Projet de prison en Loire sud : quand l’égoïsme territorial prend le pas sur l’intérêt général

Communiqué de presse commun de Mme Ramona GONZALEZ-GRAIL, Maire de La Talaudière, et de MM. Jean-Claude TISSOT, Sénateur de la Loire, Régis JUANICO, Député de la Loire et François ROCHEBLOINE, Député honoraire de la Loire, relatif aux récentes annonces concernant l’abandon d’un projet de nouvel établissement pénitentiaire en Loire sud.

Photo France 3 Loire

Alors que le projet de construction d’un nouvel établissement pénitentiaire en Loire sud, pourtant réclamé et attendu de longue date, vient d’être abandonné, nous déplorons l’absence de continuité républicaine dans la parole de l’Etat.

Sans doute le malaise est-il suffisamment grand pour que les élus mobilisés sur le sujet doivent se contenter de lire la presse pour demeurer informés. Cette méthode du fait accompli témoigne du peu de respect accordé par la Garde des Sceaux aux élus du territoire.

Contrairement à ce que certains affirment, un projet de nouvel établissement pénitentiaire en Loire sud avait bien été non seulement acté, mais également budgétisé, pour un montant total de plus de 70 millions d’euros.

D’aucuns peuvent s’interroger sur la pertinence du site de Saint-Bonnet-les-Oules. En revanche, l’ensemble des acteurs du monde pénitentiaire s’accorde sur le fait que l’état de la prison de La Talaudière rend aujourd’hui la situation inacceptable : un établissement vétuste, de plus de 50 ans, surpeuplé (140% d’occupation), et grandement insalubre, dans la mesure où il n’offre plus des conditions de travail satisfaisantes pour le personnel ni des conditions de détention décentes pour les prisonniers.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, rien ne semble rendre l’hypothèse d’une rénovation complète crédible. Au-delà de l’absence totale de chiffrage, alors qu’une réhabilitation d’envergure pour moderniser l’établissement sera sans doute extrêmement coûteuse, nul n’est en capacité de dire aujourd’hui où seraient déplacés les détenus et comment seraient redéployés les personnels exerçant à la Talaudière pendant la durée des travaux.

Quand bien même elle aurait lieu, cette réhabilitation complète ne changera en rien les problématiques liées à l’emplacement même de l’établissement talaudiérois, à proximité immédiate d’habitations, alors que les nouvelles prisons sont désormais parfaitement intégrées à leur environnement, avec des nuisances fortement réduites, comme en témoigne celle de Roanne.
La justice du XXIème siècle mérite mieux que des emplâtres sur une jambe de bois.

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