Les Couramiauds : Antoine Pinay l’inventeur du Nouveau Franc

Le 1er janvier 2019 l’Euro a fêté ses 20 ans, finalement tout le monde a bien pris en main cette nouvelle monnaie européenne. Bien plus simple que ce discours dans les années 70 ou une certaine partie de la population parlait encore des anciens francs ou quand mon grand père me donnait une pièce de 10 francs, il me disait tient voila 1000 balles…

Le passage du nouveau franc date du  qui voit l’adoption du plan Pinay-Rueff, ce nouveau franc fut parfois appelé franc Pinay et, plus rarement, franc de Gaulle. L’abréviation en était « NF » et figurait sur tous les titres de paiement. Le 1er janvier 1960 sont mis en circulation les nouvelles pièces et billets.

Pour la génération d’aujourd’hui l’histoire de ce président du conseil, (1er ministre de l’époque), doit paraitre très lointaine pourtant Antoine Pinay reste un des grands hommes de la vie Politique Française. Né à Saint-Symphorien-sur-Coise dans le Rhône dans une famille de chapeliers, Antoine Pinay fait ses études chez les religieux, au collège mariste de Saint-Chamond.

Elu maire de Saint-Chamond en 1929 – mandat qu’il conserve jusqu’en 1977, conseiller général en 1934, député de la Loire en 1936, sénateur de 1938 à 1940. Antoine Pinay ne s’était pas directement dirigé vers la politique, ce n’est que vers la quarantaine qu’il devient le Maire de Saint-Chamond. C’était un Français moyen, un monsieur tout le monde. Il était plutôt destiné à rester un petit industriel dirigeant sa tannerie installé à Saint-Chamond. C’est d’ailleurs à partir de cette de petite ville de la Loire que va se construire sa carrière politique. Il est pourtant écarté de ses fonctions municipales entre 1944 et 1947 pour avoir voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940. Il retrouve son siège de député de 1946 à 1958 et préside le Centre national des indépendants et paysans. Après avoir occupé plusieurs ministères (Affaires économiques, des Travaux publics, Transports et Tourisme), il est président du Conseil (1953-1953) : en 1952, il lance un premier emprunt (1952-1958), garanti sur le cours de l’or et dispensé des droits de succession et de donation, qui est un succès. Faisant partie de la cohorte des ministres « non gaullistes », il devient ministre des Finances du général de Gaulle (de juin 1958 à janvier 1960).

Antoine Pinay voyait en de Gaulle un arbitre, seul capable d’éviter une guerre civile et s’est rallié alors à son investiture comme président du Conseil. Devenu président de la République, de Gaulle compte sur la popularité de l’homme au chapeau rond auprès des petits épargnants pour faire passer des mesures impopulaires prises dans le cadre du redressement économique. Nommé pour rétablir la confiance, il lance en 1959 un deuxième emprunt, exonéré des droits de mutation et indexé sur l’or qui rencontre un succès encore plus grand que celui de 1952.

Antoine Pinay pourtant très populaire auprès des Français ne s’est pas présenté aux élections présidentielles de 1965 et de 1969 comme certains représentants de la droite le lui demandaient : sa biographe, Sylvie Guillaume qui a publié en 1984 Antoine Pinay ou la confiance en politique, a recueilli les confidences de l’un des collaborateurs d’Antoine Pinay : “Il m’a expliqué que les gaullistes avaient menacé de sortir des dossiers impliquant Pinay dans des dossiers…..”

Antoine Pinay disait : J’ai toujours eu devant moi des problèmes qui intéressaient le pays et je m’en suis occupé sans me préoccuper de ma réélection et de mon avenir politique.

Jusqu’à sa mort, celui que l’on surnomme le « sage de Saint-Chamond » sera régulièrement consulté par de nombreux hommes politiques qui font appel à son bon sens et à son expérience. Il joue le rôle de conseiller, celui d’un « notable de province conservateur ».

infos : https://fresques.ina.fr/rhone-alpes/fiche-media/Rhonal00212/portrait-d-antoine-pinay.html

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