Rendez-vous avec Jessy William auteur

Né un mercredi 10 février de 1999, autant dire que Jessy William est un jeune homme et que, constatant seulement vingt été vécu : il se peut qu’il ne connaisse pas tout à la vie. Et pourtant il pense qu’il ne faut pas (obligatoirement) vivre des décennies pour avoir ce qu’on appelle le “Vécu.”

Né un jour d’hiver : lorsqu’il respire pour la première fois cette air que vous-même respirez, il s’est mit à neiger sans pouvoir s’arrêter. À Redon, le 10 février 1999.

Et comme il est auteur d’une cinquantaine d’ouvrages – nouvelles – romans – poésies – théories il a décidé de se raconter…

J’ai grandis au quartier du port avec mes cousins et mon ami d’enfance, Andy, Marvin, Dominique, tout les trois nous apprenions ce qu’était être enfant, essayant de se sentir plus grand qu’on l’était : c’est ce qu’on nous enseigne. Mon père et ma mère se sont séparé quand j’avais trois ans : mon père ayant reçu l’éducation à l’ancienne : les seuls souvenirs qu’il me reste de mon enfance vécu avec lui sont l’odeur de l’alcool et les pleures, mais aussi le son de la guitare, et du rock and roll.

Je sentais en lui une profonde tristesse mais aussi un espoir énorme, à vouloir s’en sortir “Enfant malheureux devenu père.” La souffrance blesse, et les blessures créer des monstres, il était blessé durant un temps. Ma mère elle : essayait seulement de subvenir aux besoins de ses quatre enfants qu’elle devait élever seule, je me souviens de chaque repas qu’elle a su nous offrir, à chaque heure où l’homme mange, ainsi que ces jouets, nous n’avons manqué de rien, car on savait ce qu’était d’avoir le nécessaire. Mes souvenirs de mon enfance, celle qui me manque : Je me souviens de cette innocence et de mon père dormant à la rue, il nous souriait : j’ai su ce qu’était être un “Homme” mourir en silence et ne rien dire de plus qu’un sourire, sauver la seule chose qui nous reste : l’honneur. Ayant cette enfance réservée, je n’avais pas beaucoup d’ami, ni à l’école et ni en dehors, je n’arrivais pas à être compris, à qui la faute ? Je préférais courir, fuir (…) Quelque chose.

J’étais l’enfant mal habillé “Celui que l’on traite de mal élevé.” Et pourtant je me rappelle de l’odeur de la viennoiserie que ma mère m’offrait chaque fois qu’elle m’attendait à la sortie de l’école : une allumette aux pépites de chocolat, et aussi de son sourire, dans le noir nous aurions pu la voir, l’étoile de minuit. Je courais vers elle l’air idiot, ce qu’il y a de drôle est qu’on se sent en sécurité juste à voir cette femme au loin. On se dit que : rien ne peut nous arriver. Nous rentrions de l’école se tenant la main, parlant de nos journées passées. J’avais huit ans. Je ne faisais pas réellement mes devoirs, en ce1 j’étais tout le temps puni, une enseignante de l’ancienne école qui savait se faire respecter, infligeant aux enfants du 21e siècles l’éducation du 19e. C’était vrai, ça fonctionnait et je suis devenu très bon élève jusqu’en 6e. Je ne voyais plus mon père, depuis mes huit ans et que ma soeur est venue me chercher : me sauver de ses mains, moi perdu en un démon pleurant l’enfance oubliée, on courait jusqu’à chez ma mère. Je l’ai évité durant huit ans. En 6e, ce fut la chute : enfant perdu mélangé à l’évolution de la première décennie et ce dans le bain de foule rocambolesque de la jeune société : Je traînait seulement avec mon ami d’enfance et puis un nouveau était de notre “Nouvelle bande.” Mais je n’étais pas comme eux : Je n’étais rien de plus que “l’enfant mal élevé.” Je portais seulement les fardeaux d’une enfance torturée.

Et ça n’a été avec le temps. Critiqué, humilié et parfois frappé, je cachait tout : Je ne disais rien. Je ne voulais pas être faible, alors j’ai noyé ma souffrance dans l’alcool et la drogue : traînant avec des “amis souffrant” tout comme moi. Je ne voyais plus ma mère. J’ai quelque peu fui mes repères, lorsque nous sommes au plus bas, alors on continue d’aller plus bas. C’est ainsi, c’est “la loi.” Un verre de trop, une bouteille vide, un médicament, une plaquette : ce fut une tentative de suicide. Un trou noir, un long tunnel : la vision de la mort fut un chemin jusqu’à l’hôpital, et l’épanouissement en l’évanouissement de plusieurs jour m’a conduit en psychiatrie. J’avais quinze ans. Je me rappelle encore de l’odeur de désinfectant dans cette chambre fermée de l’extérieur, ou encore les cris derrières cette porte, je me rappelle de cette fenêtre et de ces barreaux. Je me rappelle de tout. C’est là-bas que j’ai vu la folie prendre le contrôle d’une âme de douze ans, d’un sourire envolé, d’un regard vide. C’est là-bas que j’ai vu le bras en sang, ce sang coulant par terre et c’est aussi là-bas que j’ai vu le suicide prendre la vie des enfants. J’ai seulement vu la souffrance, le passage de l’enfance à l’adultère en perdant un être : l’innocence. Quand je suis sorti de pédopsychiatrie, je suis resté chez moi, me tournant les pouces.

