La fausse démission de Gaël Perdriau

La fausse démission de Gaël Perdriau. Tout ça pour ça !
Le 7 décembre, le maire de Saint-Etienne avait accordé une interview avec embargo au Progrès et à l’agence France Presse. Pendant de longues minutes, l’élu a mis en avant son rôle de victime d’un complot. Le néo-Stéphanois a mis en cause Laurent Wauquiez qui serait soucieux de l’éliminer de la sphère politique. Hier 8 décembre se tenait le dernier conseil métropolitain de l’année. Cette séance avait été précédée de plusieurs déclarations d’élus politiques de bords différents, tous demandant la démission du président de l’intercommunalité.

De son côté, le président avait préparé avec soin sa fausse sortie. Très vite agacé par les critiques, il a lu à l’assemblée une déclaration de « retrait total » et de transmission des pouvoirs à Hervé Reynaud, manifestement surpris. Et fier de lui, il est rapidement sorti et s’est précipité vers sa voiture pour ne pas répondre à la presse.

Dans la foulée, Hervé Reynaud a organisé un vote à bulletins secrets qui a donné un résultat clair. 61% des élus présents ont voté en faveur de la démission du président. Plusieurs élus ont dit ne plus avoir confiance en lui. C’est avec une certaine maladresse que ses derniers soutiens se sont exprimés à travers les voix de MM Berger et Chassaubéné.

Ce retrait n’a aucune valeur juridique et complique toujours la crédibilité de l’institution. Gaël Perdriau est l’objet de deux plaintes pour chantage et diffamation. Une fois encore, le nom de Perdriau a été repris par toute la presse nationale. Et pas vraiment pour redorer l’image de Saint-Etienne !

Un vrai conseil métropolitain.
Le débat autour de la démission du président a fait prendre un retard considérable aux différents dossiers à l’ordre du jour.
Parmi les principaux sujets de l’ordre du jour, il fut question des déchets. La collectivité est en retard par rapport au national. Une augmentation de la redevance spéciale sur l’extension des consignes du tri a été votée à la satisfaction des élus verts. En matière de déploiement industriel, la métropole a approuvé un schéma régional de développement économique, d’innovation et de réindustrialisation. Dans les points importants, il faut aussi question de la crise de la Cité
du design , de son déficit abyssal, du départ de son directeur et de l’attitude des présidents successifs de la structure, MM Perdriau et Chassaubéné.

Les élus attendent des précisions sur la gestion financière et sur le fiasco de la filiale commerciale. Il fut aussi question de l’indemnité de départ du directeur de cabinet qui  s’élève au total à plus de 34 000 euros payés par le contribuable.

Le courage des proches de Gilles Artigues.
Lors du conseil municipal stéphanois du 28 novembre, un public nombreux se pressait dans la salle des délibérations. La police municipale a même dû évacuer un bruyant soutien du maire. Parmi ce nombreux public se trouvait Claire-Marie Artigues, jeune étudiante en journalisme, entourée de sa fratrie et de deux de ses tantes.

Très émue, le jeune fille s’est successivement confiée à l’Essor 42 et au Progrès. Lors du précédent conseil municipal, elle s’était jointe aux manifestants avec une pancarte demandant la démission du maire. La jeune fille a déclaré qu’il lui fut difficile d’être en face « de gens qui ont pourri la vie de l’homme qui nous est le plus cher au monde« .

Elle est indignée par les propos tenus par le maire sur son père. Elle souhaite que la justice fasse son travail et que « les personnes concernées aillent en prison ».