Jules Janin le prince des critiques

C’est si souvent que nos voitures roulent sur le boulevard Jules Janin, mais combien sont ceux qui savent que ce stéphanois est né à Saint-Etienne le 16 Février1804 et mort à Paris le 19 Juin 1874.

C’était un écrivain et un critique dramatique français, journaliste il travail notamment à la Revue de Paris, à la Revue des deux Mondes, au Figaro et à la Quotidienne. Il fut parmi les fondateurs de la Revue de Paris et du Journal des Enfants. Il se fait connaître en 1827 avec le roman L’Âne mort et la femme guillotinée. La Confession en 1830, un peu moins profond, mais au style encore plus remarquable, et Barnave en 1831, où il attaque la famille d’Orléans, finissent d’asseoir sa réputation.

Entre-temps, il entre comme critique au Journal des Débats où il reste quarante ans. Son autorité le fait surnommer « le prince des critiques ».

Il fut candidat malheureux à l’Académie en 1863 contre Dufaure, en 1864 contre Camille Doucet et Autran, onze tours de scrutin ne purent donner un résultat et l’élection fut renvoyée à l’année suivante : en 1865, il fut battu par Prévost-Paradol. Bien qu’il fût soutenu par Mme de Rothschild, Jules Janin ne pouvait obtenir une majorité à l’Académie qui le trouvait trop voltairien et trop orléaniste, il publia alors son Discours de réception sur les marches du pont des Arts, en déclarant qu’il ne se présenterait plus aux suffrages de l’Académie.

Après la détente qui se produisit en 1869-1870, l’Académie pensa à lui, et sans qu’il renouvelât ses visites, elle l’élut le 7 avril 1870, le même jour qu’Émile Ollivier, en remplacement de Sainte-Beuve, il fut reçu par Camille Doucet le 9 novembre 1871.

Une étude sur Jules Janin accompagnée d’une bibliographie a été publiée par Alexandre Piédagnel (son secrétaire) en 1874.

Pour les critiques rigoureux du xixe siècle, le nom de Jules Janin est synonyme de négligence et d’opportunisme dans l’exercice du métier d’homme de lettres.

Partisan déterminé de la monarchie de Juillet, fort richement payé et très sûr de lui, il sait user et abuser des pouvoirs qu’une presse en plein essor confère aux feuilletonnistes et aux critiques. D’une belle absence de principes, il ne défend les romantiques contre les traditionalistes (Nisard) que pour mieux les attaquer ensuite. Ce bavard, aimé du public louis-philippard, passe à l’époque pour brillant et plein d’humour. Pourtant, la collection de ses feuilletons publiée sous le titre d’Histoire de la littérature dramatique est aujourd’hui peu lisible, de même que les autres œuvres de cet intarissable polygraphe, auteur d’essais historiques.

le meilleur recours de Jules Janin contre l’oubli est d’avoir suscité l’une des plus justes fureurs de Baudelaire en 1865. Après avoir lu un article où « le prince des critiques » tançait Heine pour sa mélancolie et proposait la joyeuse humeur de Béranger en modèle à tous les poètes, Baudelaire écrivit le projet d’une Lettre à Jules Janin, que les progrès de la maladie l’empêchèrent d’achever et de publier mais qui reste l’un des textes capitaux pour la compréhension intime du romantisme : « Vous êtes un homme heureux. Je vous plains, Monsieur, d’être si facilement heureux. Faut-il qu’un homme soit tombé bas pour se croire heureux !

Son acte de naissance, consultable sur le site des Archives départementales de la Loire [archive], daté du « vingt-huitième jour du mois de pluviôse an douze de la République », indique qu’il est né « le jour avant hier », soit le 26 pluviôse an XII, donc le 16 février 1804. Plusieurs sources indiquent des dates différentes ; le site de l’Académie française, par exemple, indiquant qu’il est né le 4 décembre 1804.

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