Claude Fauriel : Républicain et fier de l’être

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois nous ignorons l’existence….

Aujourd’hui : Claude Fauriel : Républicain et fier de l’être.

Le cours Claude Fauriel, c’est un peu notre avenue Foch à nous. Il est large, avec des contre-allées ombragées. Il abrite des institutions prestigieuses (l’Ecole des mines,l’Ecole de Commerce…). Claude Fauriel est aussi un personnage à deux vies.

Charles-Claude Fauriel, connu aussi sous son prénom Claude, naît le 21 octobre 1772 à Saint-Étienne, rue Violette. Sa mère décède peu de temps après sa naissance. Il est alors mis en nourrice chez ses grands-parents, à Saint-Barthélemy- le-Plain, en Ardèche. Il fréquente le collège des Oratoriens à Tournon, puis le séminaire Saint-Irénée à Lyon. Il développe tôt une passion pour la botanique, les langues, la littérature et la philosophie.

Lorsqu’il revient à Saint-Etienne, la Révolution s’est enflammée. Il se lie avec de jeunes militants qui l’entraînent dans la lutte révolutionnaire. Après 1789, il est nommé commissaire au Puy puis il sert dans l’armée des Pyrénées Occidentales.

En 1793, nouveau retour à Saint-Etienne, nommée alors Armeville. Il occupe les fonctions de secrétaire général de la mairie. A l’occasion de la fête de l’Etre Suprême de l’An II, il est amené à tenir le rôle de Robespierre et à prononcer un discours depuis la chaire de l’église Notre-Dame. Il essaie de jouer un rôle de modérateur de la Terreur que font régner certains révolutionnaires.

Découragé par la violence, il s’engage dans l’armée des Alpes en 1795. Dans l’année qui suit, il quitte définitivement Saint-Etienne, pour devenir secrétaire particulier de Fouché, le ministre de police. Puis, le Consulat et l’Empire
choquent sa « fierté républicaine ». Il abandonne alors toute fonction administrative pour entrer dans sa deuxième vie. A partir de ce moment il consacre tout son temps à l’étude des Lettres et des Sciences. Il est d’autant plus libre, sur le plan économique, que Madame de Condorcet (1764-1822), veuve du philosophe, l’accueille chez elle.

Il se met alors à fréquenter les salons et clubs littéraires de son temps où il rencontre Benjamin Constant, Guizot, Cabanis, Chateaubriand, Madame de Staël, Littré, Manzoni (un écrivain italien qui deviendra son ami). Homme de lettres, il publie de nombreux articles, notamment dans la Décade philosophique, mais aussi dans la Revue encyclopédique, les Archives philosophiques et littéraires et la Revue des Deux-Mondes. Il traduit également
des pièces de théâtre : Le Comte de Carmagnola et Adelghis, d’Alessandro Manzoni.

En 1830, la chaire de littérature étrangère est créée pour lui à la Sorbonne. Claude Fauriel a publié peu d’ouvrages. Ses principales œuvres sont les Chants populaires de la Grèce antique (1824), De l’origine de l’épopée chevaleresque du Moyen-âge (1833), Histoire de la croisade contre les hérétiques albigeois (1834) et Histoire de la Gaule méridionale sous la domination des conquérants romains (1836).

Élevé au rang de Chevalier de la Légion d’Honneur, il devient également, à partir de 1836, membre de l’Académie des
inscriptions et belles-lettres. Il meurt brutalement à Paris le 15 juillet 1844 et est enterré au cimetière du Père Lachaise. A Saint-Etienne, il est bien célébré puisque outre un cours, un lycée, dont la réputation n’est plus à faire, porte son nom.

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