Je n’ai rien fait de plus que me poser des questions. Qui sommes-nous ? J’ai cru devenir fou. Éduqué par la “généralité, nous, perdu dans le mensonge d’une image à devoir donner.” Je me suis dis qu’il fallait être monsieur tout le monde. Alors, déscolarisé, j’ai tenté de devenir plombier, ou maçon (…) Menuisier. Je n’ai pas pu tenir, ce n’était pas la vie que je voulais. J’avais quelque chose au fond de moi, une voix, et tandis que je regardais des biopic du genre J. Edgar, Franck W. Abagnale Jr ou encore Howard Hughes, Thomas Wolfe (…) J’ai découvert la philosophie, du moins, le sens propre de celle-ci, car j’ai découvert que nous étions tous philosophe à notre façon. Chacun a sa vision à proprement parlé et résigné par notre passé, quoi que l’on souhaite découvrir davantage chaque jour par ce que la vie à nous offrir : nous sommes sur le moment ce que la vie a fait de nous.

J’étais le résultat de mon passé, la preuve de mon vécu se voit dans mon regard. Perdu en exil durant six mois, j’ai eu le cran d’aller voir mon père et de lui pardonner, parce que j’avais compris pourquoi. Pourquoi avait-il fait le mal : Parce que lui-même souffrait et que, étant perdu dans cette sombre introspection sans réponse, notre âme crit “Au secours” du mieux qu’elle peut. Il a fait le mal élevé par le mal. J’ai aussi repris les cours en seconde. Et c’est là que j’ai vu : qu’en six mois d’exil face à moi-même, introspection approfondie et philosophie comme seul mode de vie, cherchant sans cesse ces fameuses réponses, j’avais beaucoup plus appris qu’en treize années de scolarisation. Il m’a fallu seulement un mois pour passer à la classe supérieure, mais aussi trois mois seulement, pour être envahit par les démons de mon passé. On peut tenté de fuir, on peut essayer d’oublier ou même se persuader d’avoir pardonné : tant que nous n’avons pas fait face à nos plus vieux démons, nous ne serons plus jamais capable d’être en paix avec soi-même, et notre conscience deviendra notre pire ennemie. Incapable de vivre avec soi. Incapable d’aller de l’avant. Perdu dans le néant noir, j’ai fini écroué en maison d’arrêt, puis en semi liberté. C’est là que j’ai été confronté à moi-même et ce véritablement : enfermé en cette pièce de 9m c, j’ai dû faire face à mes pires démons, à mon passé et mes regrets.

Pleuré de l’enfant, haine de l’adulte. Je suis redevenu enfant, et j’ai vécu mon adolescence en boucle durant trois mois. Je n’ai rien eu de plus que l’écriture, pour divulgué cette peine, faire sortir cette haine. Me retrouver seulement le temps d’un soir, et sentir mon corps en la sueur de ces mots. J’écrivais jusqu’à saigner des doigts, jusqu’à avoir les yeux asséchés, jusqu’à ne plus pouvoir toucher un crayon durant une semaine. J’écrivais qui j’étais, mon enfance et toutes les raisons de mon cœur, et c’est là que j’ai compris pourquoi j’avais autant souffert en ma courte vie. Mon âme a été libérée le 18 juillet 2017 à 09h30. Je suis libéré, je laisse beaucoup dans ma cellule, Jessy Lyon reste en prison, mais l’écrivain qui était avec moi, lui, est sorti de cette cellule.

Après cela, j’ai repris les cours en première, j’ai sauté cette classe en deux semaines, alors j’ai fais une terminale L. Je suis venu au monde le 10 février 1999, autant dire que je suis écrivain depuis 20 ans 2 mois et 30 jours, car nous ne choisissons pas d’être un homme de lettre : tout comme on ne choisit notre destiné lors de l’innocence, quand le seul dieu que l’on possède est ces visions sur un monde vu d’en bas. Deux ans plus tard, j’ai sorti mon autobiographie retraçant mon histoire, je suis auteur d’une cinquantaine d’Ouvrage – Nouvelles – Histoire – Poésie – Roman, je tourne un film qui retrace mon enfance, et je m’apprête à passer à la télé et au figaro. Seulement parce que je crois en moi. Parce que je sais que je suis le seul dieu de ma destiné, et parce que j’ai des rêves.

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