Les Stéphanois : Léon Leponce, le “Doisneau” stéphanois

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présente des stéphanois dont parfois nous ignorons l’existence….

Aujourd’hui : Léon Leponce : le « Doisneau » stéphanois

Pendant plus de trente ans, Léon Leponce a fixé sur du papier argentique des scènes de la vie stéphanoise. Il n’en a négligé aucun aspect. Rien n’a échappé à son œil perçant.

Photographiant aussi bien les employés de Casino, que les joueurs de l’ASSE, le tour de France ou les grèves ouvrières, il nous offre un vrai panorama, des années trente aux années soixante ,de la vie de la ville et de son évolution. Si Léon Leponce est bien né à Saint-Etienne (place Chavanelle, alors dénommée place Notre-Dame), le 1er septembre 1893, il est de nationalité belge.

Son père, originaire de Liège, était venu à Saint-Etienne former les apprentis à la fabrication des fusils de chasse. Nul doute que s’il était resté en Belgique, Léon aurait croisé le chemin de Simenon !

En 1916, il épouse définitivement la France en se mariant avec Jeanne Marie Louise Sagnière, la fille d’un menuisier de Balbigny. Il fait ses débuts de photographe dans les tranchées. Malheureusement, les clichés de cette époque demeurent introuvables. Sa carrière se divise en deux grandes parties. A l’entre-deux guerres, il est photographe indépendant.

Il photographie notamment les 2000 succursales du Casino, à travers toute la France. Après guerre, en 1944, il est employé par le journal « le Patriote », plutôt classé à gauche. Il y est resté jusqu’en 1956. Ensuite, il est employé par la SOGEP (Société de Gestion d’Edition et de Publicité, groupe régissant l’ensemble des journaux stéphanois), jusqu’en 1961, date à laquelle il prend sa retraite, sans pour autant, poser l’appareil photo.

Le fonds Léon Leponce, aujourd’hui géré par les archives municipales de Saint-Etienne représente 12000 clichés qui sont autant de témoins de la vie stéphanoise. Le photographe fut de tous les évènements, petits faits divers ou grandes célébrations, qui marquèrent la vie locale, des reconstitutions de scènes de crimes jusqu'aux travaux publics en passant par les fêtes de quartier. Il fixa pour la postérité les grands de ce monde venus honorer Saint-Etienne de leur visite : Lebrun en 1933, De Gaulle en 1944, Pétain…

Il fut de tous les évènements sportifs : les matchs dans un chaudron encore cerné par les cheminées fumantes, les écureuils tournants au Vel d’Hiv, les matchs de boxe à la Bourse du Travail… Surtout il a rendu témoignage de l’évolution du paysage de la ville et de ses coutumes comme celle de la course des garçons de café. Il est aussi un témoin des luttes ouvrières.

En 1947-1948, il fixe dans l’objectif la violence des échauffourées entre les mineurs grévistes et les forces de l’ordre, souvent sous les jets des bombes lacrymogènes. Il est décédé le 2 avril 1969. Il n’a pas encore sa rue, ni son square, ni son impasse. Mais, les archives municipales en ont réalisé une excellente biographie.

https://archives.saint-etienne.fr/article.php?laref=108&titre=leon-leponce-reporter-photographe-1893-1969-

https://archives.saint-etienne.fr/article.php?larub=93&titre=les-albums-de-leon

 

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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