Gestion de l’eau potable : le conseil de développement de Saint-Etienne Métropole ne sera pas saisi

Cette décision engagera à nouveau notre territoire pour de longues années, sur un sujet qui va s'avérer de plus en plus problématique dans un avenir proche.

Suite à l’intervention d’Isabelle DUMESTRE, Conseillère métropolitaine, sur la question du mode de gestion de la distribution de l’eau potable.

COMMUNIQUÉ

Gestion de l’eau potable : le conseil de développement de Saint-Etienne Métropole ne sera pas saisi

Lors du conseil de Saint-Etienne Métropole de ce jeudi 3 décembre a été adoptée la délibération arrêtant la composition et les modalités de consultation du Conseil de développement 2020-2026.

A cette occasion, nous avons proposé d’intégrer dans le programme annuel de saisines pour 2021 de cette instance, sorte de « conseil économique, social et environnemental » à l’échelle de la Métropole, la question du mode de gestion de la distribution d’eau potable.  Le contrat de délégation de service public de la gestion de l’eau potable avec la Stéphanoise de l’Eau arrivant à échéance en septembre 2022, il apparaît souhaitable d’utiliser le temps qu’il reste pour avoir une réflexion approfondie et éclairée.

Malheureusement, Gaël Perdriau a balayé cette proposition en invoquant le fait qu’il présenterait en janvier prochain les conclusions d’un bureau d’études qu’il a mandaté sur le sujet.

Il nous semble incompréhensible de ne pas saisir le conseil de développement qui a vocation à constituer « un relais des points de vue de la société civile » sur les « réponses aux enjeux majeurs du territoire dans le développement économique, le développement durable et l’accompagnement social », et dont la composition recouvre bien les différents acteurs intéressés au premier chef par cette question.

La question du mode de gestion de l’eau potable doit d’autant plus faire l’objet d’un vaste débat public que SEM s’est engagée en juillet dernier à contribuer à l’ »atteinte des objectifs ambitieux de développement durable fixés par l’ONU à l’horizon 2030 et qui nécessitent la mobilisation de tous : Etats, collectivités territoriales, entreprises, associations, usagers et la définition d’une vision cohérente et globale pour la Métropole ». Or l’eau est justement le 6ème des 17 Objectifs de développement durable (ODD) retenus par les Nations Unies. Le refus de Gaël Perdriau est en totale contradiction avec l’engagement qu’il a lui-même porté l’an dernier en saisissant le Conseil de développement de SEM de cette question.

Très concrètement, pour les habitants de la Métropole, la question de la gestion de l’eau est un enjeu central car elle aura un impact sur :

  • la tarification = une régie publique est 15% moins chère pour l’usager ;
  • la qualité du réseau = pour obtenir une baisse de tarifs, Gaël Perdriau a dû concéder à la Stéphanoise une diminution du taux d’investissements obligatoires sur le réseau, alors que le taux de fuite reste trop élevé à 9,41%.
  •  la possibilité d’associer les usagers-citoyens pour construire les réponses à apporter à la problématique de la préservation de cette ressource aussi vitale que fragile.

Quelles que soient les compétences professionnelles de ce bureau d’études, sa vision ne saurait suffire pour éclairer les élu.e.s métropolitain.e.s qui auront à faire un choix fondamental. Cette décision engagera à nouveau notre territoire pour de longues années, sur un sujet qui va s’avérer de plus en plus problématique dans un avenir proche. Les quatre années consécutives de dure sécheresse que vient de traverser notre département est là pour nous le rappeler : l’accès à l’eau ne doit plus être considéré comme un acquis !

Au-delà de la saisine du conseil de développement, nous souhaitons d’ailleurs qu’un grand débat public, accessible à tous les habitant.e.s de la Métropole, soit ouvert.