Les Stéphanoises, les trois vies de Marguerite Gonon

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanoises dont parfois nous ignorons l’existence….

Aujourd’hui : Les trois vies de Marguerite Gonon.

Parfois, on dit des personnages atypiques qu’ils ont eu plusieurs vies. Marguerite Gonon en  fait partie, puisqu’ on peut facilement affirmer qu’elle en connut trois. Elle est née à la veille de la première guerre mondiale le 14 mai 1914 à Saint-Etienne. Son père, Joanny Gonon était instituteur à la Ricamarie en 1907 lorsqu’il épousa, à Poncins, Marguerite Péronnet. Les Gonon étaient des chapeliers de Chazelles-sur-Lyon. Les Péronnet étaient, depuis le XIVe siècle, meuniers et cultivateurs à Poncins : le plus beau village du monde, disait–elle.

Elle fréquenta diverses écoles publiques au fil des nominations de son père. Puis elle réussit le concours d’entrée à l’Ecole Normale de filles de Saint-Etienne (promotion 1930-1933). Elle entama, si on peut dire, sa première vie en tant qu’instructrice à Arthun. Cependant, elle n’avait pas oublié son professeur d’histoire à l’Ecole Normale, qui dit-elle « lui avait donné le goût de chercher ». C’est ainsi que la deuxième vie ne tarda pas à pointer son nez. A Arthun, elle rencontra le comte de Neufbourg qui lui communiqua sa passion de l’histoire du Moyen Age et la fit entrer à la
Diana (1938).

Devenue membre de l’équipe des Chartes du Forez, elle abandonna l’enseignement pour se consacrer à son nouveau travail ; elle apprit le latin avec enthousiasme pour pouvoir lire les textes du Moyen Age.

En 1945, ayant déjà à son actif plusieurs publications, elle entra au Centre National de la Recherche Scientifique
(C.N.R.S.) qui venait d’être créé et entama, avec Charles-Edmond Perrin, professeur à la Sorbonne, une thèse sur la vie familiale en Forez au XIVe siècle d’après les testaments foréziens ;. Elle ne devait plus quitter sa vie d’historienne. Sa thèse s’inscrit dans la lignée des historiens des Annales (Lucien Febvre et Marc Bloch). Pour les historiens des
“Annales” l’histoire n’est pas seulement celle des grands de ce monde, elle n’est pas celle des “Importants”, mais l’histoire des gens du peuple et des jours ordinaires.

Il est probable que Marguerite Gonon se serait passée de sa troisième vie. La mort de son frère lors de la débâcle de 40 provoque son entrée en résistance. En quelques mois, Marguerite Gonon va devenir le chef de son réseau, une petite division de l’Armée des ombres. Celles qui ont surtout sauvé l’honneur, sans doute l’essentiel. En toute modestie, elle parle ainsi de son entrée en résistance : «J’ai eu la chance, si je puis dire, dès juillet 40, d’être en contact avec des officiers de l’armée d’armistice, qui ont demandé à ce qu’on cache des armes.

Dès lors, il fut très facile pour moi d’entrer dans la Résistance». Elle est décédée le 15 juillet 1996 à Feurs. Elle a sa rue dans de nombreuses villes de la Loire. A Saint-Etienne, elle se situe à Côte Chaude ; elle relie la rue Danton au boulevard Rhin et Danube.

 

 

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