Réforme de classification des armes : Gaël Perdriau écrit à Gérard Collomb et regrette, encore une fois, le manque d’anticipation du ministère de l’Intérieur

Depuis le 1er août, les policiers municipaux ne sont plus habilités à porter de bombe lacrymogène.
Initialement classés en 6ème catégorie, le ministère de l’Intérieur a décidé de les faire passer en catégorie B.

En tant que Maire et coprésident de la commission de sécurité de France Urbaine, je regrette que cette réforme de classification n’ait pas été anticipée par les services du ministère de l’Intérieur.

Cette décision, prise encore une fois dans les hautes sphères de l’Etat sans concertation, est lourde de sens sur le terrain. Un armement de catégorie B nécessite une formation préalable à l’armement dispensée par le CNFPT. Or à ce jour, cette formation n’existe toujours pas.

Une fois de plus, l’Etat prive les maires de leur capacité à mettre en œuvre, à leur échelle, tous les moyens permettant d’améliorer la tranquillité publique de leurs concitoyens. En tant que Maire, j’ai depuis le début de mon mandat pris mes responsabilités en ce domaine en équipant les agents de police municipale d’un matériel adéquat.

Alors que la ville de Saint-Etienne met tout en œuvre pour que les policiers municipaux puissent, en toute sécurité, intervenir de manière plus efficace sur le terrain, il est ubuesque de nous voir freiner dans cet objectif par le ministre de l’Intérieur lui-même. La situation dans laquelle se retrouvent nos agents sur le terrain est dangereuse, car ces bombes lacrymogènes constituent des outils indispensables en cas d’encerclement et n’ont pas d’équivalent. Alors que les agents de police municipale sont soumis aux mêmes risques que leurs collègues de la police nationale sur la voie publique, cette décision de Gérard Collomb les rend vulnérables. Ceci est d’autant plus regrettable qu’en tant qu’ancien Maire d’une grande ville ayant lui aussi, à l’époque, fait de la tranquillité publique une priorité, l’actuel ministre n’aurait jamais accepté l’absurdité d’une telle décision.

J’avais déjà dénoncé ce que je considérais être une erreur concernant la gestion du dossier des caméras individuelles. L’actualité récente avec le vote à l’assemblée nationale pérennisant ce dispositif dans l’urgence m’a donné raison et je m’en réjouis. Force est de constater qu’après cet épisode, il s’agit là du deuxième évènement qui met gravement en cause la sécurité des policiers, dépositaires de l’autorité publique.

Depuis l’entrée en vigueur de la réforme de classification des armes en 2013, une restriction de l’usage des bombes lacrymogènes au travers d’un passage en catégorie B était déjà en débat. Ce dossier aurait dû donc, en toute logique, être une priorité du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, et être traité dans des délais raisonnables avec une concertation renforcée.

Cela n’a pas été le cas. Gérard Collomb gagnerait à d’avantage écouter et s’appuyer sur les maires confrontés aux réalités quotidiennes à travers notre pays.

Il est désormais urgent que le numéro deux du gouvernement prenne toutes ses responsabilités et remédie rapidement à cette situation car la sécurité de nos concitoyens est une liberté fondamentale et la première des solidarités.

Gaël Perdriau
Maire de Saint-Etienne
Président de Saint-Etienne Métropole
Coprésident de la commission sécurité de France Urbaine

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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