Alerte : Des micros dans les rues stéphanoises, la réalité rattrape la fiction

Des micros dans les rues stéphanoises : les élus du groupe « Nouvelle Gauche » lancent l’alerte en Conseil municipal

A l’occasion des débats du Conseil municipal du 11 février portant sur les opérations de renouvellement urbain dans les quartiers de Beaubrun et de Tarentaize, nous avons évoqué nos craintes quant l’installation prochaines de micros dans certaines rues stéphanoises.

Ces micros sont présentés comme devant suppléer aux limites de la vidéosurveillance. Ils auraient en effet pour vocation de permettre d’orienter les caméras vers les bruits suspects, comme un choc entre deux véhicules, une détonation mais aussi un « cri ». Si nous n’avons jamais douté, contrairement au Maire, des limites de la vidéosurveillance, nous préférons miser sur l’humain pour garantir la sécurité de nos concitoyens, plutôt que faire le choix de l’escalade technologique.

Si ce projet, pudiquement dénommé « serenicity » et porté par la société éponyme, s’inscrit dans le cadre plus global du développement d’une « smart city », une ville connectée utilisant les technologies pour « améliorer » la qualité des services urbains ou encore réduire leurs coûts, nous lançons l’alerte quant aux dangers potentiels d’une telle société de la surveillance.

On ne peut éviter, évidemment, de penser au 1984 de Georges Orwell. Publié il y a tout juste 70 ans, il nous mettait en garde contre la société de la surveillance qu’un pouvoir totalitaire pouvait installer grâce à la technologie. Aujourd’hui, il semblerait que la réalité puisse rattraper la fiction.

Bien sûr, les responsables de la start-up qui développe ce projet assurent que les conversations ne seront pas enregistrées et que la CNIL a validé que seule la « signature acoustique » puisse être détectée. Mais voilà donc demain dans les rues stéphanoises un
système qui, une fois mis en place, pourrait évoluer au gré des envies ou des « besoins » du pouvoir en place. L’espace public pourrait devenir, du jour au lendemain, un lieu dans lequel l’anonymat et la confidentialité ne seraient plus garantis.

Les données collectées dans les rues seront en outre la propriété de la collectivité qui finance ! Quand nous demandions au Maire de Saint-Etienne plus d’écoute de ses concitoyens, ce n’est clairement pas de cela dont nous parlions !

Quelle sera la prochaine étape ? Le patron de la start-up promouvant cette expérimentation possède également l’entreprise stéphanoise qui fabrique… les flash-balls !

Aussi, chacun pourra imaginer la logique intellectuelle qui préside à une telle avancée technologique. De toute évidence, il ne s’agit pas simplement d’écouter le chant des oiseaux !

Au regard de toutes les inquiétudes que suscitent ce projet, nous avons demandé au Maire de Saint-Etienne de nous indiquer quelles garanties de préservation des libertés individuelles encadrent cette expérience et quelle information il comptait donner aux Stéphanois pour qu’ils sachent dans quelles rues ces micros seront installés, afin que personne ne puisse être surveillé à son insu. Nous avons également exigé l’avis complet de la CNIL.

Sans avoir de réponse précise à ces légitimes interrogations, nous avons simplement compris que le Maire avait formulé une demande d’autorisation au Ministère de l’Intérieur, sans réponse à ce jour (« on verra s’il l’autorise »). Rappelons que contrairement aux affirmations du Maire, l’usage de ces micros ne s’inscrit pas dans le même cadre juridique et réglementaire que celui des caméras de vidéosurveillance.

Myriam ULMER
Pierrick COURBON

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