des espaces exigus (cour, terrasse voire balcon). Cette ségrégation genrée se perpétue également dans les jouets et dessins animés pour enfants : Vélos avec roulettes pour garçons

L’adolescence, une période clé où l’influence des pairs est forte (d’après les travaux de D Sayagh) :
A cette période, le processus social est plus sexué, avec un durcissement des normes pendant la puberté et l’influence grandissante des pairs.

http://www.gillescharles.fr/qui-se-souvient-que-le-1er-velo-est-ne-a-saint-etienne/

Les garçons développent le goût de l’effort physique qui valorise leur masculinité, et ce phénomène est plus marqué chez les garçons en échec scolaire dans les quartiers politique de la ville qui s’affirment fortement avec le goût du risque. Les filles sont plus retenues à la maison, elles font leurs devoirs, passent du temps à soigner leur corps, à éviter les efforts, sont plus sollicitées pour les tâches domestiques et elles sortent moins la nuit. Culturellement, elles sont dissuadées d’aller dans un lieu inconnu.

Les filles ont des pratiques plus solitaires et sont peu enclines à occuper l’espace public.
Les injonctions sexuées sont très fortes avec les pairs, pendant l’adolescence. Les filles recherchent l’esthétique, elles sont dans l’entre soi féminin. A l’adolescence, ce sont souvent les premières expériences de harcèlement sexuel.

A l’âge adulte, selon Chris Blache, les femmes ont peur de se lancer en vélo, si adolescentes, elles n’en ont pas fait. Pourtant le clivage sexué du vélo est moins fort à l’âge adulte car les femmes se préoccupent de leur santé et de l’environnement. Elles travaillent moins loin du domicile que les hommes. Mais elles connaissent des chaînes de mobilité plus complexes : accompagnement des enfants, des personnes âgées, courses… alors que les hommes réalisent plus des trajets pendulaires.

Par ailleurs, les femmes ont moins d’opportunités à recourir à des moyens de transport comme les scooters, les motos, les voitures. Et le manque d’infrastructures sécurisées n’encourage pas les femmes. Avec du trafic avec forte vitesse, elles ont peur de s’aventurer sur des itinéraires inconnus.

La tenue vestimentaire des femmes est souvent perçue comme peu compatible avec la pratique du vélo, avec notamment la question de la transpiration qui nuit à l’image vestimentaire.

http://www.gillescharles.fr/qui-se-souvient-de-lhistoire-des-velos-hirondelles/

Le vélo : une véritable chance pour les femmes
Le vélo présente d’énormes avantages : il est économique, il apporte une grande autonomie et un grand sentiment de liberté. Ce sentiment de liberté, de sécurité et d’autonomie est très fortement ressenti chez les femmes. Comme le soir et la nuit, les espaces publics ne sont pas toujours sécurisants pour elles, elles peuvent choisir le vélo comme alternative au TC ou à la marche à pied. En journée, elles peuvent mieux assurer leurs nombreuses tâches, grâce à la souplesse et l’efficacité procurée par le vélo.
Le vélo partagé ou vélo en libre-service- VLS offre de la simplicité : pas de crainte du vol, pas besoin d’un garage pour le vélo. La densification des stations sur tout le territoire reste toutefois à améliorer.

De l’urgence d’aménager la ville par et pour les femmes
Les statistiques urbaines sont très claires : Plus la part du vélo est élevée sur un territoire (Pays Bas, Allemagne …), plus il y a la parité cycliste. Et les femmes sont nombreuses à pédaler quand elles se sentent à l’aise dans les espaces publics et qu’elles ont participé à l’amélioration des aménagements urbains.
Les balades exploratoires à vélo avec des femmes sont des sources très précieuses d’observations sur les insuffisances des aménagements urbains.
Dans certains territoires, les femmes testent des groupes à vélo non mixtes. Il existe aussi des ateliers non mixtes de réparation ou des vélos écoles non mixtes
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Voilà pourquoi ces balades « Femmes, filles et Cie » sont si essentielles, pour encourager les femmes à pédaler et à s’affirmer sur l’espace urbain. Le vélo est encore associé à l’image des coureurs du Tour de France, sportifs et jeunes. De nombreuses femmes disent encore « le vélo n’est pas fait pour moi ! ». OCIVELO est convaincu qu’il s’agit là de stéréotypes qui peuvent évoluer, grâce notamment à ces actions « Femmes et filles »

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