Bellevue : comment un hôpital a transformé la ville stéphanoise

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois par manque de culture nous ignorons l’existence….Mais aussi des faits qui ont marqués l’Histoire Stéphanoise.

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois par manque de culture nous ignorons l’existence….Mais aussi des faits qui ont marqués l’Histoire Stéphanoise. Il fait parti de notre équipe de bénévole pour nous rejoindre gillescharlesinfos@gmail.com

13 décembre 2020 : Bellevue : comment un hôpital a transformé la ville.

En 2009, l’hôpital de Bellevue a cessé d’être l’hôpital central de Saint-Etienne. Il a cédé sa place à l’hôpital nord situé à l’autre extrémité de la ville.

Le premier hôpital stéphanois, dit Hôtel-Dieu, devait se situer près de la Grand’Eglise, rue de la Ville, avant son transfert au Pré-de-la-Foire, actuelle rue Saint-Pierre, en 1515.

Cette seconde adresse correspond en une maison d’un étage sur rez-de-chaussée possédant un jardin à l’arrière. Suite à une épidémie de peste, on se rend vite compte que la maison est insuffisante pour accueillir tous les malades. L’Hôtel-Dieu reçoit de nombreux dons dont celui de Jeanne Roussier en 1640 et on peut réfléchir à un nouveau bâtiment.

Après quatre ans de démarches, des terrains et bâtiments ont été achetés sur les emplacements actuels du Grand-Hôtel, Hôtel des postes, avenue de la Libération, jusqu’à l’église Notre-Dame. Les bâtiments sont disposés autour d’une cour rectangulaire dont l’un des petits côtés est en façade sur la rue Violette. Très vite, peu après la Révolution, son agrandissement et même son déplacement sont envisagés.  En effet, Saint-Etienne est une ville en pleine expansion, notamment au XIXe siècle, et les autorités doivent faire face à de nouvelles préoccupations en matière d’hygiène.

Deux lieux sont proposés, Patroa[1] mais les Houillères s’y opposent car le terrain contient du charbon et Bellevue. Le 18 février 1889, le maire Émile Girodet signe un arrêté nommant les 15 membres d’une commission chargée d’étudier le déplacement de l’hôpital.

Le 27 juin 1892, la municipalité Tardy demande à Léon Lamaizière et au Docteur Chavanis de présenter un avant-projet d’après les plans pré-établis à Bellevue. Le 20 août, une nouvelle commission est nommée pour le choix du lieu de construction. Après plusieurs réunions, c’est le site de Bellevue qui obtient le plus grand nombre de suffrages.

Les travaux ont lieu entre 1895 à 1900. La structure est pavillonnaire : l’hôpital est construit à l’image d’un quartier de 100 000 m², composé de bâtiments répartis symétriquement par rapport à un espace libre et central. Vingt-six pavillons (les bâtiments d’administration, de malades, des services généraux et secondaires, la Chapelle, les dépendances …) sont disposés autour de la cuisine, bâtiment central, sur un rayon de 100 m.

Le lotissement est régulier avec des allées rectilignes et régulières. Le pavillon d’entrée et les bâtiments de l’administration sont placés dans l’axe. L’entrée, soignée car visible depuis l’extérieur, est monumentale et l’inscription « Hospices civils » est gravée sur son fronton.

La brique rouge et la pierre blanche sont utilisées dans les constructions. Ces nouveaux bâtiments suscitent la curiosité et on vient parfois de loin pour les visiter.

Le président de la République, Félix Faure, en visite à Saint-Étienne l’inaugure le 29 mai 1898. Au cours de la cérémonie, Louis Chavanon, le maire, affirme que : « la municipalité a compris ce qu’elle devait à tous ceux que la maladie conduira dans cet asile de souffrance. Elle a voulu leur assurer, dans une plus large mesure qu’hier, une assistance plus en rapport avec les besoins de cette grande cité ouvrière, plus en rapport avec les progrès de la médecine et de la chirurgie ».

Le déménagement, gigantesque et fastidieux, dure quatre mois : matériel, fournitures et… malades ! La Ville a construit un nouvel hôpital. En échange, les Hospices civils cèdent le tènement abandonné. L’Hôtel-Dieu est démoli pour permettre le percement de l’avenue du Président Faure[2], devenu nécessaire pour le développement de la ville à l’est. Des bâtiments prestigieux, dont certains de style art nouveau, vont être construits dans les années 1900 et l’endroit devient le lieu d’habitation de la bourgeoisie.

En délocalisant son hôpital, Saint-Étienne a pu réaménager son centre-ville et entrer ainsi dans le XXe siècle. En 1970, les Hospices Civils prennent le nom de Centre Hospitalier Régional de Saint-Étienne. Le 30 octobre 1972, le CHR devient Centre Hospitalier Universitaire grâce à la signature d’une convention avec la faculté de médecine. L’hôpital Bellevue devient insuffisant.

Il est décidé de construire un nouvel hôpital dans le nord de l’agglomération sur la commune voisine de Saint-Priest-en-Jarez, sur un terrain qui a été légué au CHU. C’est l’architecte Perrin-Fayolle qui est chargé de construire ce nouvel établissement. Le bâtiment sera une tour de huit étages, centré autour d’un plateau technique. La construction commence en 1978 pour finir en 1982. Il sera inauguré en janvier 1983. En 2002, il est décidé de centrer tous les services du CHU sur l’hôpital Nord.

[1] Près de Montplaisir.

[2] Actuelle Avenue de la Libération.

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