Un Maire à la Hauteur : Alexandre de FRAISSINETTE

Si en 2020 la bataille pour le chef de la Mairie Stéphanoise va recommencer, il y a un maire qui a profondément marqué de son emprunte la ville stéphanoise : Alexandre de FRAISSINETTE.

Journaliste à la Tribune Républicaine, de 1927 à 1937. Il avait rejoint comme avocat le barreau de Saint-Étienne, où il défendra en particulier le parti communiste, et la GGTU.

Né le 28 février 1902 à Palladuc dans le Puy De Dôme, sa famille appartenait à la noblesse auvergnate, les Brugerolles avaient ajouté le nom de la seigneurie de Fraissinette à leur patronyme. Son nom complet était Louis Alexandre Brugerolle de Fraissinette.

Durant l’occupation, il participe activement à la défense des résistants arrêtés, notamment lors du jugement des « terroristes de Saint-Étienne et de Lyon ». Son courage lui vaut d’être arrêté le 19 décembre 1943 à Saint-Étienne, d’où il est transféré à Compiègne, puis en Allemagne. Il est ainsi déporté à Buchenwald, en janvier 1944, à Mauthausen en février, puis à Güsen en avril. Il rentre en France le 19 mai 1945, très affaibli par dix-sept mois de détention.

Maire de Saint-Etienne pendant 17 ans, c’est l’artisan de la spectaculaire métamorphose de la ville dans les années 1950 à 1960. Il avait rejoint les rangs du RPF dès sa création, et remporté sous cette étiquette la mairie de Saint Etienne, en octobre 1947. Il occupera ce poste jusqu’à sa disparition, en 1964. Le 7 novembre 1948, il conduit la liste présentée par le RPF dans la Loire au Conseil de la République, et est élu au deuxième tour, par 624 voix sur 1 309 suffrages exprimés. Il sera aussi Sénateur de la Loire de 1948 à 1955.

Politiquement, il rompt avec le RPF lors des élections législatives du 17 juin 1951 : il figure en effet en quatrième position de la liste présentée conjointement par le MRP, l’UDSR, et les Indépendants et Paysans dans la Loire. En avril 1955, il est élu au Conseil général de la Loire, pour y représenter le canton de Saint-Étienne Nord-Ouest.

Pendant ses mandats se sont développés les quartiers de la Métare, la Marandinière, Beaulieu. De nombreuses écoles furent construites ainsi que des collèges et des lycées. Il obtint également l’implantation de l’enseignement supérieur. La ville a ainsi acquit 26 ha de terrains sur lesquels a depuis été construite l’Université. Il est aussi à l’origine du développement de la voirie à la sortie sud de la ville avec le percement du tunnel du Rond-Point et la construction de l’autoroute. On lui doit aussi l’amélioration de la distribution d’eau avec notamment, la construction de la station de traitement de Solaure.

Enfin pour la petite histoire des passionnés de l’ASSE…L’ASSE en Mai 1950, est au bord de la faillite elle accuse un déficit de 14 millions de francs. Il était de 12 millions l’année précédente et de 3 millions en 1947. Devant ces chiffres catastrophiques, le comité directeur, impuissant décide de démissionner. L’évidence s’impose alors à tout le monde. Sans aide extérieure, l’Association Sportive de Saint-Etienne, créée en 1933, est condamnée à la faillite. le club de football professionnel de Saint-Etienne est le fleuron de la ville et elle vient d’être désignée, ville la plus sportive de France en mai 1950. Sa disparition serait un véritable camouflet pour la politique locale, qui n’a eu de cesse de mettre en avant sa capacité à embellir un espace noirci par le charbon et les industries métallurgiques.

Avec le cycliste Roger Riviere

En juillet 1950, Alexandre de Fraissinette décide alors de convoquer un conseil municipal chargé d’étudier la question et inscrit à l’ordre du jour la possibilité de verser une subvention à l’ASSE. Malgré ses talents oratoires, il ne parvient pas à convaincre les élus et le conseil vote le refus d’accorder une subvention aux Verts. C’est plus ou moins l’arrêt de mort programmée pour le professionnalisme à Saint-Etienne.

Mais le maire reçoit l’aide involontaire d’un allié pour le moins étonnant. En effet, le 11 juillet, la ville de Lyon se manifeste publiquement en promettant de récupérer l’ensemble de l’effectif stéphanois pour créer sa propre équipe professionnelle qu’elle compte rapidement installer parmi l’élite. Ce qui n’aurait du être qu’un engagement à l’amiable, avec le minimum de publicité, est rapidement monté en épingle par Alexandre de Fraissinette, qui y voit là l’occasion de retourner la situation en sa faveur. Il a le soutien de Pierre Guichard avec lequel il s’est déjà arrangé pour obtenir de sa part la promesse de revenir à la tête du club à la stricte condition que la mairie prenne une grande partie du déficit à sa charge.

boulevard Alexandre de Fraissinette

Il décéde le 10 décembre 1964 à Saint-Étienne et nombreux encore, les gens témoin de cette époque vous diront que c’était un grand Maire.

infos : http://noms.rues.st.etienne.free.fr/rues/fraissinette.html, http://www.asse-live.com/affiche_vip0607.php?numero=12

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