Versailles, ce sera (encore) sans Régis Juanico !

Emmanuel Macron a souhaité réunir une nouvelle fois le Parlement lundi 9 juillet prochain. Comme l’an dernier, je ne ferai pas partie de l’auditoire. La possibilité pour le Président de la République de s’exprimer devant le Congrès doit à mes yeux rester exceptionnelle. On ne convoque pas le Congrès par convenance personnelle pour en faire un rituel par ailleurs fort coûteux pour les finances publiques, à l’heure où d’importants efforts sont demandés aux Français les plus modestes.


Surtout, je demeure un farouche défenseur du Parlement et de ses droits. Force est de constater que ceux-ci sont bafoués par le Président de la République. Le Parlement ne doit pas devenir une chambre d’enregistrement. Or, le projet de loi de réforme constitutionnel, ainsi que ses avatars organiques et ordinaires ont pour objectif d’affaiblir les droits et les pouvoirs du Parlement : avec la réduction d’un tiers des parlementaires, qui va éloigner les députés de leur ancrage territorial et en faire des élus hors-sol, déconnectés ; avec la limitation des délais d’examen des projets de lois, qui aboutira à des débats parlementaires aseptisés, appauvris et expéditifs ; et avec la limitation du droit
d’amendement des parlementaires.

Il y a un an, Emmanuel Macron avait enjoint au Parlement de mettre un terme à la prolifération législative. En vain, puisque qu’entre le 18 juin 2017 et le 30 juin 2018, l’Assemblée nationale a battu un record de séances publiques. Cette « boulimie législative » se fait au détriment de la qualité du travail parlementaire.

Avec le vote de la loi de moralisation de la vie publique, Emmanuel Macron s’est exclusivement concentré sur le Parlement, mais il s’est bien gardé de s’attaquer aux conflits d’intérêts des « puissants » dans la haute administration, les milieux économiques, ou de renforcer les outils pour lutter contre l’évasion fiscale.

La pratique du pouvoir de Macron depuis un an, c’est une démocratie étouffée et la confiscation de la décision des citoyens, c’est la soumission des autres pouvoirs et la mise à l’écart des corps intermédiaires : syndicats, associations, mouvement HLM…, qui aboutit à un affadissement de la sève démocratique : un monarchisme Républicain assumé, une gouvernance verticale et autoritaire, une présidence clivante et arrogante, un gouvernement technocratique qui cultive le culte du chiffre et de la performance.

Emmanuel Macron est non seulement jupitérien, mais il est surtout darwinien avec ses théories du ruissellement et des « premiers de Cordée » : « seuls les meilleurs doivent survivre », et pas les « gens de rien » pour qui on dépense un « pognon de dingue ».
Nous devons résister face à ce qui s’apparente à une tentative de confiscation démocratique des institutions.
Pour toutes ces raisons, je ne me rendrai pas à Versailles lundi prochain.

Régis JUANICO
Député de la Loire

Partager cet article :

Auteur de l’article : Gilles Charles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *