Les stéphanois : Charles Exbrayat : N’oublions pas Imogène…

Voici un nouveau rendez-vous sur le site www.gillescharles.fr

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présentera des stéphanois dont parfois par manque de culture nous ignorons l’existence….

Charles Exbrayat est né à Saint-Etienne le 5 mai 1906. Il y vit une grande partie de son enfance. Ses parents partent pour Nice, alors qu’il atteint ses seize ans. Il y passe son bac. Il entame alors, sans passion des études de sciences naturelles. Il échoue à l’agrégation (nul n’est parfait).

Heureusement pour nous ! Il se fait alors reporter, éditorialiste et critique littéraire pour Le Journal du Centre de Nevers, dont il devient rédacteur en chef après la Seconde Guerre mondiale. Comme il n’a jamais oublié Saint-Etienne, en 1942, il publie « Jules Matrat », histoire d’un jeune ligérien, embarqué dans les horreurs de la grande guerre.

Ne se contentant pas du roman, Charles Exbrayat œuvre aussi pour le cinéma. Il participe aux adaptations de romans de Simenon (L’homme de Londres en 1943), puis, de ses propres romans (Une ravissante idiote en 1964 avec Brigitte Bardot). Installé à Tarentaise en 1957, lieu qu’il ne quittera plus, il se lance un peu par hasard dans la littérature policière. Son premier polar s’intitule « Elle avait trop de mémoire (1957) », une enquête assez classique de Scotland Yard menée à Londres par Fatty Morgan. Dès lors, sa production de romans policiers devient presque aussi imposante que celle de Simenon.

En 1958, paraissent « La Nuit de Santa Cruz » et « Vous ne souvenez-vous de Paco ? ». Avec ce dernier roman, il obtient le prix du roman d'aventures. Il opère alors un virage qui lui vaudra, sans doute, de devenir le grand écrivain populaire qu’on connaît en promouvant un genre nouveau : le roman policier humoristique. Il crée deux personnages pittoresque passés à la postérité : le commissaire italien Roméo Tarchinini de Vérone, un petit policier bedonnant, volubile et fin gastronome et l’;ineffable personnage d’Imogène McCarthery, une vieille fille écossaise aussi excentrique et délurée que naïvement patriotique (incarnée à la télévision par Dominique Lavanant).

Parmi les innombrables titres mettant en scène ces deux personnages, on citera : « Chewing-gum et Spaghetti » et « Ne vous fâchez pas Imogène ». Parmi ses dernières œuvres, il faut également citer la série Les Bonheurs courts : La lumière du matin, Le chemin perdu, Les soleils d’automne, La Désirade. Charles Exbrayat s’est éteint à Saint-Etienne le 8 mars 1989.

Ecrivain éclectique et prolifique, il mériterait largement le surnom de « Simenon stéphanois ». Mieux qu’une rue, un square lui est dédié, tout prêt du Parc de l’Europe, où il aurait sûrement aimé flâner. Chaque année, le prix littéraire « Charles Exbrayat » est décerné au moment de la fête du livre. Le jury est composé de lecteurs de Saint-Étienne, Tarentaise, Planfoy.

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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