Les ailes stéphanoises

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois nous ignorons l’existence, ou pas….

Vu le succès de ces chroniques, l’idée d’une parution les regroupant toutes sur un livre germe….

Aujourd’hui : Les ailes stéphanoises

Saint-Etienne est connue pour avoir été la ville pionnière des chemins de fer français. En effet, c’est en 1827, que fut ouverte la première ligne entre Saint-Etienne et Andrézieux, suivie, quatre ans plus tard par la première liaison entre Lyon et Saint-Etienne, construite sous  l’impulsion de l’ingénieur Claude Verpilleux.

Un peu plus d’un demi-siècle plus tard, un autre moyen de transport commençait à balbutier, l’aviation. Certes, il était encore loin de concurrencer le train. Cela n’empêcha quelques pionniers ligériens de se lancer dans l’aventure aérienne. Voilà l’occasion de dresser le portrait de deux aventuriers du ciel de notre région.

Emile Reymond (1865-1914)

Emile Reymond n’était pas destiné à devenir aviateur. Chirurgien de talent, il avait à son actif deux livres sur la chirurgie du cœur, de la plèvre et du poumon. Mais, en 1905, son père décède, laissant libre le poste de sénateur de la Loire. Emile, élu pour le remplacer, devient, à quarante ans,  le benjamin du Sénat. Cependant, une chimère le hante : se lancer à la conquête de l’air. Les Montbrisonnais de 1911 se rappelleront toujours la surprise qu’ils éprouvèrent lorsque le premier avion apparut dans leur ciel. L’image d’Emile Reymond tournoyant autour du clocher de Notre-Dame devait rester légendaire.  L’idée n’était pas seulement d’épater ses compatriotes. Il avait compris que l’aviation était bien autre chose qu’un outil de meeting. Il réussit à convaincre ses collègues du Sénat de la nécessité de bâtir une armée de l’air. En 1914, il s’engage sans hésiter et effectue de nombreuses missions de reconnaissance en Alsace. Le destin le rattrape le 21 octobre 1914. Il est victime d’une panne de moteur, contraint d’atterrir, il est victime du feu ennemi.

Emile Train (1877-1939)

Louis Emile Train est né le 22 octobre 1877,  au 6 de la petite rue Neuve (aujourd’hui rue Louis Merley).

Après avoir travaillé quelques années dans l’atelier mécanique de son père, il s’oriente en 1909 vers l’aviation. Moins de quinze jours après avoir construit son premier avion, il obtient son brevet de pilote le 9 août 1910. Il participe aux plus importants meetings aériens du moment, en particulier à la course aérienne Paris-Madrid, le 21 mai 1911.

Ce jour-là, Emile Train, en difficulté avec le moteur du monoplan de sa fabrication, décide de revenir se poser sur la piste à l’instant précis où un peloton de cuirassiers la traverse. Pour éviter les cavaliers, il essaye de virer mais comme il l’expliquera après le drame le moteur faiblissait de plus en plus et ne permettait plus d’effectuer de virage : « je redressais l’appareil et tentais d’aller atterrir au-delà du peloton. Je fis l’impossible pour prolonger mon vol ; j’allais y arriver lorsque l’appareil, complètement cabré, s’abattit lourdement sur un groupe d’officiels ».

Maurice Berteaux, ministre de la Guerre meurt sur le coup, un bras sectionné par l’hélice, tandis qu’Ernest Monis, président du conseil et Henri Deutsch de la Meurthe souffrent de blessures diverses. Une enquête dégage bientôt la responsabilité d’Émile Train, reconnaissant son adresse et les qualités de son monoplan. Mais cet accident mettra quasiment fin à sa carrière d’aviateur.

Émile Train perd le goût du pilotage, même si, en août 1911, il participe brillamment au meeting organisé sur le terrain de Champirol situé sur les territoires des communes de Villars (Loire) et Saint-Priest-en-Jarez près de sa ville natale et à Bouthéon dans la Loire.

Ainsi le 16 août 1911, il remporte le prix offert à l’aviateur qui, le premier, survolerait l’hôtel de ville de Saint-Étienne. Parti de Bouthéon à 18 h 17, il y est de retour à 18 h 45. Ce sera son dernier exploit aérien. Il se consacrera désormais à la fabrication de motos. Pour un dossier plus complet voir le lien ci-dessous :

https://www.forez-info.com/encyclopedie/histoire/2875-les-pionniers-foreziens-de-laviation.html

Partager cet article :

Auteur de l’article : Gilles Charles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *