Les Stéphanois : Rachid Mekhloufi : les jambes et la tête.

Voici un nouveau rendez-vous sur le site www.gillescharles.fr

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présentera des stéphanois dont parfois par manque de culture nous ignorons l’existence….

Rachid Mekhloufi : les jambes et la tête.

Bien sûr, pour les supporters actuels ou passés, impossible de l’oublier ! Difficile d’oublier, ce dribleur hors pair, ses ouvertures géniales et ses reprises de volée meurtrières. Rachid Mekhloufi est né 12 aout 1936 à Sétif en Algérie. Tout gamin, il assiste aux massacres perpétrés par l’armée française.

Mais, tout commence pour lui à l’été 1954, lorsqu’un recruteur stéphanois le repère. Sous la direction de Jean Snella, il marque trois buts lors de son premier match. Les Verts ont mis la main sur une perle. Au cours de la saison 1956-1957, associé à Eugène N’Jo Léa, ils offrent à l’AS Saint-Etienne (ASSE) son premier titre de champion de France en marquant 54 buts à eux deux ! Puis la saison suivante, c’est le premier match de coupe d’Europe des Verts, contre les Glasgow Rangers, et c’est Rachid qui ouvre le score, marquant le premier but européen de Saint-Etienne. Bien vite, le crack Rachid Mekhloufi fait son entrée dans les rangs de l’Équipe de France.

On est aux portes de l’épopée suédoise de 1958 et on se prend à rêver d’une association « Kopa-Mekhloufi ». Mais en 1958, la guerre d’Algérie fait rage et pour Rachid, il est temps de faire un choix. Il quitte la France pour rejoindre Tunis. Avec une douzaine de joueurs algériens, pendant quatre ans, jusqu’en 1962, ils seront les meilleurs représentants de leur pays à l’extérieur. Durant cette période, faite de matchs amicaux et de tournées dans les pays amis, l’équipe du FLN deviendra un emblème de l’indépendance.

C’est en décembre 1962, dans un climat tendu, qu’il rejouera son premier match avec les Verts, premier ballon, premier gri-gri, le public est (re)conquis et fête avec joie le retour de son idole. L’année suivante, nouveau titre de champion de France, Rachid joue désormais milieu de terrain, organise davantage le jeu pour ses jeunes partenaires, Herbin, Larqué ou Revelli. Saison 1966-67, c’est la consécration pour l’enfant de Sétif qui remporte son troisième titre de champion et est sacré meilleur joueur du championnat de France. Nouveau titre en 1967-68 et pour son dernier match sous le maillot vert, en finale de la Coupe de France face à Bordeaux, Mekhloufi réalise
un doublé (victoire de Saint-Etienne 2 à 1).

Puis il quitte les Verts qui vont le remplacer par un certain Salif Keita.


Le plus bel hommage ne pouvait lui être rendu que par Raymond Kopa : « Mekhloufi que je n’ai malheureusement pas beaucoup connu en tant qu’homme, mais que j’ai bien connu sur les terrains, a été le meilleur technicien que je connaisse. J’avais beaucoup d’admiration pour lui. C’est un meneur de jeu remarquable, hors pair. Nous étions tous les deux des constructeurs, mais il avait un avantage sur moi : son tir redoutable ».

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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