Régis Juanico évoque les revendications des stylos rouges sur le pouvoir d’achat lors des Questions d’Actualité au Gouvernement

Régis Juanico évoque les revendications des stylos rouges sur le pouvoir d’achat et les conditions de travail lors de la séance de Questions d’Actualité au Gouvernement, qui demande à la communauté éducative de faire « silence dans les rangs »

J’ai interrogé le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, lors de la séance de Questions d’Actualité au Gouvernement, pour dénoncer le manque de reconnaissance de la communauté éducative dans le projet de loi « école de la confiance ».

À l’instar du mouvement des stylos rouges, de nombreux enseignants et personnels de l’Éducation nationale attendaient une loi de reconnaissance mettant en place des moyens humains et du pouvoir d’achat supplémentaire, afin d’améliorer concrètement leurs conditions de travail et celles des élèves.

En réponse à ces légitimes attentes, le gouvernement acte la suppression de 3 500 postes de moins dans le second degré, la suppression de nombreuses classes dans les territoires ruraux, déjà inquiets des projets de regroupement écoles-collège dans le cadre des établissements publics des savoirs fondamentaux, et le gel des rémunérations des personnels. Pourtant, dans le premier degré, les professeurs des écoles sont parmi les moins bien payés en Europe : 1 436 euros nets par mois en début de carrière et 1 800 euros au bout de 10 ans d’ancienneté à Bac +5.

L’inutile article 1 a été perçu comme une volonté de mise au pas de la communauté éducative dans sa capacité à exercer sa liberté d’expression.
De même, le CNESCO, créé il y a cinq ans seulement dans la Loi de refondation de l’école, est remplacé par le conseil d’évaluation de l’école (CEE) : une instance ministérielle sans les mêmes garanties d’indépendance et d’impartialité scientifique.

Trop de dispositions de ce projet de loi renvoient au gouvernement en lieu et place du Parlement au moyen des ordonnances, comme, par exemple, sur la nouvelle organisation des académies ou des Conseils Départementaux de l’Education nationale, sans compter les 22 décrets d’application prévus dans les 25 articles du projet de loi.

Les enseignants n’attendent pas des proclamations ou des mesures à portée symbolique, comme la présence de drapeaux dans les classes, alors que celle-ci est déjà obligatoire au fronton de chaque école depuis la Loi de 2013. Par contre, ils attendent des mesures sonnantes et trébuchantes pour améliorer leur quotidien.

La confiance à l’école ne se décrète pas, encore moins dans un projet de loi, qui se caractérise par sa verticalité Jupitérienne.

Régis JUANICO
Député de la Loire

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