Jules Ledin une rue mais surtout un Maire stéphanois

Tous ces noms que l’on entends, parfois que l’on peut découvrir en levant la tête, et derrière une histoire une vie parfois stéphanoise.

Né le  à Saint-Étienne (Loire) et décédé le  à Saint-Étienne. Jules Ledin est le fils d’un tisseur de velours et d’une tailleuse, lui-même passementier, il est syndicaliste, militant socialiste, secrétaire de la Bourse du travail de Saint-Étienne de 1892 à 1895 avant de devenir conseiller municipal. Conseiller municipal de Saint-Étienne en 1895, il est maire de 1900 à 1906, et député de la Loire de 1906 à 1910, inscrit au groupe des socialistes parlementaires.

En novembre 1901, il tenta, en vain, d’éviter l’expulsion des anarchistes italiens Sante Ferrini et de son cousin Umberto Lombardozzi.

À la demande de sa mère et de son oncle Jean-Marie Fontvieille, 57 ans, lui-même veloutier, Jules Ledin reprit alors l’atelier familial de passementerie en velours, bien qu’il eût appris le métier d’armurier. Le 8 octobre 1892, il épousa à Saint-Étienne, Béatrice, Antoinette Janisson, couturière née le 16 août 1872, fille d’Antoine, boucher, et de Marie Paris, ménagère. Le 5 juin 1897, le couple a eu une fille, Marie Georgette, Blanche.

C’est vers 1886 qu’il commença à militer au sein du syndicat de la passementerie ; en 1889, il devint son secrétaire, conduisit une campagne pour l’augmentation des tarifs et proposa l’indexation des salaires sur les bénéfices patronaux ; il alla également avec Tardy, Laurent Crozier entre autres, représenter les groupes stéphanois du velours au congrès international ouvrier de Paris, où il s’était déjà rendu en 1887 pour étudier le fonctionnement de la Bourse du Travail.

En 1888, il avait participé au renouveau du Parti ouvrier, œuvre de Laurent Crozier, désormais assez fort pour se démarquer nettement des anarchistes et surtout des radicaux de la municipalité Girodet ; le groupe, fondé en 1881 après le IIe congrès de la fédération socialiste, était, malgré son appellation, particulièrement imperméable au guesdisme, et, sans y adhérer formellement, très influencé par le possibilisme. Ledin, sans doute le militant le plus intelligent, d’après le préfet, bon orateur, honnête et laborieux, ne tarda pas à s’imposer à une formation qui correspondait parfaitement à ses propres conceptions de lutte.

Dans la dernière séance de son premier mandat (22 avril 1904) Ledin défendit sa gestion financière et vanta les chantiers occupant 400 ouvriers sans travail, les efforts réalisés pour soutenir le tramway « malgré la défaveur dont les transports en général ont été l’objet ces dernières années ». Il mit en avant la réalisation de la nouvelle Bourse du Travail cours Victor Hugo et celle du pavillon d’urgence de la rue Saint-Roch. Il insista sur l’ouverture de classes maternelles nouvelles, la création de cantines scolaires, de patronages et de nouveaux cours au Conservatoire de Musique. Les dépenses pour l’Assistance publique avaient augmenté, des améliorations avaient été apportées aux services de l’Hôpital et de la Charité. Ledin termina en s’adressant à ses compagnons de lutte depuis 20 ans : « Le Conseil municipal a tenu à donner une preuve d’intérêt aux travailleurs en aidant les syndicats ouvriers à envoyer des délégués à leurs congrès corporatifs et en accordant des subventions à des sociétés coopératives ouvrières de production ».

Lorsqu’il était à la tête de la minorité socialiste Jules Ledin avait fortement critiqué ce projet et qu’il fit porter l’essentiel de sa campagne victorieuse en 1900 sur le thème du gouffre financier que représentait le projet du Lignon. Mais les travaux étaient trop avancés pour qu’il lui fût possible de revenir en arrière quand il devint maire. Sa volte-face, entraîna la rupture au sein de la nouvelle majorité et empoisonna la vie municipale pendant les six années de sa magistrature. Guesdistes et possibilistes en vinrent même aux mains avec les réformistes, sous les yeux de Jean Jaurès, à l’occasion de l’inauguration du nouveau bâtiment de la Bourse du Travail, cours Victor-Hugo, en février 1904.

En raison des frictions qu’il vécut et des injures qu’il reçut qu’en 1905, Jules Ledin refusa l’unité des socialistes à laquelle travaillait Jean Jaurès. Resté fidèle à Aristide Briand, il participa à la vie et à l’action d’une fédération autonome ralliée aux indépendants et qui groupait, vers 1910, les neuf dixièmes du socialisme de la Loire. En 1906, toujours maire de Saint-Étienne, il fut son candidat aux élections législatives dans la 2e circonscription et élu au second tour député par 8 166 voix contre 6 410 au candidat progressiste. Refusant le cumul, il abandonna le fauteuil de maire à son premier adjoint, Auguste François Plantevin qui fut élu par le conseil municipal le 29 juillet 1906. À la Chambre, Jules Ledin s’inscrivit au groupe socialiste et accomplit consciencieusement son travail parlementaire. À l’élection législative suivante, le 24 avril 1910, la candidature SFIO de Ferdinand Faure ne lui permit d’arriver qu’en troisième position derrière le radical-socialiste Antoine Durafour qui, grâce aux désistements des deux socialistes concurrents, put l’emporter au second tour. Une fois de plus, le scrutin avait été dominé par la lutte fratricide des socialistes stéphanois.

Le 20 avril 1914, la ville de Saint-Étienne organisa pour Ledin des funérailles imposantes. Le cortège gagna le cimetière Saint Claude où la municipalité avait décidé d’offrir à la famille Ledin une concession à perpétuité. Le 29 février 1920, une délibération du Conseil municipal présidé par Louis Soulié attribua le nom de Jules Ledin à la partie de l’ancienne rue de Montaud reliant les rues Grand Gonnet et Bourgneuf. En effaçant cette dénomination, le 21 janvier 1941, la délégation spéciale de Vichy rangea Ledin, mort en 1914, parmi les responsables de la défaite de juin 1940. La dénomination fut rétablie le 9 novembre 1944.

 

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