Le Sénateur de la Loire Jean-Claude TISSOT interroge le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, M. Stéphane TRAVER

Le Sénateur de la Loire Jean-Claude TISSOT a posé, lors de la séance des Questions au Gouvernbement de ce mardi 12 juin, au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, M. Stéphane TRAVERT concernant l’autorisation donnée par le gouvernement au Groupe TOTAL à importer 300 000 tonnes d’huile de palme par an pour sa raffinerie de la Mède.

La culture intensive de l’huile de palme est une des causes majeures de la déforestation, dont l’impact sur le dérèglement climatique et le recul de la biodiversité a largement été démontré.

Apparemment conscient des enjeux, le gouvernement a affirmé, dans l’axe 15 de son Plan Climat, vouloir mettre fin à l’importation en France de produits contribuant à la déforestation.

Ce même gouvernement a pourtant pris un décret, le 16 mai dernier, autorisant le groupe Total à importer 300 000 tonnes d’huile de palme par an pour sa raffinerie de la Mède.

Quand on sait que plus de 75% des 900 000 tonnes d’huile de palme consommées dans notre pays sont déjà utilisés comme carburant, on se demande à quoi bon continuer à culpabiliser les consommateurs de pâte à tartiner…

Vous me répondrez que ce décret n’émane pas de votre ministère. Certes.

Mais il illustre de manière criante les incohérences de votre gouvernement.
L’arrêté autorisant l'importation de cerises traitées au diméthoate en est un autre exemple.

Ce produit phytosanitaire, reconnu dangereux pour la santé, est interdit en France depuis 2016. Peut-être pouvez-vous nous expliquer comment ce produit peut être dangereux quand il est utilisé en France, mais devenir inoffensif lors de son importation ? La question vaut aussi pour de nombreux produits utilisés en viticulture ou dans les filières fruits et légumes.

Dans quinze jours, nous nous retrouverons dans cet hémicycle pour l’examen du projet de loi agriculture et alimentation. Nous présenterons des amendements permettant de réintroduire de la cohérence entre les pratiques et les substances autorisées sur notre sol et celles permises pour les produits d’importation.

Monsieur le Ministre, mettrez-vous en cohérence les beaux discours du gouvernement avec son action ? Serez-vous favorable à notre amendement interdisant l’importation de produits traités avec des substances phytosanitaires interdites en Europe ?

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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