Lutte contre les épisodes caniculaires, le défi est complexe

La France et la ville de Saint-Etienne viennent de connaître un épisode caniculaire précoce, d’une intensité comparable voire pire que celui de 2003, imposant à l’ensemble des pouvoirs publics de prendre des mesures pour atténuer les effets des fortes chaleurs.

Ainsi, la Ville de Saint-Etienne a rapidement communiqué sur des mesures de bon sens pour pallier les effets de la chaleur : ouverture d’un registre des personnes vulnérables, ouverture de salles climatisées dans les résidences pour personnes âgées, mise en place d’une ligne téléphonique dédiée, distribution de brumisateurs aux écoles et aux crèches, etc.

Mais, nous le savons, la communauté scientifique et les experts du climat sont unanimes, ces phénomènes météorologiques sont amenés à se reproduire et à s’amplifier dans les années qui viennent, notamment en milieu urbain où les bâtiments et les sols
artificialisés se transforment en « îlots de chaleur ».

Des dispositions existent pour tenter de circonscrire les effets de ces passages caniculaires, particulièrement en direction des publics les plus faibles ou les plus exposés.
Il est ainsi possible d’améliorer le quotidien des Stéphanois en allongeant exceptionnellement les horaires d’ouverture des piscines, réponse rapide, simple et peu onéreuse aux vagues de chaleur que nous connaissons. De même, nous proposons d’ouvrir les parcs, jardins et bibliothèques municipales plus tardivement, afin de permettre à nos concitoyens de souffler et de sortir aux heures les plus propices de la journée.

Néanmoins, la récurrence présente, et surtout à venir, de ces épisodes impose de se placer dans une posture préventive et non plus seulement curative. Aussi, de nombreuses villes en France et en Europe ont mis en place des dispositifs dits d’ « îlots de fraicheur » pour endiguer l’accumulation de chaleur par le béton et le bitume.

Les villes supportent en effet bien plus mal que les campagnes ces épisodes de fortes chaleurs. Les écarts de température entre une métropole et sa plus proche campagne peuvent atteindre 10°C un jour de canicule. L’intensité des activités humaines qui se jouent en ville et la modification de la nature des sols qu’implique l’urbanisation expliquent en partie ces écarts.

Aidées d’architectes, d’urbanistes et de start-ups, de nombreuses villes se préparent à combattre ces îlots de chaleur urbains : en débitumant, en végétalisant, mais aussi en utilisant leur réseau d’eau ou en intégrant les couloirs de vent dans la planification urbaine. Les villes vont devoir se réinventer. Le défi est complexe.

Toulouse ou Paris ont d’ores et déjà pris les devants en expérimentant la végétalisation des cours d’école, que ce soit au sol ou par l’intermédiaire de « parasols végétaux », des « canopées urbaines » naturelles conçues à partir de plantes grimpantes.

Comment envisagez-vous de préparer Saint-Etienne à la récurrence et à la montée en puissance des épisodes caniculaires, pour favoriser le mieux-être des Stéphanois qui, pour certains, vivent dans des habitations qui deviennent de véritables fournaises
durant la période estivale ?

Myriam ULMER
Pierrick COURBON

Partager cet article :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *