Les Halles Municipales vont devenir Gourmandes en 2020

C’est avec une certaine hâte que nous attendons de découvrir de nouvelles saveurs sur le cours Victor Hugo..

Pour cette véritable expérience gustative qui nous attend, Stéphanois et tous les autres, les Halles Mazerat, situées dans le quartier des Ursules, vont retrouver leur fonction : un lieu gourmand et chaleureux qui respire la convivialité. 30 commerçants et producteurs locaux vendront leurs produits sur 1 500 m².

De la charcuterie aux fromages, en passant par les huîtres : on en a les papilles toutes frissonnantes à l’idée de goûter les produits du terroir. Les Halles Mazerat devraient devenir un lieu de vie incontournable pour tous les Stéphanois où chacun pourra, en plus de faire son marché, boire un verre ou manger de bons produits locaux sur place. Ce que l’on fait dans de très nombreuses veilles françaises.

L’ancien quartier des Gauds était occupé par des maisons de teinturiers et buandiers le long du Furan marquées par la vétusté et l’insalubrité. Un premier projet de régénération porté par l’architecte Exbrayat est avorté après la construction d’un seul immeuble et de l’actuelle place Waldeck-Rousseau. Le cours Saint-André (actuel cours Victor Hugo) est créé sur la couverture du Furan en 1859.

Sur les parcelles restées libres, les particuliers construisent des immeubles de différentes hauteurs et la ville édifie des équipements de commerce (Halles) et de culture (École de dessin et Palais des Arts) donnant une toute nouvelle teinte à la vie du quartier.

L’édifice est construit en 1869 sur un terrain du couvent des Ursulines, don des religieuses à la ville. Sa construction répond au souhait de la municipalité de créer un lieu couvert pour la vente des marchandises périssables et l’accueil des commerçants non sédentaires.

Marcel Mazerat, ancien architecte de la ville, est chargé de l’élaboration des plans et du suivi du chantier. Les façades sont constituées de persiennes en bois positionnées sur des châssis métalliques créant des fermetures à claire-voie. A l’origine, les halles comportent 91 boutiques et compartiments et deux ventes à la criée, instaurées dès 1884. Le fonctionnement repose sur le principe des enchères, les produits sont vendus à haute voix et à prix bas. Une criée aux poissons a été installée, puis une criée à la viande et aux produits de boucherie. En 1936, la municipalité met en vente une partie des locaux réservés à la Criée. Pendant quatre ans le locataire est autorisé à vendre des produits de poissonnerie à cet endroit.

Le règlement général des abattoirs et des marchés aux bestiaux est modifié en avril 1940. Le texte change les jours d’ouverture, d’inspection des abattoirs.

Le bâtiment a été maintes fois modifié et modernisé au fil du temps. En 1880, une horloge en lave du Vésuve est installée sur un des frontons, la toiture est réparée en 1926. Une opération plus large de réfection est entreprise en 1935, suivie de travaux de couverture en 1939. En 1949, un dépôt d’ordures est créé pour des raisons de sécurité sanitaire.
Le 9 avril 1961, un incendie endommage gravement l’édifice. Il est à l’origine de la vaste opération de modernisation qui se déroule entre 1964 et 1966, comprenant l’installation d’un monte-charge et la transformation des façades. Ces dernières présentent désormais un soubassement en briques vernies et une robe en aluminium laqué bleu dans sa partie supérieure. Des portes vitrées à fermeture automatique sont installées aux ouvertures.
Une grande restauration est entreprise en 1988 visant à redonner aux halles leur architecture d’origine avec l’objectif de remettre en valeur le style Baltard du bâtiment. A l’intérieur, la disposition des bancs est revue et corrigée et les installations rénovées.

Pour améliorer le fonctionnement commercial du site, l’espace intérieur est réaménagé en 2001 par la suppression de l’îlot central. En effet, un nombre important de stands de vente restant inoccupés, la suppression d’une partie de ceux-ci permet d’assurer une meilleure perception des stands en activité.
Malgré tout, la concurrence des supermarchés se fait rude et en 2002 on ne compte plus que 11 commerçants. En 2006 les trois derniers commerçants quittent les halles qui ferment leurs portes. Rachetées par le groupe Casino, elles reprennent vie en 2007, avec l’installation d’un supermarché aux côtes des commerces indépendants (une boulangerie, une boucherie-charcuterie et une brasserie).
Le contrat d’occupation des halles qui lie Casino à la ville est arrivé à échéance le 31 décembre 2018. Des travaux de requalification sont en projet pour transformer le bâtiment en halles gourmandes avec la présence de 20 ou 30 commerçants sur le modèle du Mercado da Ribeira de Lisbonne ou du Borough market londonien. (infos Archives Municipales de Saint-Etienne).

L’entreprise basque Biltoki va investir 5 millions d’euros et s’occupera d’animer et de gérer cet espace. Des événements hebdomadaires seront également organisés autour de la gastronomie. L’architecture du bâtiment sera respectée pour conserver son authenticité. Ces halles vont permettre la création d’une centaine d’emplois.

Après une importante période de travaux, l’ouverture est prévue courant 2020. Le lieu sera ouvert du mardi au dimanche.

 

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