Les Dalgabio, une histoire stéphanoise

Pierre-Antoine (l’oncle) et Jean-Michel (le neveu) Dalgabio redessinent et reconstruisent Saint-Etienne de la Révolution au début des années 1830 :  une histoire stéphanoise.

La structure de la ville est résultat du travail de deux architectes italiens : les Dalgabio.

Alors que nous apporté les Dalgabio ?

Pour comprendre le travail des Dalgabio, il faut remonter avant la Révolution.

Saint- Etienne malgré ses 18000 habitants et encore une grosse bourgade qui a du mal à s’extirper de ses fondements ruraux même s’il y a un vrai dynamisme économique avec 3 activités fondamentales le ruban mais la fabrication des armes et tout ce qu’on appelle la clinquaille qui sont des produits issus de la métallurgie dont l’implantation est ancienne à Saint-Etienne. Cependant ce développement économique est entravé par l’enclavement de la ville. Dès les années 1770 les élites locales ont réclamé au  seigneur de Saint Priest une nouvelle route de Roanne à Annonay ces demandes sont restées vaines, car ce sont les couvents situés au sud la ville qui bloque le projet, mais avec la révolution tout change.

Qu’est-ce qui change à la Révolution ?

Pas la situation administrative ! Saint-Etienne n’est qu’un chef-lieu de district, la préfecture reste à Montbrison. Mais c’est la nationalisation des biens du clergé et leur mise en vente qui change la donne. Au départ, pour les élus, il s’agissait d’étendre l’espace urbain tout en permettant aux quelques dizaines familles solvables d’acquérir des terrains bien situé et de bonne taille. Et pour conduire à bien ces travaux la ville décide de recruter un architecte voyer. Alors un architecte-voyer, c’est l’homme à tout faire de la vie urbaine.

Et la ville recrute Pierre Antoine Dalgabio.

Oui et ce choix est décisif ! PA Dalgabio est un architecte italien présent dans la ville depuis une vingtaine d’années, il est né dans le Piémont en 1748, mais les Dalgabio sont présents dans le Forez depuis longtemps déjà. C’est un homme imprégné de culture néo-classique. Il voit bien au-delà du projet des élus, il veut tracer la ville du futur. Il propose aux élus en 1792, un plan en damier. Ce plan dessine trois rues parallèles à la route nationale de Roanne et quatre perpendiculaires délimitant ainsi 12 îlots de 130 mètres par 50. Le développement de Saint-Étienne va désormais s’organiser autour d’un axe nord-sud, la Grand Rue. Saint-Etienne est désormais orientée Nord-Sud. En quelques années, la ville aura fait un quart de tour… phénomène tout à fait particulier dans l’histoire de l’urbanisme.

Quelles sont les conséquences ?

Elles ne sont pas immédiates. Elles vont devenir visibles au cours de la première moitié du XIXème, Mais c’est dans une ville désenclavée, dégagée de sa gangue rurale  que pourront se développer les industries du futur. Pensons en particulier au sud de la ville qui va accueillir dans le quartier du Marais, les aciéristes, Bedel et Barroin. Au quartier de la Chaléassière qui va accueillir Leflaive par exemple. Au XIXe siècle, tout l’urbanisme de la ville est modelé dans la logique de ce plan.

Vous avez parlé des Dalgabio, il y en a d’autres.

Qui ont travaillé à Saint-Etienne, oui au moins un : Jean Michel Dalgabio.

Il  est né le 15 septembre 1788 dans un modeste bourg des Alpes piémontaises. Orphelin très jeune, il vient apprendre auprès de son oncle, Pierre Antoine, les rudiments de l’architecture. Il complète sa formation en suivant les cours de Delespine à l’école des beaux-arts de Paris, et termine sa formation à l’académie des beaux-arts de Brera à Milan.

Comment vient il travailler à Saint-Etienne ?

En succédant à son oncle, il devient, en 1805, architecte de la ville.  Sa collaboration avec Hippolyte Royet, qui occupa les fonctions de maire de 1819 à 1830 est exemplaire. D’abord, il poursuit l’œuvre de son oncle en ouvrant la route d’Annonay. Ensuite, il conçoit les plans de plusieurs bâtiments qui façonnent encore notre paysage. Deux sont particulièrement marquants :

            – L’Hôtel de ville qui se présente comme un quadrilatère centré sur une cour à péristyle. Entre 1858 et 1864, la construction est complétée d’un dôme de 51 mètres de haut venant remplacer le campanile prévu par Dalgabio, et d’un perron.

            – Le Palais de justice, édifice néo-classique, dont on peut encore admirer les colonnes « à la grecque ».

Que nous reste -il des Dalgabio ?

Ces deux architectes italiens ont grandement contribué à la structure du Saint-Etienne d’aujourd’hui. Jean-Michel est décédé en 1852.  Quatre-vingts ans après l’arrivée de son oncle à Saint-Etienne, la bourgade s’est transformée en une ville de soixante mille habitants. L’oncle et le neveu méritaient bien de recevoir le nom d’un boulevard, entre la gare de Chateaucreux et la place Fourneyron.

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