Firminy vert : le fruit d’une rencontre

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois par manque de culture nous ignorons l’existence….Pierre va également nous faire découvrir des histoires de Saint-Etienne sur la chaine Youtube….

Le site de Firminy vert, tel que nous le connaissons aujourd’hui est le fruit d’une rencontre entre deux hommes : Eugène Claudius Petit et Charles-Édouard Jeanneret-Gris, dit « Le Corbusier ». Le premier n’est pas un inconnu pour les Ligériens, puisqu’il a été maire de Firminy de 1953 à 1971. Mais, il est également un homme politique d’envergure nationale. Sensible depuis toujours à la question du logement, il devient ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme en 1948, année où il fait voter la célèbre loi sur les loyers.  Au sortir de la seconde guerre mondiale, Le Corbusier est, depuis longtemps, une star de l’architecture et une des chevilles ouvrières de la Charte d’Athènes, parue anonymement en 1942.  Elle définit l’urbanisme autour de quatre fonctions : habiter, travailler, se distraire, circuler.

Les plans détermineront la structure de chacun des secteurs attribués aux quatre fonctions clefs et ils fixeront leur emplacement respectif dans l’ensemble. Quand Claudius Petit est élu maire, la situation de l’habitat à Firminy n’est guère reluisante (vétusté du bâti, absence de réseaux). Eugène Claudius-Petit décide de créer un nouveau quartier avec tout le confort moderne. Ce sont quatre architectes (Charles Delfante, Marcel Roux, Jean Kling et André Sive) qui sont choisis pour réaliser le premier plan d’urbanisme intitulé “Firminy-Vert” en 1954. Leurs constructions respectent les grands principes de la Charte d’Athènes.

Mais, le maire n’a pas oublié l’architecte qu’il a connu aux Etats-Unis en 1946. Il fait appel à lui pour concevoir quatre édifices incarnant la fusion et la coexistence entre trois activités humaines : la vie culturelle et les loisirs, le sport, et le culte.

Cet ensemble, le plus grand d’Europe, constitue l’une des plus importantes des vingt une œuvres majeures que construisit Le Corbusier en France et à travers le monde (Chandigarh en Inde, Eno au Japon, l’Unité d’Habitation Berlin, la Cité Radieuse à Marseille…). Le Corbusier décède le 27 août 1965 à Roquebrune-Cap-Martin, au cours d’une baignade dans la Méditerranée. Il ne verra presqu’aucune de ses réalisations appelouses totalement terminée.

La maison de la culture. 

Erigée entre 1961 et 1965, s’appuyant sur la roche laissée à nue d’une ancienne carrière de grès houiller, elle surplombe le stade en contrebas qui s’inscrit parfaitement dans la cuvette creusée. Du long de ses 112 m, la façade inclinée est rythmée par une composition alternant montants colorés et ouvertures vitrées, dessinée par Iannis Xenakis. La toiture incurvée est le fruit d’une solution technique innovante : les dalles de béton sont posées sur des câbles tendus entre deux façades. Restaurée entre 2009 et 2013, la Maison de la Culture est un patrimoine vivant où se déroulent toujours des activités culturelles initialement prévues.

Le stade :

Pour sa conception, l’architecte a su tirer parti du terrain, épousant la forme en cuvette de la carrière. Prouesse technique, l’auvent en béton qui vient couvrir en partie les gradins est en porte-à-faux sur 16 m de profondeur et 32 m de long.

L’unité d’habitations :

Le maire de Firminy avait également confié à Le Corbusier la réalisation de trois unités d’habitation, dont une seule verra le jour, inaugurée en 1967. La maîtrise d’œuvre est assurée par André Wogensky, exécuteur testamentaire à la mort de l’architecte en 1965. Cherchant à éviter une « pale copie » du maître, il manifeste son intervention par l’utilisation du orange et du bleu foncé. La construction sur pilotis est fondée sur l’utopie de la ville verticale, avec ses rues colorées desservant 6 types d’appartements différents, des « machines à habiter » où s’applique la mesure du « Modulor ». Aujourd’hui encore, un millier de résidents profitent des quelques 414 appartements.

L’église Saint-Pierre

Visible depuis un promontoire attenant à la Maison de la Culture, l’église est une pyramide de béton à base carrée évoluant en un cône tronqué culminant à 33 m de haut. Véritable promenade architecturale, elle est conçue pour être appréciée en mouvement, l’utilisation de la rampe permettant de multiplier les points de vue sur l’objet architectural. A l’intérieur, les percements dans le béton dessinent une constellation, offrant une lumière changeante au cours de la journée.

 

En parler c’est bien, y aller c’est mieux. Tous les renseignements sont disponibles sur le site suivant :

http://sitelecorbusier.com

 

Partager cet article :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *