Crise du COVID-19 : il faut un plan de relance d’un milliard d’euros pour soutenir notre agriculture et préparer l’avenir

Communiqué de Jean-Claude TISSOT, Sénateur de la Loire, relatif à la nécessité d’un plan de relance pour soutenir et préparer l’avenir de notre agriculture.

Dans le cadre de la cellule « Agriculture et alimentation » de la commission des affaires économiques du Sénat, mon collègue Franck Montaugé a coprésenté le 4 juin dernier un rapport tirant un bilan de l’impact de la crise du COVID-19 sur la filière alimentaire et agroalimentaire.

L’un des enseignements majeurs de ce rapport est que si notre agriculture a fait preuve d’une relative solidité durant cette crise, il ne faudrait pas en conclure qu’elle n’a pas été impactée : filières saisonnières très touchées, baisse des cours des matières premières, amputation des débouchés avec la fermeture de la restauration collective ou encore difficultés à trouver de la main d’œuvre saisonnière.

A ce titre, elle doit donc bénéficier, comme d’autres secteurs, d’un plan de relance spécifique. L’agriculture est en effet un secteur stratégique essentiel pour notre pays. La majorité de nos partenaires l’ont bien compris avec des plans de relances massifs : 16 Mds d’euros aux Etats-Unis, 4,7 Mds d’euros au Japon, 1 Md d’euros en Pologne ou encore 650 M d’euros aux Pays-Bas… La réponse de l’Union européenne n’est, elle, pas à la hauteur des enjeux avec seulement 80 M d’euros débloqués, soit un peu moins de 8€ par exploitation.

Aussi, avec mes collègues du groupe socialiste et républicain, nous demandons au Gouvernement la mise en œuvre rapide d’un plan de relance spécifique – à hauteur de 1 milliard d’euros a minima – pour notre filière agricole et agroalimentaire afin de préserver la compétitivité de nos exploitations.

Ce plan devra se traduire notamment par la création d’un mécanisme de compensation des pertes de production pour les filières les plus touchées, des aides au stockage et à la distillation ainsi que des exonérations importantes de charges sociales pour les plus impactés.

L’ampleur de la crise sanitaire actuelle et son caractère inédit ont également mis en exergue les faiblesses en termes d’autonomie alimentaire de notre modèle actuel. Ce plan devra donc également préparer l’avenir en s’attachant à relocaliser certaines de nos productions, mobiliser la commande publique pour valoriser le Made In France, accélérer les transitions agricoles et renforcer la résilience de nos exploitations. Des mécanismes de sur amortissement ou de crédit d’impôt visant à réduire les coûts des investissements nécessaires à la réalisation de ces objectifs devront être pensés.

L’absence d’un plan de relance agricole français d’envergure mettrait à mal la compétitivité de notre agriculture face à des partenaires économiques qui, eux, en bénéficient déjà. En outre, elle démontrerait une forme de désintérêt du Gouvernement pour une filière française d’excellence dont la préservation apparaît aujourd’hui plus que jamais vitale.

 

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