Qui se souvient des premiers Trams stéphanois ?

Contrairement à ce qui c’est passé dans la plupart des villes françaises, le tramway n’a jamais cessé de circuler dans les rues de Saint Etienne entre « La Terrasse » et « Bellevue » depuis le 4 décembre 1881. La survie de cette ligne de tramway a été largement assurée par le renouvellement du parc en 1958 avec l’acquisition de 30 motrices PCC. En 1991, la ligne a été prolongée jusqu’à l’Hôpital Nord et le parc tramway a été en partie renouvelé par des rames « Alstom-Vevey-Duwag » (15 unités).

La ville de Saint-Etienne est bâtie sur un long axe nord-sud, en 1883, la Compagnie des Chemins de Fer à Voie Etroite de Saint-Etienne, Firminy, Rive-de-Gier et Extensions (CFVE) fut constituée. Deux lignes de tramways furent mises en chantier, d’une part entre Saint-Etienne et Firminy et, d’autre part, entre Saint-Etienne et Rive-de-Gier. Le 4 décembre 1881, le premier tronçon urbain entre Bellevue et Terrasse, fut mis en service, suivi le 20 mars 1882 par un court prolongement à La Digonnière. sur lequel s’étendent d’interminables communes étirées tout au long d’étroites vallées.

A la fin du XIX° siècle, une nouvelle compagnie stéphanoise était apparue : la Compagnie des Tramways Electriques de Saint-Etienne (TE). Le 7 avril 1897, elle mit en service deux lignes à voie métrique reliant Bellevue et La Rivière à la Gare de Châteaucreux et le Rond-Point au Marais. Les deux lignes, parallèles à celles des CFVE, les concurrençaient directement. En 1906, les TE mirent en service une nouvelle ligne entre Châteaucreux et l’Hôtel de Ville. L’exploitation était assurée par des motrices électriques à deux essieux, de construction assez sommaire, avec un accès frontal par les plates-formes. Leur gabarit en largeur était limité à 1,87 m.

A partir de 1920, les TE rencontrèrent de graves difficultés financières et tombèrent en faillite en 1930. Leurs lignes furent alors reprises par les « CFV »E. Mais la concurrence des autocars qui commençaient à apparaître, provoqua des difficultés importantes aux « CFVE ». Ces derniers abandonnèrent alors les lignes interurbaines vers Rive-de-Gier, Saint-Jean-Bonnefonds, La Fouillouse et Saint-Genest-Lerpt. En contrepartie, les » CFVE » obtinrent le monopole sur les lignes de Firminy et de Terrenoire.

En 1954, seule la ligne de Bellevue à Terrasse restait exploitée par tramways. Bien qu’envisagée, sa conversion en trolleybus ou autobus paraissait impossible ; son important trafic (70 à 80.000 voyageurs par jour) et son tracé dans des rues étroites, rendait quasi impossible une exploitation par véhicule routier.

Après quelques années d’hésitation, la Ville de Saint-Etienne accepta le maintien des traways dans le centre, un cas unique en France.

En 1970, afin de faire face à la dégradation des conditions de circulation, un plan de réaménagement complet de la ligne était mis à l’étude. Il aboutira à partir de 1972, à la mise en chantier de sites propres aux deux extrémités de la ligne. Dans le centre, la mise en sens unique de la circulation générale, et le ripage des voies, permettra aux tramways de circuler à contre sens vers le sud. Une partie de la Grand-Rue est également mise en voie piétonne, seuls les tramways pouvant y accéder.

Les receveurs sont supprimés le 2 novembre 1982 et le libre-service instauré. L’intérieur des voitures est réaménagé et la livrée extérieure modifiée. En 1991, la Société des Transports de l’Agglomération Stéphanoise (STAS), qui avait remplacé les CFVE, procède à la modernisation du parc. Parallèlement, la ligne est prolongée depuis la Terrasse vers l’Hôpital Nord le 7 décembre 1991.

En septembre 1998, les perches de prise de courant sont remplacées par des pantographes. Une nouvelle ligne 5 qui relie la Gare Châteaucreux à la Place du Peuple et se greffe sur la ligne 4. Il s’agit en fait d’un service reliant Terrasse à Bellevue et faisant le crochet par la Place Fourneyron et Châteaucreux. La nouvelle ligne a été mise en service le 7 octobre 2006.

 

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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