Une biennale stéphanoise : vite fait, mal fait

Question orale déposée par Myriam ULMER et Pierrick COURBON au nom du Groupe Nouvelle Gauche.

Comme tous les Stéphanois, nous nous réjouissions du retour de la biennale du design.
Pendant un mois, elle représente l’opportunité pour notre ville d’exposer à l’international comment elle puise dans son histoire industrielle l’inspiration pour la création de demain. Elle est aussi l’occasion pour les habitants de Saint-Etienne de découvrir et se questionner au sujet des enjeux du design. Enfin, au moins en théorie.

« Programmation floue, expositions incompréhensibles, discours bien-pensant… La Biennale internationale design Saint-Etienne, jusqu’au 22 avril 2019, se voulait ambitieuse et accessible. Au final, seuls quelques événements intéressants surnagent dans un ensemble bien décevant. »

Ces mots, ce sont ceux du magazine Télérama qui résument peut être de manière crue, ceux que beaucoup de visiteurs, mais surtout beaucoup de Stéphanois, pensent tout bas.

Nous avons cette année une biennale au titre faussement moderne « Me You Nous ».
Mais il aurait fallu plus que quelques anglicismes pour en masquer les défaillances.
Cette biennale se voulait pourtant « l’affaire de tous ». Celle, enfin, de l’appropriation par le plus grand nombre de son intérêt culturel et économique au service de notre territoire. Il s’agissait de faire du design « un objet grand public ».

Bref, on attendait une biennale populaire, au sens noble du terme, et nous avons une édition, pour citer encore Télérama, « farci[e] d’anglicismes, [aux explications qui] frisent le jargon technocratique ».

Aussi, faute de pouvoir mettre en scène une politique qui réussit, les communicants qui travaillent pour la Ville de Saint Etienne, ont fait le choix d’un habillage moderniste avec un langage qui se veut dans le vent du libéralisme anglo-saxon.

La lecture de Télérama devient d’autant plus intéressante qu’elle interroge et apporte des pistes de réponses sur l’origine de ces « ratés ». Le journaliste évoque ainsi : « les équipes [qui] déplorent ouvertement le choix de la Chine comme partenaire, se plaignent des pressions politiques de la mairie, des dissensions internes ». « Des pressions », voilà un terme qui revient régulièrement dans la bouche de ceux, qui croisent le chemin de l’équipe municipale.

Plus largement, les Stéphanois sont en droit de questionner l’intérêt socio- économique réel du « design » et de ses outils opérationnels sur notre territoire, dans la vision que vous insufflez depuis le début de votre mandat. Si la création d’une « filiale
commerciale » évoquée par Thierry Mandon, nous semble une piste intéressante pour donner un nouvel élan à la Cité, votre bilan à la présidence du Conseil d’administration de l’Etablissement public risque d’être à l’image de cette biennale, « bâclé ».

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2 thoughts on “Une biennale stéphanoise : vite fait, mal fait

  1. Je partage en grande partie l’analyse de Télérama
    Moi-même Designer j’ai participé à la 1ère Expo Design en Rhône Alpes en mars 1970 donc bien avent la mise en place de la Cité du Design La définition du Design dans ce catalogue était:
    L’industrial Design est une active créatrice dont le but est de déterminer les qualités formelles des objets produits industriellement. Ces qualités formelles ne concernent pas seulement les caractéristiques extérieures, mais principalement les rapports des structures et des fonctions qui convertissent un système en une unité cohérente tant au point de vue du producteur et du consommateur
    L’industrial Design embrasse tous les aspects de l’environnement humain qui sont conditionnés par la production industrielle
    Actuellement j’expose à la Galerie Giardi 27 rue de la République “50 ans de Créativité Design
    Des exemples concrets sont présentés
    Marcel Ramond Designer d’origine stéphanoise….

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