Jean-Claude TISSOT, sénateur de la Loire : Congrès de Versailles : on ne m’y reprendra plus !

Élu sénateur pour la première fois en septembre dernier, je me suis fait un devoir de participer à la réunion du Congrès à Versailles pour assister au discours du Président de la République. J’en ressors avec la conviction que ce Président n’a aucune considération pour la démocratie parlementaire.

En 1682, Louis XIV a déménagé la cour et le gouvernement à Versailles en vue d’y asseoir la monarchie absolue. 332 ans plus tard rien n’a changé : Emmanuel Macron en a fait à nouveau le théâtre d’un exercice du pouvoir centré sur le Chef de l’Etat.


Comme à l’époque du Roi Soleil, les courtisans étaient bien présents et n’ont pas manqué d’exprimer bruyamment leur soutien indéfectible à leur chef pendant ses 90 minutes de discours.
Une telle réunion devrait être consacrée à des situations d’exception – comme la réaction aux attentats terroristes en 2015. Rien d’aussi digne aujourd’hui, puisque nous avons été réduits à assister passivement à un meeting de La République En Marche.

Par-dessus nos têtes, Emmanuel Macron a surtout souhaité s’adresser aux premiers de cordée, ceux qui réussissent… désormais clairement identifiés comme « les 100 premières entreprises françaises ». J’aurais préféré qu’il s’adresse à nos concitoyens, ceux qui souffrent le plus de ses décisions ultra-libérales : baisse des APL, hausse de la CSG, mise au pas des collectivités… et ceux qui vont souffrir demain avec la réforme des pensions de réversion.

Je lui suggère pour l’an prochain de réunir ces « 100 premières entreprises », plutôt que nous : cela permettra de faire économiser plusieurs centaines de milliers d’euros d’argent public. Cela nous permettra aussi de nous épargner la perte d’un temps précieux, bien nécessaire pour étudier l’avalanche de textes issus de sa boulimie législative.

Mon collègue Régis Juanico, plus aguerri, a eu la bonne réaction en dénonçant cette tentative de confiscation démocratique des institutions et en refusant d’emblée de se prêter à cette mascarade.

Jean-Claude TISSOT

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