Pas de fusion-absorption pour les musées stéphanois

Communiqué des Conseillers municipaux d’opposition Myriam ULMER et Pierrick COURBON au sujet de la fusion du Musée d’Art et d’Industrie et du Musée de la Mine.

A l’occasion de la Nuit des Musées, les personnels du Musée de la Mine et du Musée d’Art et d’Industrie étaient en grève. Ils entendaient dénoncer le rapprochement opéré du Musée de la mine, avec le Musée d’Art et d’Industrie, deux entités majeures du patrimoine culturel stéphanois désormais gérées par une direction unique.

Il appartient au Maire de répondre aux questions légitimes de nos agents relatives aux répercussions de cette mutualisation quant à l’organisation du travail (gestion des plannings, travail sur deux sites, etc.). Aussi, nous ne positionnons pas notre propos sur ce plan, qui relève du dialogue social.

En revanche, nous nous interrogeons, en tant qu’élus, et en tant que citoyens, sur le signal envoyé par le projet de fermeture au public du Musée de la Mine, le lundi après-midi, et au report de l’ouverture à 10 heures, au lieu de 9 heures, le matin. C’est une réduction de service indéniable, difficile à comprendre alors que l’un des enjeux consiste
justement à développer l’accueil d’un public encore plus nombreux : il est toujours difficile de faire plus de visites quand on ouvre moins.

Si le principe même d’un rapprochement peut s’entendre, dans la mesure où il pourrait permettre à la fois une mutualisation des moyens et une coopération gagnant gagnant entre les deux structures, nous ne voudrions pas que ce qui est présenté comme un simple rapprochement se transforme en définitive en une opération de fusion absorption, qui se ferait au détriment de l’un des deux musées, en l’occurrence celui de la Mine.

Cela reviendrait à renvoyer la mine et son histoire comme étant, en fin de compte, “un pan parmi d’autres” de l’histoire industrielle de notre ville, au même rang que l’industrie textile, celle du cycle ou encore l’armement.
Or, la mine est beaucoup plus qu’une simple illustration de l’activité économique stéphanoise. Elle est intimement liée à l’histoire toute entière de Saint-Etienne, son urbanisme, ses valeurs morales, ses travailleurs venus d’ici ou d’ailleurs. C’est toute cette histoire sociale, et en particulier la figure laborieuse du mineur, qui est mise en valeur au
Musée de la Mine, alors que le Musée d’Art et d’Industrie fait, quant à lui, la part belle aux objets, aux produits, plus qu’aux mains qui les ont conçues et fabriquées.

C’est pourquoi il nous semblerait opportun de cultiver la différence et la complémentarité entre ces deux musées, plutôt que de chercher à en gommer les spécificités au prétexte d’une simple recherche d’économies.

Myriam ULMER
Pierrick COURBON

 

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