Rendez-vous avec Valère dessinatrice de talent

C’est par le plus grand des hasards que j’ai croisé la route de Valère et en apprenant qu’elle est dessinatrice et qu’elle a participé à l’aventure des nouvelles de Mai 68, j’ai voulu en savoir un peu plus…

 

Je lui demande comment elle se retrouve dans le livre “des nouvelles de Mai 68”

Ma collaboration avec Patrick Amand a commencé par un mail très cordial,m’invitant à rejoindre un équipage d’auteur.e.s conséquents pour illustrer un recueil de nouvelles sur Mai 68. Depuis, je ne cesse de le promouvoir avec joie et partage.

Si mes profs ont remarqué très tôt mon “coup de crayon”, je n’ai pas été poussée par mes parents. Bien au contraire. J’ai fait mes armes comme j’ai pu, en m’accrochant à des branches pas trop fracassées du bulbe. Grâce à mon grand-père (ex-résistant dans le groupe Manouchian et ex-brigadiste international en Espagne, “Un des pionniers!!” Dira notre collègue Patrick Amand), j’ai évité de me droguer et de tomber dans la délinquance. En effet, ma passion principale était de piller toutes les revues relatives à la vie de Madonna tandis que mon grand-père s’arrachait les cheveux pour me tirer de ma torpeur estivale en m’imposant les lectures communistes (je passais tous mes étés sur la côte d’azur et le communisme, c’était pas swag du tout!!) comme celles de Lénine sur la paix entre les peuples. Émue par tant de beauté, j’ai pris ma carte du parti. Non, je déconne. c’est ainsi que j’ai également pu éviter de devenir catholique au grand dam d’un parent intégriste mortifère. Mes parents, ces trimards de la vie industrielle, ont fait ce qu’ils ont pu pour nous élever (on est 11 quand même!!). Heureusement, j’avais toujours le droit d’aller à la fête foraine!

Bon, en BREF:

Valère a eu une enfance de merde et n’est pas née avec un crayon HB dans la bouche. Grâce au salaire ouvrier de papa, ses grands-parents lui ont rendu la vie plus belle parce qu’ils vivaient sur la côte d’azur. Alors, pas besoin d’écouter Bernard Lavilliers en lisant Fakir pour savoir et connaître la dureté de la vie.

Le plus important, c’est la résilience. Ne jamais abdiquer devant la médiocrité, le mépris social et la condescendance de tout bord, croire en ses rêves, tromper l’imposition sociale, rester “ado” le plus longtemps possible, tuer l’enfant qui est en soi, avancer naïf et conscient.
Ainsi, bac en poche, j’ai pu me tirer de chez mes darons et de mon quartier pour commencer la vraie vie: la fête, l’amour, les potes, la création, la bouffe, la sieste, les voyages, et surtout les études…En somme…tout ce qui est bon, joyeux et beau! Voilà.

Va savoir pourquoi, j’ai commencé à publier dans la presse franco-arménienne (Haratch, Nouvelles d’Arménie Magazine, Yevrobatsi.org) puis me suis tournée vers la presse française et internationale. CQFD, Fakir, Zélium, Z-Minus, la Mèche, Le Monde

Diplomatique, Fluide Glacial, Le Discriminologue, la Télé Libre, … ont publié mes dessins. J’ai même exposé à la B.N.F (Bibliothèque Nationale de France) à l’occasion des 50 ans de l’indépendance de l’Algérie (merci Lise Lentignac qui s’est battue contre la censure de mes dessins). Je dois mes deux premières expositions personnelles (Chez le Père Foura et à La Maison du Vélo à Caen) et un reportage tout mignon sur France 3 à l’agente artistique et interface L.S.F, Jen Marguet, rencontrée devant ma première fresque à Trouville pendant le festival de cinéma “Off Courts”! Là bas, le compositeur Benjamin Ribolet, les réalisateurs Hadar Reichman et Antony Gandais m’ont offert ce bijou fait en stop motion (réalisé en 2 jours quand même avec l’accent qui va avec). Alors vive le métissage intergalactique !!

Comme j’en ai marre d’être payée au lance~pierre dans la presse satirique (voir pas du tout ˆˆ), de contenter l’élite et de ne pas voir les gens rires, j’ai crée la Cartaroulotte (Objet Roulant Non Identifié) à partir d’un landeau des années 50 (j’ai tué mes enfants et à la place, j’ai crée une installation pour valoriser mon travail). L’objet existe depuis 1 an et ma foi, ça a bien cartonné en Bretagne dernièrement.

Franc succès. Plein de rencontres.

A part dire aussi des grosses conneries, je fais plein de dessins.

Je pense que je n’ai jamais été aussi sincère. On va dire que c’est l’effet Caïman. Par contre, c’est azimuté complet.

+ d’infos : Valere Dessineuse et illustratrice de presse
valere.over-blog.org
facebook.com/dessinsvalere/
instagram.com/valerecestmoi/

Rencontre du 16 Septembre 2018 sur un coin de table dans un bistrot de la fête de l’Huma, et puis c’est tout.

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