Emmanuel MACRON et le Bommerang de la Transparence

Ce titre aurait pu être celui d’un Roman Fantastique, il est en réalité celui d’une Histoire Pathétique, celle d’un Président prônant un Nouveau Monde qui n’est en fait qu’un plagiat des pires arrangements de l’Ancien Monde.

De par le retentissement médiatique de l’Affaire Benalla, que je ne souhaite pas plus commenter, je souhaite rappeler ici l’importance de notre bicamérisme, du Sénat, et surtout la dangerosité de la Réforme Constitutionnelle qui nous attend.

Face à la pièce dramatique qui s’est jouée entre les murs du Palais Bourbon -avec comme très mauvaise metteuse en scène la Présidente de la commission des lois-, le Sénat quant à lui s’est démarqué prouvant s’il le fallait son efficacité.

Tout d’abord sur la forme, le Sénat a affiché sa volonté de prendre son temps, donnant six mois à la commission des Lois, contre quelques jours seulement à l’Assemblée Nationale.

Sur le fond, la Haute Chambre, s’est démarquée en programmant les auditions d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, et Christophe Castaner, délégué général de LREM, que les députés LREM de l’Assemblée Nationale ont refusé d’auditionner, à ce propos, je suis de celles et ceux qui pensent que les institutions valent quand elles sont dignes de confiance.

Alors oui, devant sa majorité à l’Assemblée Nationale ou plutôt devant sa cour, Emmanuel Ier a déclaré qu’il était le seul responsable dans l’affaire Benalla. Il l’est, mais ce n’est pas aux parlementaires de venir le chercher. La République s’ancre par un acte de confiance, entre le peuple et ses représentants. Cet acte est fondamental, il marque une avancée, un progrès de civilisation. Les déclarations en coup de menton n’ont rien a faire ici et s’apparentent plus à une dérobade de sa part qu’à la nécessaire recherche de la vérité que réclament les Français.

Depuis plus d’un an, le Président, les parlementaires LREM et le Gouvernement essaient de donner la leçon à ceux dont ils devraient la recevoir, à ceux qui défendent la démocratie et l’opinion publique.

Alors que les premières auditions du Sénat se terminent aujourd’hui, je veux souligner, qu’à l’inverse de l’Assemblée Nationale, le Sénat par le biais de sa commission d’enquête n’a de cesse de montrer les incohérences dans cette affaire. Alors que la Réforme Constitutionnelle est suspendue, grâce à l’opiniâtreté des députés de l’opposition, le Sénat démontre une nouvelle fois son importance dans l’équilibre des pouvoirs. Dès la rentrée parlementaire, la Haute Chambre, se devra d’être à l’offensive pour contrer cette réforme qui vise à réduire la démocratie alors que l’actualité démontre que celle ci doit être renforcée.

Des Français qui voient leurs acquis, réduire comme peau de chagrin alors que dans le même temps les proches du Président sont invités à faire ce qu’ils veulent, donnant l’impression d’une France à deux vitesses.

Monsieur le Président, vous faites le difficile apprentissage que le pouvoir s’exerce mais ne se possède pas. Ce que vous qualifiez d’anecdote traduit en fait cette légèreté que vous entretenez vis a vis de notre République.
Une légèreté qui s’incarne dans votre obstination a réduire le poids du parlement comme si le débat était superflu. Pourtant vous en conviendrez, le Sénat vient de vous faire savoir par ses actes que dans une démocratie le contrôle, le débat et les contre pouvoirs sont les garanties d’une confiance dans nos institutions.

Cécile Cukierman Sénatrice de la Loire

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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