Réforme de la SNCF : Pourquoi nous soutenons les cheminots

Ce mardi 3 avril s’est ouvert à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi « Pour un nouveau pacte ferroviaire ». Avec ce texte, le Gouvernement entend répondre à deux problématiques : la dette de la SNCF, qui se monte à plus de 54 milliards d’euros, et la dégradation du réseau ferré, qui entraîne une dégradation du service.

 

Loin de répondre à ces enjeux majeurs, le Président de la République a choisi de mettre au cœur de sa réforme la suppression du statut de cheminot. Aussi, le Gouvernement axe toute sa communication sur les soi-disant « privilèges » des agents de la SNCF, en jouant sur l’opinion publique et les populismes. Un discours qui cache une réalité bien différente : 75 000 cheminots gagnent moins d’un 1,3 SMIG, leur durée de cotisation est égale à celle du régime général… Surtout, le statut du cheminot n’est pas à l’origine de la dette : sa suppression ne rapportera que 100 à 150 millions sur 10 ans ! Ce statut ne protège pas que les cheminots, il protège aussi les usagers, car un agent SNCF, formé et protégé par la garantie de l’emploi, fera toujours primer la sécurité ferroviaire sur les considérations de rentabilité que pourrait vouloir lui imposer sa hiérarchie.

En agitant ce chiffon rouge, le Gouvernement se dispense de répondre aux vraies questions : quel avenir pour les « petites » lignes et les gares peu fréquentées ? Quel investissement de l’Etat pour remettre à niveau les infrastructures dégradées, véritables causes de la dégradation du service ? Quelle gestion de la dette de la SNCF ?

Pour toutes ces raisons, nous soutenons la mobilisation des cheminots. Nous n’ignorons pas les difficultés que vont rencontrer les usagers dans les prochaines semaines. Mais ces inconvénients sur le court terme sont le prix à payer pour conserver durablement notre patrimoine collectif : le service public de transport ferroviaire.

 

Déjà, les premiers effets de la forte mobilisation se sont fait sentir. Très critiqué sur le recours aux ordonnances, le Gouvernement vient de remplacer l’ordonnance sur l’ouverture à la concurrence par des amendements ouverts au débat parlementaire. Sur la défensive quant à une éventuelle privatisation de la SNCF, il a par ailleurs accepté notre amendement visant à confirmer son caractère public.

 

Nous continuerons ces prochaines semaines de travailler sans relâche, dans nos Assemblées respectives, pour faire écho à cette mobilisation en obtenant des avancées législatives.

 

 

 

Régis JUANICO, Député de la Loire

Jean-Claude TISSOT, Sénateur de la Loire

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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