Le pont du Pertuiset : Entre villes et campagnes

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois nous ignorons l’existence, ou pas….

Vu le succès de ces chroniques, l’idée d’une parution les regroupant toutes sur un livre germe….

Aujourd’hui : Le pont du Pertuiset : Entre villes et campagnes 

Les Californiens ont le Golden Gate. Nous, on a le pont du Pertuiset. Bien sûr, il est moins grand et moins prestigieux, mais il a joué un rôle important dans le développement des échanges à l’intérieur du département. Celui que nous connaissons est le troisième d’une saga commencée en 1838. Le Pertuiset est le lieu où l’Ondaine rejoint la Loire. Cependant, cet endroit n’est pas un simple confluent.

Il marque aussi une sorte de frontière entre le monde industriel et urbain de la vallée et le monde agricole et rural des monts du Forez. Une voie d’origine préhistorique existait au gué de la Loire au lieu dit « Le Pertuiset ». Des restes en sont encore visibles  sur la route de crête au dessus de l’ancien gué noyé par la création du barrage de Grangent. Au moment des crues, un bac franchissait les eaux face à la Mure. Ainsi s’acheminait le charbon stéphanois à dos de mulet, à travers les éboulements et fondrières, jusqu’au plateau de Saint-Bonnet-le-Château.

Dans la première moitié du XIXème siècle, la vallée de l’Ondaine s’industrialise et les échanges avec la campagne s’intensifient. Le passage par le bac devient inopérant. En janvier 1840, commencent les travaux d’un pont suspendu conçu par l’architecte Letrain. Ils étaient confiés à la compagnie Seguin, celle qui avait construit le viaduc de Garabit. Il était construit en bois, d’une portée de 100 m, doté d’une chaussée large de 2,20 m et de trottoirs larges d’1,10 m chacun. Il était à péage, car l’Etat  en accorda la concession à « La compagnie du pont du Pertuiset »créée à cet effet. Ce pont suspendu fut parmi les premiers de ce type construits en France.  Dans son ouvrage de 1850 sur la géographie de la France, Jules Verne l’a représenté comme l’un des symboles du progrès scientifique et technique. En 1884, le pont est racheté par le département et devient gratuit.

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le Pertuiset devient un peu le « Nogent »des Stéphanois. Guinguettes et auberges y fleurissent, on y vient y déguster la friture. Dans les années 30, ce pont se révéla insuffisant pour faire face à l’augmentation du trafic. Par exemple, pour l’emprunter, les autocars faisaient descendre leurs passagers car il fallait alléger au maximum le véhicule. Dès 1930, le préfet avait approuvé la construction d’un nouveau pont. La chaussée de 4,8 m de large était bordée de deux trottoirs. L’inauguration eut lieu, en grandes pompes, le 17 juin 1934. Le secrétaire général de la préfecture et les maires des communes avoisinantes étaient présents.

Une fois, le ruban coupé, un banquet fut servi au restaurant Riffat, à l’invitation des communes du canton de Firminy. Le premier pont avait vécu un siècle, le deuxième allait voir sa durée de vie réduite de moitié. En 1985, le pont de Sully-sur-Loire s’écroule sous l’effet du froid. Des études démontrent alors que certaines pièces en acier utilisées pour le pont du Pertuiset pouvaient également devenir vulnérables en cas de températures anormalement basses. Un projet de construction d’un troisième pont voit le jour. L’ouvrage en lui même est assez impressionnant. Dans la tradition des ponts suspendus, il ne comporte qu’un seul pylône, en forme de “Y” renversé qui soutient les haubans et a une portée de 132 mètres.

Le pont a été inauguré à la fin des années 1980

Un projet audacieux retenu par le Conseil général, pour constituer un élément architectural dans le site des gorges de la Loire. Lorsqu’on arrive sur le site depuis la ville d’Unieux, l’association du relief escarpé et du pont dont le mât s’élève à plus de cinquante mètres donne une dimension titanesque.

La route s’enfonce entre deux montagnes taillées à l’explosif et débouche sur la Loire, marquant un changement radical du paysage, accentué par l’étendue du lit du fleuve. Baptisé « Pont du bicentenaire », il reste pour tous les Ligériens, le « pont du Pertuiset ». Et pour conclure une petite histoire en gaga :

http://avf.asso.fr/var/uploads/saint-etienne/Saint-Etienne/Images/La%20vache%20sur%20le%20pont%20du%20Pertuiset.pdf

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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