Application StopCovid : Une opposition ferme à un outil incomplet et liberticide

Communiqué de Jean-Claude TISSOT, Sénateur de la Loire, relatif à la déclaration du Gouvernement au Sénat à propos des innovations numériques dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Depuis les premières annonces du gouvernement sur le projet d’une application numérique, j’ai fait part, à de multiples reprises, de mes doutes sur cet outil inefficace et dangereux. En cohérence, j’ai voté contre la déclaration du Gouvernement au Sénat relative aux innovations numériques dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19, ce mercredi 27 mai.

L’efficacité en matière de lutte contre l’épidémie et le respect des libertés publiques sont les principales problématiques. A ce sujet, dès le mois d’avril, nous avions demandé un débat parlementaire sur cette application et insisté sur le nécessité d’un avis de la Cnil sur le projet. Cet avis, rendu le mardi 26 mai, est certes globalement positif mais il contient néanmoins des réserves importantes à prendre en compte.

Si depuis plusieurs semaines, des réponses ont pu être apportées sur tel ou tel choix techniques, force est de constater que des zones d’ombres subsistent encore, notamment sur la sécurisation et la conservation des données.

La réponse à la crise sanitaire que nous traversons ne peut pas se trouver intégralement dans une application de traçage numérique. Ce dont nous avons besoin, face à cette épidémie, c’est de masques, de tests et d’une véritable reconnaissance de tous ceux qui sont restés en « première ligne » durant toute la crise sanitaire.

Or, encore aujourd’hui, les ruptures de stocks pour le matériel médical sont régulières et les tests ne sont pas généralisés. Les personnels des hôpitaux ou des établissements médico-sociaux, ainsi que leurs proches, n’ont pas encore tous été testés. Nombreux sont les EHPAD où les personnels n’ont pas été dépistés, avec comme simple justification l’absence de décès ou de personnes contaminées au sein de la structure.

Comment justifier l’utilité d’une telle application alors même que les personnes qui ont été en contact direct avec l’épidémie ne sont pas testées ?

Tout au long de l’examen des précédents textes sur les mesures d’urgence, nous nous sommes, avec mes collègues du groupe socialiste et républicain, attachés à maintenir l’équilibre entre libertés publiques et utilité dans la protection sanitaire collective. Par notre vote négatif, nous considérons aujourd’hui que le gouvernement n’a pas convaincu sur cet équilibre essentiel.

A titre personnel, je continuerai de dénoncer, avec détermination, tout type d’outil mettant en cause nos libertés fondamentales.

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