Les Stéphanois : Joanny Panel et le dérailleur

Voici un nouveau rendez-vous sur le site www.gillescharles.fr

Pierre Mazet (http://www.pierre-mazet42.com/) auteur de nombreux Polars et passionné d’Histoire nous présentera des stéphanois dont parfois par manque de culture nous ignorons l’existence….

Joanny Panel et le dérailleur.

Le dérailleur, ce n’est pas son surnom, hérité d’un moment de sa vie où il aurait dépassé les bornes, mais de sa contribution à la mise au point de ce petit outil si prisé des cyclistes. Jean-Baptiste (Joanny) Panel est né le 13 novembre 1887 à Saint-Paul- en-Jarez. Au début du XX ème siècle, Saint-Etienne foisonne de fabricants de cycles. Il entre chez Rivolier Père et Fils, fabricant d’armes et cycles. Joanny ne se contente pas de fabriquer des vélos, il s’en sert aussi.

Dans le même temps il s’adonne également à la compétition dans la région stéphanoise. Passionné de mécanique, il devient l’ami de Vélocio (Paul de Vivie, dont nous reparlerons dans une chronique ultérieure). Il fait partie, dès 1909 de ce que l’on nommera plus tard l’Ecole Stéphanoise, où se regroupent autour de Vélocio, des cyclotouristes adeptes des grandes randonnées et des bicyclettes poly-multipliées. Joanny Panel s’installe à son compte en 1911 pour fabriquer et commercialiser des bicyclettes et des changements de vitesses sous sa propre marque.

Aidé de son ami Claudius Bouillier, il déposera un brevet en janvier 1912 pour un système de déraillement de chaîne original: « dérailleur à piston ». En 1913, il dépose la marque de fabrique « le chemineau » pour une activité de fabrication de dérailleur et de bicyclettes complètes. L’emblème de la marque est une borne kilométrique. Il existait déjà des changements de vitesses par déraillement de chaîne avant Le Chemineau, mais Panel contribue vraiment à le développer hors du milieu restreint des cyclotouristes.

Mais, Joanny voit plus grand. C’est sur le tour de France qu’il veut porter sa marque, et, en 1912, il se lance ! Au départ, ils sont nombreux à se moquer de sa machine. C’est justement sur le vélo que Joanny Panel va faire taire ses détracteurs.

Après un départ laborieux il améliore régulièrement son classement et se rapproche des dix premiers de sa catégorie mais hélas le sort allait en décider autrement. Victime d’une collision avec un autre cycliste son cadre est plié. La réparation de fortune, qu’il réalise alors, n’est pas suffisante et le cadre rend l’âme lors de l’étape Belfort-Chamonix. Joanny Panel réussit à rafistoler sa machine une nouvelle fois, mais il parvient trop tard au contrôle de Chamonix et il est éliminé. Il rencontrera la même mouise en 1913 et 1914. Rapidement l’entreprise souffrira de la concurrence du dérailleur l’As, mis au point par Bouillier et vendu par Brunet et Cie. Comme toutes les sociétés de fabrication de cycles, Le Chemineau souffrira de l’arrivée du vélomoteur. En janvier 1958, Joanny Panel cède sa société. La raison sociale « Le Chemineau » sera utilisée quelques années encore, avant de disparaître. A cet as de la bicyclette, Saint-Etienne devait bien rendre hommage. C’est fait, puisque la rue qui conduit à l’hôtel du golf pour nom : « rue Joanny Panel ».

 

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Auteur de l’article : Gilles Charles

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