Les Stéphanois : Chateaucreux, ceux qui l’aiment prendront le train

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanoises dont parfois nous ignorons l’existence….

Aujourd’hui : Chateaucreux : Ceux qui l’aiment prendront le train

Notre région fut pionnière en matière de transport ferroviaire. En 1827, Saint-Etienne accueillit la première ligne du réseau ferré français. Elle reliait notre ville à Andrézieux. Elle fut bientôt suivie en 1830, par la ligne Saint-Etienne-Lyon.  L’engouement des voyageurs pour ce nouveau mode transport ainsi que le développement industriel de la ville rendirent vite obsolètes les trois embarcadères situés à Bérard, La Terrasse et au Pont de l’Ane.

Le 12 février 1857, le hameau de « Château Creux » fut choisi pour accueillir la gare centrale. L’ennui est que l’emplacement désigné se trouve au-dessus de plusieurs puits de mine.

La première gare est réalisée en bois. Ses plans sont conçus par l’ingénieur en chef du chemin de fer du Bourbonnais, M. Bazaine, et dessinés par l’architecte M. Lejeune. L’édifice a la forme d’un U, le corps central et les deux ailes formant la cour de la gare. Une marquise met l’entrée en valeur. La toiture est surmontée d’une horloge monumentale et, côté voies, une grande halle abrite trois quais destinés à recevoir les trains de voyageurs.

Le 17 avril 1882, la compagnie PLM (Paris-Lyon-Marseille) décide de démolir l’édifice et de le remplacer par un autre plus vaste et plus robuste. Le sol restant instable, l’architecte Joseph Bouvard et les ingénieurs mettent alors en place une technique audacieuse déjà  utilisée à  Paris pour la Tour Eiffel.

Trois cents  vérins hydrauliques, réglables, sont installés sous les fondations du bâtiment avec pour fonction de rectifier les mouvements du sol. Le 27 octobre 1884, la nouvelle gare, telle que nous la connaissons aujourd’hui, ouvre ses portes au public. Elle a été bâtie, à  la mode de l’architecture industrielle du XIXe,  avec des briques rouges et le fer a été utilisé pour la fabrication des armatures.

L’embarcadère est beaucoup plus vaste que l’ancien, de même que les salles d’attente. En 1911, la gare accueille 880 000 voyageurs. Vers la fin du siècle, la municipalité cherche à faire de Châteaucreux une porte de Saint-Étienne. Elle souhaite accueillir en grande pompe les dirigeants politiques de l’époque.

Le quartier de Châteaucreux est alors rénové à son tour. L’avenue Denfert-Rochereau puis la place Fourneyron et l’avenue de la Libération sont aménagées, créant une sorte de parcours triomphal de la gare jusqu’au centre-ville. Le 26 mai 1944, les bombardiers américains larguent leurs bombes. 48 cheminots sont tués. On dénombra près de 200 blessés dans le secteur. La gare fut durement touchée, en particulier la toiture et sa façade.

Dans les années 80, la gare regagne de son lustre avec l’arrivée du TGV. Les teintes polychromes font leur réapparition mais le fronton ne retrouvera jamais sa belle horloge, ni la corniche du toit ses moulures et ses blasons sculptés.

Actuellement, le bâtiment est réaménagé. L’achèvement de la grande esplanade de France et l’arrivée d’une seconde ligne de tram, ainsi que l’inauguration d’architectures très contemporaines (parking Eiffia et nouveau siège social du groupe Casino) ont participé aussi à  mettre en relief le charme un peu désuet de cet élément fort du patrimoine stéphanois.

Partager cet article :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *